L’Universel et le national. Une étude des consciences historiques au Canada français de la première moitié du XIXe siècle

par Maxime Raymond-Dufour

Thèse de doctorat en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Jean-Noël Luc et de Ollivier Hubert.

Soutenue le 31-03-2017

à Paris 4 en cotutelle avec l'Université de Montréal , dans le cadre de École doctorale Histoire moderne et contemporaine (Paris) , en partenariat avec Centre d'histoire du XIXe siècle (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Thomas Wien.

Le jury était composé de Jean-Noël Luc, Ollivier Hubert, Éric Anceau, Yves Verneuil, Martin Petitclerc.


  • Résumé

    Cette thèse s’intéresse à l’évolution du rapport à l’histoire et de la conscience historique dans la société canadienne de la première moitié du XIXe siècle et propose une analyse métahistorique de deux principaux corpus de sources : le matériel pédagogique employé dans les collèges classiques, ainsi que les ouvrages historiographiques et politiques marquants pour l’élite canadienne, des réflexions du politicien Denis-Benjamin Viger au Rapport Durham et aux écrits de William Smith, Michel Bibaud et de François-Xavier Garneau. En analysant ces sources à la lumière d’un outillage théorique issu de l’historiographie de la représentation du temps, je propose une relecture de la constitution d’une conscience historique nationale au Canada français. Je démontre que la « nationalisation » de l’histoire est un phénomène graduel qui s’est échelonné sur l’ensemble des trois premiers quarts du XIXe siècle. Si l’histoire nationale a mis du temps à s’imposer, c’est parce que la conscience historique du monde intellectuel canadien au tournant du XIXe siècle était modelée sur les principes philosophiques universalistes de l’humanisme et du christianisme. Loin d’être spécifique aux Canadiens, cette mutation de la représentation de l’histoire s’insère dans un large mouvement occidental qui a été abondamment observé et commenté par l’historiographie. Enchevêtrées dans une histoire commune avec la « disciplinarisation » de l’histoire, la catégorisation des peuples et leur projection dans le temps n’est ni une évidence ni une nécessité, mais plutôt le produit d’une évolution culturelle partagée à travers le monde atlantique.

  • Titre traduit

    The Universal and the National. A Study of French Canada’s historical consciousness in the first half of the Nineteenth-Century


  • Résumé

    In this thesis, I discuss the evolution of time experience and historical consciousness in Canadian society of the first half of the nineteenth century and propose a metahistorical analysis of two main corpora of documents : the educational material used in classical colleges, and a number of significant historiographical and political publications for the Canadian intellectual elite, from Denis-Benjamin Viger’s reflections to the Durham Report and to the writings of William Smith, Michel Bibaud and François-Xavier Garneau.By analyzing these historical documents with the use of conceptual tools inspired by the time representation historiography, I suggest a reinterpretation of the advent of a national historical consciousness in French Canada. I demonstrate that the “nationalization” of the past is a gradual phenomenon that spawned over the first three quarters of the nineteenth century. If national history was not prominent around 1800, it is because Canadian intellectuals interpreted the past with the theological principles of Christianity and the universalist philosophy of intellectual humanism. Unspecific to Canadians, this historical representation evolution was observed and commented upon by a rich occidental historiography. Entangled with the disciplinarization of history as a historical phenomenon, the categorization of the Nation and its projection in the past is neither a certainty, nor a necessity, but rather the product of a cultural evolution shared in the Atlantic World.



Le texte intégral de cette thèse sera accessible sur intranet à partir du 31-03-2018

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