La valeur politique du mos maiorum au Ier siècle avant J.-C.

par Anna Iacoboni

Thèse de doctorat en Études latines

Sous la direction de Carlos Lévy.

Soutenue le 19-12-2017

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) , en partenariat avec Rome et ses renaissances : Art, archéologie, littérature, philosophie (équipe de recherche) .

Le président du jury était Sabine Luciani.

Le jury était composé de Giovanni Giorgini, Ermanno Malaspina, Anne Raffarin-Dupuis.


  • Résumé

    Le mos maiorum est fondé sur la mémoire et a une nature orale. Le droit Quiritaire était essentiellement fondé sur les mores. Ceux-ci règlent les vies des familiae et des gentes patriciennes. Jusqu’à la rédaction des Douze Tables, le droit était oral et la connaissance et l’interprétation du droit étaient les prérogatives des pontifes. La nature orale de la tradition rend possible sa manipulation politique de la part des patriciens et, dans un deuxième temps, de la noblesse patricio-plébéienne. Ensuite, nous éclairons le passage du droit pontifical à la iurisprudentia laïque qui apparaît vers le IIIe siècle. Nous étudions aussi l’évolution des rapports entre l’auctoritas de la classe dirigeante et la revendication d’équité dans le domaine juridique adressée par le peuple. Nous mettons en lumière la crise de la tradition à l’époque tardo-républicaine. L’appel au mos maiorum par Cicéron et Salluste s’inscrit dans le projet de mettre en œuvre un renouvellement politique de la res publica sur un fondement moral. Le mos maiorum est évoqué dans l’espoir de revenir à la res publica des maiores. Toutefois, à cette époque, l’État s’est effondré et les citoyens ne sont pas à la hauteur de leurs ancêtres. Aussi bien Cicéron que Salluste sont conscients que la tradition ne peut pas constituer un modèle à leur époque. En effet, cette dernière a profondément changé au fil du temps. D’ailleurs, l’évocation du mos maiorum, est mise place aussi bien par les optimates que par les populares dans des buts politiques opposés. La tendance à l’individualisme répandue dans la société tardo-républicaine est la cause de l’effondrement de la res publica.

  • Titre traduit

    The political value of mos maiorum in the Ist century B.C.


  • Résumé

    Mos maiorum is based on memory and it has an oral nature. The Quiritary Law was primarily based on mores. They regulated the the way of living both of familiae and patrician gentes. Prior to the writing of Twelve Tables, the law was oral and the knowledge as well as the interpretation of the law were the prerogatives of the pontiffs. The oral nature of the tradition makes it possible for the patricians and, then, for the patrician-plebeian nobility to provoke its political manipulation. Thereafter, we will enlighten the transition from the Pontifical Law to secular iurisprudentia, which appears approximately at the 3rd century BC. We will also clarify the evolution of relations between the auctoritas of the ruling class and the claim for equity in the legal area appealed by the people. We will shed light on the crisis of tradition in the late republican era. The calling to the mos maiorum by Cicero and Sallust is a part of the project to implement a political renewal of the res publica on a moral basis. Mos maiorum is mentioned in the hope of returning to the res publica of maiores. However, at that time, the state collapses and citizens are not equal to their ancestors. Both Cicero and Sallust are aware that tradition can not be a model in their time. Indeed, the latter has changed profoundly over time. Moreover, the evocation of the mos maiorum is put both by the optimates and by the populares for opposite political purposes. A tendency to widespread individualism in the late-republican society is the cause of the collapse of the res publica.


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