À la recherche d'un temps perdu : la forme en -re dans la littérature juridique hispanique. Étude des hypothèses en si comportant la forme en -re, et de ses alternatives

par Mary Catherine Lavissière

Thèse de doctorat en Études romanes espagnoles

Sous la direction de Hélène Thieulin et de Corinne Mencé-Caster.


  • Résumé

    La forme en -re, dite « futur du subjonctif » (cantare), tombée en désuétude dans la langue standard espagnole, s’observe toujours dans le discours juridique. Dans cette étude, nous faisons l’hypothèse que la forme en -re survit car elle a une utilité pour la communauté des sujets parlants juristes. Adhérant à la linguistique du signifiant, dans la tradition guillaumienne, nous posons que cette utilité découle du signifié de la forme en -re. Notre corpus est composé de plusieurs documents juridiques qui représentent les cinq étapes du système modal définies par Gilles Luquet (1988). Nous choisissons les hypothèses en si car les experts ne s’accordent pas sur les alternatives légitimes de la forme en -re dans les protases de ces hypothèses. Les exemples collectés de ces documents, analysés au regard de la linguistique du signifiant, nous permettent de faire quatre conclusions : 1) l’alternance entre la forme en –se et la forme en -re dans les protases existe depuis le Moyen Âge ; 2) la forme en -re et ses alternatives ont des fonctions pragmatiques : elles contribuent à la cohérence du texte et elles permettent au juriste de faire progresser ourégresser l’argument du texte (fonction déictique) ; 3) la morphologie verbale des apodoses semble fortement liée au sous-genre juridique ; 4) cette étude de la forme en -re et ses alternances dans les hypothèses en si, jette la lumière sur la particularité du morphème si : étant élément du système espagnol d’affirmation, si ramène le perspectif de l’énoncé au présent, permettant au juriste de regarder la situation depuis le non-révolu (forme en -re) ou le révolu (la forme en -se) sans perdre la cohérence de son texte.

  • Titre traduit

    In Search of a Lost Tense : the -re form in Spanish legal literature. A study of si-clauses containing the -re form or its alternatives


  • Résumé

    The -re form, or “future subjunctive” (cantare), is obsolete in Modern Standard Spanish, yet is still observed in legal literature. In this dissertation, we made the hypothesis that the -re form has survived because it is useful for the community of speakers who interact with legal literature. Using the theory of the linguistique du signifiant, we postulated that the different uses of the -re form are linked its signifier. To test ourhypothesis, we composed a corpus of several legal documents. They represent of each of the five epochs of the Spanish mode system defined by Gilles Luquet (1988). We chose to examine the role of this verb form in the protases of si-clauses because experts do not agree on the legitimate alternative verb forms in this syntax. After the observation and analysis of the examples collected, we made four conclusions. Firstly, the alteration between the -se form and the -re form in protases of si-clauses dates from the Middle Ages. Secondly, the -re form and its alternatives have pragmatic uses: they contribute to textual organization and allow the jurist to move backwards and forwards in the construction of his or herarguments (deictic function). Thirdly, the verbal morphology of the apodoses seems strongly linked with the legal subgenre of the documents. Fourth and finally, our study of the -re form and its alternatives sheds light on the specificities of the morpheme si: because it is part of the Spanish affirmation system, the morpheme si always brings the speaker’s perspective back to the present, allowing the jurist to observe the event unfold from a point in the non-past (-re form) or the past (-se form) without disrupting the text’scoherence.


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