Survivance des espaces sonores : conscience auditive et pratiques de l'espace du corps-sonar

par Sandra Volny

Thèse de doctorat en Arts et sciences de l'art. Arts plastiques

Sous la direction de Françoise Parfait.

Soutenue le 04-12-2017

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Arts plastiques, esthétique et sciences de l'art (Paris) , en partenariat avec Institut ACTE (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Éric Bonnet.

Le jury était composé de Françoise Parfait, Nicole Gingras.

Les rapporteurs étaient Pierre Baumann.


  • Résumé

    Dans le chaos de la vie contemporaine, il faut de plus en plus apprendre à écouter ; écouter les gens, la nature, mais aussi les lieux, les espaces, leurs parois. Les murs n’ont pas que des oreilles : ils parlent. Ils parlent d’un récit in-ouïe de l’humanité, d’espaces vibrants et chuchotant. Dans le fracas de nos souvenances, il faut tendre l’oreille pour prendre conscience de notre univers, de nos espaces sonores. Ma pratique artistique a pour centre d’intérêt le son et la perception de l’espace sonore. Je crée des parcours, des méditations, des situations, des enregistrements de terrain, des témoignages et des récits qui sondent la ténuité du silence et la résonance des zones d’écoute. A l’écoute du bruit de fond et de l’écho qui remplissent les lieux, je me déplace pour tenter d’exposer la survivance des espaces sonores. Au cœur d’un monde sonore, plusieurs artistes contemporains engagent des dynamiques de renvoi de l’écoute et du corps. La survivance prend forme dans des traces, des résidus et des fossiles sonores, qui sont autant de témoignages de nos traversées que de paysages résistant a leur propre disparition. Pour entendre ces résidus sonores, pour voir la survivance des espaces sonores, je fais appel à des participants qui découvrent leur conscience auditive et performent le mouvement d’un corps-sonar, un mouvement en résonance entre le corps, l’espace et la collecte d’informations provenant du passé. Le corps‐sonar, qui entre en contact avec l’invisible, touche l’écho des espaces, révélant par le fait même notre imaginaire touché. Cette thèse raconte mon parcours dans l’univers du son, la traversée de ma pratique personnelle, de mes œuvres comme de mes récits. Elle donne également le rôle principal aux œuvres décrites et étudiées sous l’angle de la conscience auditive et de la survivance des espaces sonores. Elle traverse les créations de plusieurs artistes, de John Cage à Brandon Labelle, en passant par Pauline Oliveros et Alvin Lucier. Elle parcourt aussi la pensée de nombre de théoriciens, dont Didier Anzieu, Raymond Murray Schafer, Georges Didi-Huberman et Michel Serres. Écoutons-les, pour voir.

  • Titre traduit

    The surviving aural spaces : auditory awareness and the sonar-body's practices of space


  • Résumé

    In the chaos of contemporary life, it is more and more necessary to learn how to listen: listening to people, to nature, but also to places, to spaces, to their walls (parois). Walls do not only have ears; they speak. They speak of an unheard (in-ouïe) about humanity, about vibrating and whispering spaces. In the clash of our remembering, it is necessary to stretch the ear in order to become conscious of our universe, or our aural spaces. My art practice focuses on sound and aural spatial awareness. I create sound journeys, meditations, situations, field recordings, testimonies and stories that explore the silence’s tenuousness and the resonance of listening areas. While listening to the background noise and the echo that fill in the places, I am moving in an attempt to expose the Surviving Aural Spaces. At the heart of a sonic world, various contemporary artists are engaged in dynamics of referencing (renvoi) to the listening and to the body. The surviving takes form in sound traces, sound residues and sound fossils, that all witness our journeys as well as landscapes resisting to their own disappearance. In order to hearing those sound residues, to seeing the surviving of aural spaces, I am making use of participants whom discover their auditory awareness and perform a sonar-body movement, a movement that resonates between the body, the space and the information collected from the past. The sonar-body contacts the invisible, touches the echo of spaces, thus revealing our touched imaginary. The present thesis relates my journey in the universe of sound, the crossing of my personal practice, of my works as well as my narratives. It also gives the leading role to the works, described and studied from the angle of auditory awareness and the surviving of aural spaces. It goes through the creation of various artists, from John Cage to Brandon Labelle, via Pauline Oliveros and Alvin Lucier. It also browses the thinking of many theorists, including Didier Anzieu, Raymond Murray Schafer, Georges Didi-Huberman and Michel Serres. Let’s listen to them, to see.

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