Après la Shoah : écritures de la trace dans les œuvres de Jonathan Safran Foer, Daniel Mendelsohn, et Art Spiegelman

par Audrey Bardizbanian

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Marc Amfreville.

Soutenue le 11-12-2017

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Civilisations, cultures, littératures et sociétés (Paris) , en partenariat avec Voix Anglophones (Littérature et Esthétique) (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Antoine Cazé.

Le jury était composé de Geneviève Cohen-Cheminet, Gwenola Le Grand-Le Cor, Paule Lévy.


  • Résumé

    Cette étude propose d’explorer les œuvres de Jonathan Safran Foer, Daniel Mendelsohn, et Art Spiegelman, à travers la notion de trace, principe fondateur de l’esthétique et de l’éthique des écritures de l’après-Shoah. L’expérience lacunaire de ces « générations d’après » implique la présence d’une « postmémoire », dont le caractère « différé » sollicite le travail de l’imagination et informe la démarche créatrice de ces artistes et écrivains de l’après, qui reconstruisent le passé de leurs familles. Ces récits de la hantise sont marqués par une « mémoire trouée », et découlent souvent d’une rupture de la filiation, donc d’une défaillance de la transmission. Engagés dans une quête de savoir, narrateurs et protagonistes interrogent l’événement à partir de traces matérielles, ainsi qu’au travers de retours, réels et imaginaires, sur les lieux de l’origine. Ces récits sont composés de matériaux hétérogènes qui créent des ruptures visuelles, et sont informés par divers dérèglements temporels : désordres, disruptions chronologiques, latence et répétition – tous symptomatiques de l’après-coup du trauma. Ces textes postmémoriels posent enfin la question de l’éthique de la représentation. Performativité de la langue, fictionnalisation de l’Histoire, et enjeux de la transmission sont au cœur de ces œuvres en devenir, et interrogent l’éthique de la responsabilité de leurs auteurs, entre passation et travail de deuil.

  • Titre traduit

    After the Holocaust : writing the trace in the works of Jonathan Safran Foer, Daniel Mendelsohn, and Art Spiegelman


  • Résumé

    This study explores the works of Jonathan Safran Foer, Daniel Mendelsohn, and Art Spiegelman through the notion of trace, the founding principle of the aesthetics and ethics of post-Holocaust writing. The incomplete knowledge of these “post-Holocaust generations” implies the presence of a “postmemory”, the “deferred” nature of which requires the imagination to be put to work and informs the creative approach of these post-Holocaust artists and writers, reconstructing their family’s past. These haunting narratives are marked by a “memory shot through with holes” and are often the result of a break in the bond of filiation, and therefore a hiatus of transmission. Having embarked on a quest for knowledge, narrators and protagonists examine the event through material traces, as well as real or imaginary returns to their places of origin. These narratives are made up of heterogeneous elements which create visual ruptures and are informed by various temporal disruptions: disorders, chronological breaks, latency and repetition – all symptomatic of the deferred action of trauma. Finally, these postmemorial texts raise the issue of the ethics of representation. The performativity of language, the fictionalization of History, and the issue of transmission are at the heart of these works in the making, and ethically question their authors’ responsibility, between transfer and the work of mourning.


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