Histoire de la greffe végétale au XIXe et XXe siècle. : enjeux scientifiques d'une pratique horticole

par Anne-Elisabeth Le Boulc'h

Thèse de doctorat en Histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de Stéphane Tirard et de Cristiana Oghină-Pavie.

Soutenue le 29-11-2017

à Nantes , dans le cadre de École doctorale Sociétés, temps, territoires (Angers) , en partenariat avec Université Bretagne Loire (COMUE) et de Centre François Viète (laboratoire) .

Le président du jury était Olivier Perru.

Le jury était composé de Marie-Hélène Simard, Laurent Loison.

Les rapporteurs étaient Christophe Bonneuil.


  • Résumé

    Pratiquée depuis l’Antiquité, la greffe végétale acquiert au début du XIXe siècle un nouveau statut avec l’émergence de l’horticulture scientifique. Elle devient le sujet d’un dialogue entre les horticulteurs et les botanistes. Cette étude envisage la greffe sous l’aspect de la richesse croissante des questionnements qu’elle soulève dans le contexte de l’interaction entre la biologie végétale et l’horticulture en France entre 1820 et 1908. Jusque dans les années 1860, les praticiens éclairés s’interrogent sur les conditions de la réussite des greffes, tandis que les études anatomiques et physiologiques permettent une compréhension affinée des processus vitaux concernés et formulent des questions sur la nature de l’individu issu de l’association de deux êtres vivants. À la fin du XIXe siècle, les congrès associant horticulture et botanique sont le lieu de rapprochements entre les praticiens et les théoriciens de la greffe. Celle-ci constitue pour les botanistes français néolamarckiens un exemple de l’influence de l’environnement sur les organismes. Les travaux du botaniste Lucien Daniel révèlent la teneur des enjeux scientifiques de la greffe, notamment par les controverses qu’elle suscite entre les botanistes néolamarckiens et weismanniens autour de la reconnaissance des « hybrides de greffe ». La crise du phylloxéra qui atteint les vignes françaises à partir de 1870 confère à ces débats une nouvelle envergure pratique quand il s’agit de trouver des hybrides porte-greffes. Dans une perspective d’histoire des sciences, la greffe végétale apparaît comme un objet dont la complexité se construit par l’apport mutuel des sciences et des pratiques au cours du XIXe siècle.

  • Titre traduit

    A History of the Plant Grafting in the 19th and Early 20th Centuries : scientifics Issues of a Horticultural Practice


  • Résumé

    Used since ancient times, plant grafting reached a new status in the early 19th C, as it became the subject of a rich dialogue between horticultural practitioners and botanists when scientific horticulture emerged as a new research field. This study focuses on plant grafting considering the increasing richness of the scientific inquiries it brought about the areas of plant biology and horticulture in France between 1820 and 1908. Until around 1860, enlightened practitioners concentrated on the conditions which would ensure grafting success. Yet, anatomical and physiological studies allowed for a more refined understanding of the vital processes of grafting, and questions are phrased regarding the nature of the individual resulting from the association of two different living beings. At the end of the 19th C, practitioners and theorists of grafting confronted their ideas in several conferences associating horticulture and botany. For the Neolamarckian French botanists, plant grafting constitutes a singular example of how the environment can influence plant organisms. The work of botanist Lucien Daniel revealed the scientific contents stake of plant grafting represents, in particular as regards the controversy it generates between Neolamarckian and Weismannian botanists with respect to the recognition of graft hybrids. In 1870 with the phylloxera crisis of grapevines in France, the debates took on renewed significance with a new practical scope: the need to find hybrid rootstock without altering the quality of the wines. In a historical sens, plant grafting emerged as an object whose complexity is built from the mutual contribution of science and usage during the 19th C.


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