L'autre corps : le problème de la corporéité dans la philosophie de Jacques Derrida

par Héctor González Castaño

Thèse de doctorat en Esthétique

Sous la direction de Peter Szendy.


  • Résumé

    Cette thèse analyse la manière dont Derrida considère le problème du corps ; nous prenons pour fil conducteur la déconstruction du concept de « corps propre », ébauchée depuis les premiers textes de Derrida consacrés à la phénoménologie de Husserl. En lisant ce dernier, Hegel ou la psychanalyse, Derrida interroge le problème de l’« idéalisation » pour montrer qu’une forme d’« itérabilité » se trouve à la base du rapport entre le corps et la « vie », d’un côté, et du processus d’« auto-affection » qui constitue l’expérience du « corps propre », de l’autre. Derrida analyse la dimension économique du « propre » à travers les problèmes du signe et de l’écriture, et il démontre l’hétéro-affection inséparable de l’expérience du corps, qu’il considère comme un champ de forces. L’expérience corporelle du « propre » s’avère dérivée par rapport à une technicité « originaire », dont le rapport avec la singularité nous permet de penser « l’autre corps » qui travaille à l’intérieur du corps dit « propre ». Pour mieux développer ces questions, nous comparons les propos de Derrida avec deux grands philosophes du corps : Merleau-Ponty et Jean-Luc Nancy. Indissociable du rapport à l’autre, le corps nous oblige à interroger le problème du monde, dont l’unité, présupposée par la « chair » merleau-pontienne, est mise en cause par la déconstruction. Les réserves de Derrida à l’égard du concept nancyen de « corpus » et l’expérience de l’« intraductibilité » que constitue son livre 'Le toucher, Jean-Luc Nancy', nous conduisent à considérer une certaine pratique de la traduction comme ce qui ouvre la voie vers une pensée« toute autre » du corps.

  • Titre traduit

    The other body : the problem of corporeity in the Philosophy of Jacques Derrida


  • Résumé

    This dissertation analyses the ways in which Derrida considers the problem of the body. It takes as its central theme the deconstruction of the “body proper” (corps propre) concept, whose discussion dates back to Derrida’s first texts on Husserl’s phenomenology. Through Husserl, Hegel and psychoanalysis, Derrida questions the problem of “idealisation”, and in doing so, he shows that a form of “iterability” is both the basis of the relationship between body and “life”, and equally, the basis of the process of “auto-affection”. By considering the economic dimension of the “proper” through the problems of writing and the sign, Derrida takes into account the hetero-affection inseparable from the experience of the body and insists that we think of the body as a space of forces. The bodily experience of the “proper” turns out to be derived from an “originary” technicity. The relationship of technics and singularity allows us to think “the other body” which operates from within the so called body “proper”.In order to better understand these questions, Derrida’s position is compared to two important philosophers of the body, Maurice Merleau-Ponty and Jean-Luc Nancy. The experience of the body implies a relation to the other and the world, whose unity is presupposed by Merleau-Ponty’s “flesh” (chair) and put into question by deconstruction. By clarifying Derrida’s reservations regarding Nancy’s concept of “corpus”, as well as considering the experience of “untranslatability” that constitutes 'On Touching, Jean-Luc Nancy', it is argued that Derrida’s philosophy asserts a certain practice of translation which opens up a space through which the “each time other” of the body can be thought.

  • Titre traduit

    El otro cuerpo : el problema de la corporeidad en la filosofía de Jacques Derrida


  • Résumé

    Esta tesis analiza la forma en que Derrida considera la cuestión del cuerpo, tomando como hilo conductor la deconstrucción del concepto de “cuerpo proprio” (corps propre) esbozada desde los primeros escritos de Derrida sobre Husserl. Con este último, Hegel o el psicoanálisis, Derrida interroga el problema de la “idealización” para mostrar que una forma de “iterabilidad” se encuentra en la base de la relación entre el cuerpo y la “vida”, por un lado, y del proceso de “autoafección” que constituye la experiencia fenomenológica del “cuerpo proprio”, por el otro. Derrida analiza la dimensión económica del concepto de “propio” a través de los problemas del signo y de la escritura, para mostrar que hay una hetero-affección inseparable de la experiencia del cuerpo, que considera como un campo de fuerzas. La experiencia corporal de lo “propio” se descubre derivada con respecto a una tecnicidad “originaria”, cuya relación con la singularidad nos permite pensar “el otro cuerpo” que opera en el interior del llamado cuerpo “proprio”.Para desarrollar mejor estas cuestions, comparamos la posición de Derrida con la de dos grandes filósofos del cuerpo, Merleau-Ponty y Jean-Luc Nancy. Indisociable de la relación con el otro, el cuerpo nos obliga a interrogar el problema del mundo, cuya unidad, que la “carne” de Merleau-Ponty presupone, es puesta en duda por la deconstrucción. Las reservas de Derrida con respecto al concepto de “corpus” propuesto por Nancy y la experiencia de “intraducibilidad” que constituye el libro de Derrida 'Le toucher, Jean-Luc Nancy', nos llevan a considerar cierta práctica de la traducción como aquello que abre la vía a un pensamiento “cada vez otro” del cuerpo.


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