Ipséité et transcendance : esthétique et phénoménologie transcendantale dans l’oeuvre de Michel Henry

par Thomas Sabourin

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-François Lavigne.

Le président du jury était Jean Leclercq.

Le jury était composé de Miguel García-Baró, Natalie Depraz.

Les rapporteurs étaient Carole Talon-Hugon.


  • Résumé

    L’œuvre de Michel Henry introduit l’idée d’une phénoménologie non-intentionnelle, fondée sur le concept d’auto-affection comme mode de la phénoménalité plus fondamental que l’intentionalité qui révèle le monde, le visible. La vie est l’être qui se révèle à soi dans l’immanence de l’auto-affection, dans l’invisible. C’est sur ce dualisme onto-phénoménologique que repose l’esthétique que Henry développe dans Voir l’invisible. Il y définit l’art comme accomplissement de la vie, c’est-à-dire comme Rappel pathétique de la vie. L’art est donc conçu, selon le paradoxe qu’énonce le titre de l’ouvrage, comme une manifestation de l’invisible dans le monde visible. L’art, pour Michel Henry ne vaut donc pas en tant qu’il révèle le « phénomène phénoménologique », mais en tant que, ce faisant, il accomplit la vie : il n’est pas contemplation, mais action. Il constitue l’accomplissement pratique d’une éthique de la vie. Cependant, la définition de la vie comme auto-affection, et l’affirmation fondamentale selon laquelle l’art constitue l’accomplissement de celle-ci, expose l’entreprise de Henry à un certain nombre de difficultés : sous-détermination de l’art, impossibilité de rendre compte d’une réalité objective de l’œuvre d’art, exclusion de la littérature hors du champ de l’esthétique. La décision d’édifier une esthétique fidèle à l’affirmation fondamentale de Henry, qui soit aussi un discours capable de rendre compte au plus près des pratiques artistiques dans leur diversité, et leur réalité concrète, conduit ici à interroger les fondements théoriques de l’esthétique henrienne : ses conceptions de la transcendance et de la subjectivité. La réinterprétation de l’impression comme intentionnalité fondamentale, et du sens de l’auto-affection comme plurivoque vise ainsi à préciser la définition de l’art comme Rappel, d’une manière assez concrète pour en édifier une théorie générale, qui permette de le concevoir dans ses déterminations concrètes, et comme moment de la culture.Mots-clés : Michel Henry, Art, Esthétique, Phénoménologie, Intentionnalité, Affectivité, Auto-affection, Subjectivité, Invisible.

  • Titre traduit

    ipseity and transcendance : aesthetic and transcendantal phenomenology in Michel Henrys ' artwork


  • Résumé

    Michel Henry’s work has brought about the idea of a non-intentional phenomenology, based on the analysis of self-affection, as a phenomenological process allegedly more fundamental than intentionality. Whereas the latter reveals the visibility of the world, self-affection reveals, for its part, the invisibility of affective life. The theory of aesthetics that Henry develops in Voir l’invisible is based on this onto-phenomenological dualism. In this book, Henry defines art as the accomplishment of life, as its pathetical « emotional Recall ». Consequently, art is conceived accordingly to the paradoxical statement implied in the title of his book, since “voir l’invisible” means seeing what is invisible. So, to Henry’s opinion, art doesn’t bring forth the ‘phenomenological phenomenon’, but is the practical fulfilment of the ethics of life. Nevertheless, determining life as the invisibility of self-affection, and art as the accomplishment of life, urges him to face a certain number of difficulties : what about the risk of underestimating the complex structure of the work of art ? What about its actual reality ? And how is one supposed to understand, in such an aesthetical context, the possibility and structure of literature ? The purpose of settling a new theoretical basis for aesthetics, grounded on Michel Henry’s fundamental concept of the “Recall”, but at the same time able to solve these problems, and to actually take into account the wide variety of art practices, leads to investigate here the ontological foundations of Henry’s aesthetics : the way he conceives transcendence and subjectivity. Reinterpreting ‘impression’ as the fundamental intentionality, and showing self-affection as equivocal, enables to shape a more accurate and balanced characterization of art, viewed as ‘Recall’, in a much more realistic and concrete way, which brings about the conditions for a general theory of art and its relation to culture.Key words : Michel Henry, Art, Aesthetics, Phenomenology, Intentionality, Affectivity, Self-affection, Subjectivity, Invisible.

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