Le sujet du féminisme peut-il faire l'objet d’une éducation ? Essai sur les théorisations féministes de la relation et de l'institution

par Vanina Mozziconacci

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Claude Gautier.

Soutenue le 22-09-2017

à Lyon , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) , en partenariat avec École normale supérieure de Lyon (établissement opérateur d'inscription) et de Triangle, action, discours, pensée politique et économique (Lyon) (laboratoire) .

Le président du jury était Sandra Laugier.

Le jury était composé de Claude Gautier, Sandra Laugier, Nicole Mosconi, Magali Bessone, Thierry Hoquet, Christine Détrez.

Les rapporteurs étaient Nicole Mosconi, Magali Bessone.


  • Résumé

    Les principaux paradigmes qui se déploient dans l’histoire de la pensée féministe française portent une conceptualisation de l’éducation qui se fait aux dépens de l’un ou l’autre des deux termes que sont l’individuel et le social. Qu’il s’agisse du féminisme libéral « première vague » avec sa grille de lecture individualiste ou du féminisme matérialiste « deuxième vague » avec son constructivisme social radical, chaque modèle semble, à sa façon, succomber à une forme de substantialisme – de l’individuel ou du social, occultant la relation qui existe entre eux – ce qui fait obstacle à une pensée proprement politique de l’éducation. Les pédagogies féministes anglo-saxonnes contemporaines échappent à ces écueils symétriques car elles redéfinissent la forme même de l’éducation d’un point de vue relationnel. À partir d’une définition de la conscience comme relation, elles visent une dialectique entre conscience individuelle et conscience collective. Leur sujet n’est ni l’individu femme avec ses droits, ni le groupe social des femmes hérité de la domination, mais bien un certain rapport à la situation des femmes, rapport qui définit le sujet politique féministe. Or, ce que révèlent les tendances subjectivistes des pédagogies féministes, c’est que la constitution de ce rapport invite à une transformation de la forme éducative qui ne se limite pas à celle de la relation pédagogique, sous peine de se dévoyer dans des pratiques dépolitisantes. La transformation doit en effet viser l’éducation dans ses institutions elles-mêmes. En tant qu’elles participent du découpage de l’espace social qui distingue et hiérarchise travail productif et travail reproductif, ces dernières seraient à reconstruire. C’est ce que permet de penser un projet politique de care à l’échelle des institutions.

  • Titre traduit

    Can the Feminist Subject Be an Object of Education? On Feminist Theories of Relation and Institutions


  • Résumé

    This thesis examines and seeks to resolve some paradoxes in feminist conceptions of education. Dominant paradigms in first- and second-wave French feminism conceptualize education in ways that discount one of its fundamental aspects: either its social or its individual nature. While first-wave liberal feminism tends to promote a form of educational individualism, second-wave materialist feminism only considers education through the lens of socialization. Both paradigms fall prey to substantialism because they reify either the individual or society, and thus forget that the two stand in relation to each other. Contemporary Anglo-Saxon feminist pedagogies avoid these symmetrical pitfalls thanks to a relational conceptualization of education. Starting from a definition of consciousness as relation, these theories conceptualize “consciousness raising” as a dialectics between individual consciousness and collective consciousness. In this perspective, the feminist subject is neither the individual woman as rights-bearer nor the social class of women as produced by domination. Instead, the feminist political subject is defined by a specific relation to the condition of women. Nevertheless, subjectivist tendencies within feminist pedagogies reveal that building this relation requires rethinking educational institutions; otherwise feminist pedagogy can become a depoliticized practice. Because educational institutions contribute to producing the hierarchical division between productive and reproductive labor, they must be radically transformed. Such work can be done through a political project of care at the institutional level.

Accéder en ligne

Par respect de la propriété intellectuelle des ayants droit, certains éléments de cette thèse ont été retirés.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Bibliothèque Diderot . Bibliothèque électronique (Lyon).
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.