Le concept de décadence de Baudelaire à Nietzsche

par Andrea Schellino

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation française

Sous la direction de André Guyaux.

Soutenue le 02-12-2017

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF (laboratoire) .

Le président du jury était Henri Scepi.

Le jury était composé de Jacques Le Rider, Jacques Dupont, Luca Pietromarchi, Vivetta Vivarelli.


  • Résumé

    Vouée à la diffusion de la décadence littéraire, la fin du siècle s’est forgée une généalogie tutélaire. Par le biais des essais que Barbey d’Aurevilly, Théophile Gautier et Paul Bourget lui ont consacrés, Baudelaire est devenu le poète de la décadence. Mais alors que cette postérité décadente a suscité plusieurs études, il manquait un travail de synthèse sur le sens que le concept de décadence prend sous la plume de Baudelaire. Accusé de propager la décadence, le poète s’en est défendu, en appliquant cette même catégorie à l’idéologie du progrès, puis à l’« art philosophique ». Malgré cette ambiguïté constitutive, la décadence est aussi pour Baudelaire un objet de fascination : c’est ainsi qu’il l’allégorise à travers le couchant du soleil, source de poésie et image d’une civilisation vieillissante. Cette thèse se propose d’aller aux sources de la pensée de l’histoire de Baudelaire. Nous associons ensuite à l’hétérodoxie philosophique du poète un autre versant de la réflexion sur la décadence au XIXe siècle : imprégné de culture française, conforté par les critiques de son époque, Nietzsche élève Baudelaire au rang d’alter ego littéraire de Wagner, chez qui modernité et décadence s’amalgament. Tour à tour rapprochée du pessimisme et du nihilisme, profondément renouvelée, la décadence, loi fatale ou métaphysique, redécouvre ainsi toutes ses nuances.

  • Titre traduit

    The Concept of Decadence from Baudelaire to Nietzsche


  • Résumé

    The fin de siècle assured its own lasting genealogy by contributing to the diffusion of literary decadence. Through the essays that Barbey d’Aurevilly, Théophile Gautier and Paul Bourget devoted to him, Baudelaire became the poet of decadence. While this legacy of decadence gave rise to several studies, no work has exhaustively addressed the meaning that this concept takes on in Baudelaire’s works. Accused of propagating decadence, the poet attempted to defend himself by applying this aesthetic category to the ideology of progress and to « philosophical art ». Despite his constitutive ambiguity, decadence nonetheless fascinated Baudelaire. The poet allegorized decadence in the image of the sunset, which served both as a source of poetic inspiration and evoked an ageing civilization. This thesis proposes to trace the sources of Baudelaire’s historical thinking. It then attempts to associate another side of the reflection on decadence in the nineteenth century with the philosophical heterodoxy of the poet. Nietzsche, who was impregnated with French culture and supported by many critics of his time, elevated Baudelaire to the rank of a literary alter ego of Wagner, since like the composer, the poet brought together modernity and decadence. Reconciling with both pessimism and nihilism, the concept of decadence emerges as deeply renewed, a fatal or metaphysical law that exposes all of its nuances.


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