Consentir à sa soumission : un problème philosophique

par Manon Garcia

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Sandra Laugier.

Soutenue le 03-07-2017

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Philosophie (Paris) , en partenariat avec Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (équipe de recherche) .

Le président du jury était Magali Bessone.

Le jury était composé de Sandra Laugier, Michèle Le Doeuff, Annie Louise Cot, Nancy Bauer.

Les rapporteurs étaient Pierre-Yves Quiviger, Estelle Ferrarese.


  • Résumé

    Cette thèse a pour ambition de résoudre le problème central de la philosophie morale et politique qu'est celui du consentement à la soumission par la construction d'un concept philosophique de soumission et par la résolution du problème dans le cadre de la soumission féminine. Nous montrons 1/ que l'étude de la soumission est nécessaire à une théorie du pouvoir, qu'elle implique de changer de perspective pour adopter le point de vue de ceux sur qui le pouvoir s'exerce et décrire leur expérience, mais qu'elle semble contradictoire avec la liberté naturelle des individus; 2/ que lorsque l'on restreint l'analyse du problème du consentement à la soumission à la façon dont il se pose dans le cadre des rapports homme-femme, il est impossible de tenir ensemble le concept de consentement et celui de soumission. Si l'on adopte une perspective libérale, le consentement de l'agent prévaut et dissout la soumission dans sa spécificité; si, au contraire, l'on insiste sur la dimension structurelle de la soumission féminine, le consentement n'apparaît que comme un manifestation de la fausse conscience des opprimées; 3/ qu'en surmontant la dichotomie entre individu et structure par les apports de la théorie économique et de la philosophie beauvoirienne, le consentement à la soumission n'apparaît plus comme une contradiction mais comme un choix rationnel des femmes qui s'explique par leur situation et l'ambiguïté de leur existence. La soumission est fondée sur un consentement mais qui diffère du consentement juridique du libéralisme et, ainsi, n'est pas contradictoire avec la réalité de l'oppression qui se joue dans ce consentement même.

  • Titre traduit

    Consenting to one's submission : a philosophical problem


  • Résumé

    This dissertation aims at resolving a central problem in moral and political philosophy, the problem of consenting to one' own submission, by building a philosophical concept of submission and resolving of the problem in the specific context of female submission. We argue that 1/ studying submission is crucial for a theory of power, that it implies a change of perspective in order to adopt the stand point of those on whom power is exerted and to describe their experience, but that such a study seems at odds with the natural freedom of individual; 2/ when one narrows the analysis to the problem of consent to submission in the context of male/female relations, it is impossible to hold together the concept of consent and the concept of submission. From a liberal perspective, the agent's consent prevails and dissolves submission in its specificity; conversely, when emphasizing the structural dimension of female submission, consent only appears as a demonstration of the false consciousness of the oppressed; 3/when one overcomes the agency/structure dichotomy through the methods and results of economic theory and Beauvoir's philosophy, consent to submission stops appearing as a contradiction, and is instead revealed as a rational choice of women, explained by their situation and the ambiguity of their existence. Submission is thus founded by a consent -a consent that is not the liberal legal consent and, as such, is not contradictory to the reality of the oppression at stake in this very consent.

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