Consanguinitas : sang et identité à Rome (IIème siècle avant J.-C. - IIème siècle après J.-C.)

par Candice Greggi-Badel (Greggi)

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Michel David.

Le président du jury était Philippe Moreau.

Le jury était composé de Jean-Michel David, Danièle Gourevitch, Francesca Mencacci.

Les rapporteurs étaient Frédéric Hurlet.


  • Résumé

    Qu'est-ce qu'une communauté de sang à Rome ? Pour le comprendre, cette thèse analyse le rôle de la consanguinité dans les représentations romaines à la fin de la République et au début de l'Empire (200 av. J-C-200 apr. J-C.). L'historiographie actuelle est divisée entre les juristes, qui insistent sur l'indifférence des Romains envers la « fatalité » biologique, et les anthropologues, qui mettent en valeur l'importance du sang dans la symbolique de la parenté et de l'ethnicité. Cette thèse aborde d'abord la consanguinité comme un réseau dont elle restitue le fonctionnement cognatique et ouvert, permettant le mélange des sangs par le mariage. Elle s'interroge ensuite sur les enjeux de la transmission s'intéressant plus particulièrement à la place du sang dans le discours médical sur la génération, au débat sur la transmission des vertus familiales par ce fluide et au problème de sa souillure et de sa pureté. Enfin, elle analyse les stratégies du sang dans le domaine familial comme dans le domaine diplomatique, terminant par l'utilisation de la consanguinité comme instrument de légitimation impériale. Au carrefour de l'histoire de la famille, de l'aristocratie, du corps et des mentalités, ce travail désire apporter un nouvel éclairage sur les valeurs de la culture romane.

  • Titre traduit

    Consanguinitas : Blood and identity at Roma (200 B.C. - 200 A.D.)


  • Résumé

    What is a community of blood in Rome? To understand what lies behind this question, this thesis analyzes the role of consanguinity in the Roman representations at the end of the Republic and the beginning of the Empire (200 B.C. J-C-200 A.D. J-C.). Current historiography is divided between legal experts, who insist on the indifference of the Romans towards biological "fate", and anthropologists, who emphasize the importance of blood in the symbolic system of the relationship and the ethnicity. This thesis initially approaches consanguinity as a network which restores cognatic and transparent operation, allowing the mixture of bloods through marriage. It then focuses on the challenges of blood transmission and more specifically on the medical approach on generations, with the debate on the transmission of the family virtues through this fluid and the issue of its filthiness an purity. Lastly, it analyzes the strategies of blood in the family field as in the diplomatic field, ending with the use of consanguinity as an instrument of imperial legitimacy. At the crossroads of the family, aristocracy, body, and mentality, this essay aims to shed a new light on the values of the Roman Culture.

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