Penser le logos et la traduction à partir de Martin Heidegger

par Mădălina Guzun

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Emmanuel Cattin et de Peter Trawny.

Le président du jury était Inga Römer.

Le jury était composé de Bogdan Minca, Alexander Schnell.


  • Résumé

    La présente recherche traite le problème de la langue et de la traduction avec Martin Heidegger à partir de la notion grecque de logos, telle qu’elle apparaît chez Héraclite. Ce que le logos dévoile, c’est que la parole de l’homme est anticipée par une « parole » des choses, dans laquelle consiste leur être. Logos devient ainsi un nom pour le rapport entre l’être et l’homme. Compte tenu du fait que l’homme déploie ce rapport d’une manière inaccomplie, la question qui se pose est celle d’une authenticité possible, à atteindre à travers un saut vers le retrait de l’être, que Heidegger pense en tant qu’Ereignis. Analysant la portée de celui-ci à l’égard de l’histoire de l’être selon la lecture de Reiner Schürmann, on découvre le silence qui se tient en deçà de la manière grecque de concevoir le Logos et qui permet d’aborder la question de la langue sur une nouvelle base. Le but est de montrer que le déploiement de la langue figure un type particulier de rapport, qui s’avère être la manière la plus originaire dont le rapport, comme tel, devrait être conçu : à savoir, comme traduction. Ce dernier mot, loin de reprendre d’emblée les traits qu’on lui prête généralement, acquiert sa signification à partir de la langue, qui se laisse saisir comme traduction du silence en langue parlée par l’homme. Sur la base de cette description, les questions concernant la place de la langue à l’égard des choses et à l’égard de l’homme trouvent leur réponse, de même que des conséquences majeures pour la traduction entre les langues peuvent être tirées. Comme le rapport implique essentiellement une altérité, l’interrogation revient à chaque fois à une perspective éthique menant de la figure de l’être comme altérité originaire à celle d’autrui sous le sceau de la traduction conçue comme hospitalité, faisant la pensée de Heidegger entrer en dialogue avec celle de Jacques Derrida.

  • Titre traduit

    Thinking about logos and translation in Martin Heidegger and beyond


  • Résumé

    The present work treats the problem of language and translation along with Martin Heidegger, grounding itself in the Heraclitean notion of logos. The latter allows us to discover the fact that our speech is anticipated by a more originary one, namely the being of beings. Logos becomes thus a name for the relation between being and man. Yet considering the fact that man holds himself inauthentically in this relation, the most important question is how to attain a possible authenticity, which can only take place as a leap towards the concealment of being itself, and what Heidegger associates with the term Ereignis. By interpreting this notion in its connection with the history of being, following the reading of Reiner Schürmann, we discover the realm of silence which the Greeks and their thinking of logos could not unveil, and which sets a new ground for the problem of language. The aim is to show that the abode, i.e. the unfolding (Wesen) of language figures a special kind of relation ; moreover, it represents the most originary way in which the relation as such should be conceived, namely as translation. Far from possessing the general meaning we usually ascribe to it, the word translation acquires thus its sense from the unfolding of language itself, which is to be thought as a passage from the silence of being to the sonority of human language, indeed as translation of silence into sound, which proves to be a harmonic and tearing relation at the same time. On the basis of this description it becomes possible to reinterpret the “logical” relation between man and being through language and to draw a great number of consequences for the general praxis of translation between languages. Given that the idea of relation essentially implies an otherness, the research is constantly oriented towards an ethical approach of language and translation, bringing at the end Heidegger’s thinking in dialogue with Jacques Derrida on the field of hospitality


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