Le rôle et les motivations d’une firme leader dans l’essai de transformation de son écosystème d’affaires en écosystème de l’innovation : le cas du site de Marcoule et du démantèlement nucléaire

par Yannick Gomez

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Denis Travaillé.

Soutenue le 15-09-2017

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences économiques et gestion (Lyon) , en partenariat avec Université Jean Moulin (Lyon) (établissement opérateur de soutenance) .

Le président du jury était Isabelle Royer.

Le jury était composé de Isabelle Royer, Gérald Naro, Olivier Meier, Hélène Peton, Laurence Boisset.

Les rapporteurs étaient Gérald Naro, Olivier Meier.


  • Résumé

    L’américain James MOORE a été le premier à évoquer le concept d’écosystème d’affaires dans un article de 1993 et dans un ouvrage paru en 1996. Plusieurs questions théoriques nous paraissent cependant devoir être complétées : - La place et le rôle d’une firme leader au sein d’un écosystème d’affaires - La question du cycle de vie d’un écosystème d’affaires - L’apparition du terme « écosystème de l’innovation » et son positionnement par rapport à ce concept d’écosystème d’affaires. Pour étudier ces différentes questions de recherche, nous avons observé durant une longue durée l’évolution de la plate-forme nucléaire de Marcoule. En 2013, le CEA Marcoule a lancé l’initiative du Pôle de Valorisation des Sites Industriels. L’objectif de la firme leader est donc de transformer son écosystème d’affaires en écosystème de l’innovation.Dans la première partie de l’étude de cas, nous avons étudié les motivations de la firme leader pour transformer son écosystème d’affaires en écosystème de l’innovation.Le démantèlement nucléaire conduit à sept grands paradoxes (humain, contractuel, déchets, sûreté, financier, territorial, technologique). Le cas Marcoule démontre que si les paradoxes sont majeurs, l’entreprise peut ne pas trouver en interne, par ses propres forces, les moyens d’y répondre. Certains paradoxes imposent des innovations d’exploration sur les plans conceptuels, managériaux et technologiques.La deuxième partie de l’étude de cas a été consacrée à l’étude du rôle du CEA Marcoule, leader de l’écosystème d’affaires territorial, pour transformer celui-ci.Dans ce cadre, nous avons pu observer et décrire trois actions concrètes d’enrôlement des acteurs, dans l’objectif de promouvoir une dynamique d’innovation :- La traduction marché de la montée en gamme de l’écosystème - La création d’un objet-frontière autour de la labellisation écosystèmique - L’ouverture de l’innovation Cette phase d’observation des actions d’enrôlement initiées par le leader de l’écosystème s’est déroulée durant la période de 2013 à mi 2017. Nous avons pu observer les débuts prometteurs de l’initiative PVSI et l’enrôlement réussi des acteurs autour des premiers projets lancés. L’observation du terrain de recherche Marcoule à travers le prisme de notre cadre conceptuel, la sociologie de la traduction, permet de mettre en évidence deux résultats importants.En premier lieu, l’étude du cas Marcoule nous permet de compléter l’approche théorique sur le cycle de vie d’un écosystème d’affaires, en particulier sur la notion d’intentionnalité. En effet, les changements de phase, de la naissance à l’expansion, de l’expansion à l’autorité et de l’autorité au déclin, ne résultent pas des actions prévisibles d’acteurs déterminés par la biologie, mais résultent des intentions stratégiques d’acteurs intelligents. Cette approche nous permet de proposer un nouvelle vision du cycle de vie d’un écosystème d’affaires : Naissance  Expansion  Transformation en écosystème de l’innovation  Déclin et MortEn second lieu, l’observation du cas Marcoule et de la firme leader de son écosystème d’affaires territorial permet de compléter les travaux académiques qui existent sur l’articulation des différentes formes d’ambidextrie. Le cas étudié permet ainsi de mettre en évidence l’existence d’une concurrence ambidextrielle pour l’allocation des ressources qui s’appuie sur l’instrumentalisation des paradoxes internes à l’organisation.

  • Titre traduit

    The role and motivations of a leading firm in the transformation of its business ecosystem into an innovation ecosystem : the case of the site of Marcoule and nuclear dismantling


  • Résumé

    The American James MOORE was the first to discuss the concept of business ecosystem in an article from 1993 and in a book published in 1996. Several theoretical questions seemingly need to be completed:- The place and role of a leading firm within a business ecosystem - The question of the life cycle of a business - The emergence of the term "ecosystem of innovation" and its positioning in relation to the concept of business ecosystem.In order to study those different research questions, we have observed for a long time the evolution of the nuclear platform of Marcoule. In 2013, the CEA Marcoule launched the Industrial Sites Valorisation Pole initiative, which aims to promote the upgrading of the ecosystem. The objective of the leading firm is therefore to transform its business ecosystem into an ecosystem of innovation. In the first part of the case study, we studied the motivations of the leading firm for transforming its business ecosystem into an innovation ecosystem.Nuclear dismantling leads to seven major paradoxes (human, contractual, waste, safety, financial, territorial, technological). The case of Marcoule demonstrates that if the paradoxes are major, the company may not find, internally, by its own forces, the means to respond. Some paradoxes impose innovations of exploration on the conceptual, managerial and technological levels. The second part of the case study was devoted to the study of the role of the CEA Marcoule, leader of the territorial business ecosystem in order to transform it. Then we observed and described three concrete enrolment actions of the actors,- The translation on the market of the ecosystem upgrading- The creation of a frontier object around ecosystem labelling- The opening of the innovation This phase of observation of the enrolment actions initiated by the leader of the ecosystem took place during the period from 2013 to mid 2017. We were able to observe the promising start of the PVIS initiative and the successful enrolment of the actors around the first projects that were launched. The observation of the Marcoule research field through the prism of our conceptual framework, the sociology of translation, makes it possible to highlight two important results.First, the study of the Marcoule case allows us to complete the theoretical approach on the life cycle of a business ecosystem, in particular on the notion of intentionality. Phase changes - from birth to expansion, from expansion to authority and from authority to decline - do not result from the foreseeable actions of actors determined by biology, but are the result of the strategic intentions of intelligent actors who continually calculate the gains and losses they can derive from their participation in the business ecosystem.We suggest replacing the traditional life cycle of a business ecosystem proposed by James MOORE (Birth  Expansion  Authority  Renewal  Decline and Death) by the following sequence (Birth  Expansion  Transformation in ecosystem of innovation  Decline and Death).Secondly, the observation of the Marcoule case and the leading firm of its territorial business ecosystem completes the academic work that exists on the articulation of different forms of ambidexterity. The CEA/Marcoule case shows us that all the implemented ambidextrous actions were legitimised by highlighting the problems needing to be solved, linked to the paradoxes of nuclear dismantling. purchasing needs to achieve a competition respecting all the rules of the public procurement.


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