Le colono funkeiro et la gaúcha baladeira : pratiques culturelles des jeunes de l'agriculture familiale et recomposition des territoires ruraux au Sud du Brésil

par Hélène Chauveau

Thèse de doctorat en Geographie, aménagement et urbanisme

Sous la direction de Claire Delfosse et de Valmir Luiz Stropasolas.

Soutenue le 11-12-2017

à Lyon en cotutelle avec l'Universidade federal de Santa Catarina (Brésil) , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Laboratoire d'études rurales (Lyon) (laboratoire) , Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscription) et de Laboratoire d’Études rurales LER-SEREC (laboratoire) .

Le président du jury était Martine Droulers.

Le jury était composé de Yannick Sencébé.

Les rapporteurs étaient Maria-Jose Carneiro, Dominique Crozat.


  • Résumé

    Notre thèse aborde la conjonction entre trois thématiques que les recherches et les acteurs de terrain excluent souvent mutuellement : les jeunes, le milieu rural, les pratiques culturelles et de loisir. Notre problématique est de comprendre comment les pratiques culturelles des jeunes ruraux d'une part, et la recomposition des territoires ruraux au Sud du Brésil d'autre part, s'influencent réciproquement. Les premières sont entendues comme la partie culturelle des pratiques développées par les jeunes durant leur temps libre et la seconde recouvre l'ensemble des éléments permettant d'évoquer une ressignification et une requalification profonde des territoires ruraux. Trois hypothèses sont testées : 1/ les pratiques culturelles sont mobilisées dans les expériences des jeunes ruraux comme une réponse à une crise multifactorielle des milieux ruraux ; 2/ chaque configuration spatiale et profil territorial influe sur les représentations, les moyens et les formes d'action des jeunes ; 3/ les territoires ruraux sud-brésiliens connaissent un processus de recomposition, dans lequel les rôles socio-économiques, culturels, politiques et symboliques des territoires ruraux sont modifiés par les usages de la jeunesse, en particulier par leurs pratiques culturelles.Leur migration vers les villes étant une préoccupation constante des acteurs locaux et des observateurs, les jeunes de 18 à 28 ans, qui sont restés ou allés vivre en milieu rural, sont l'objet principal de ce travail. La façon dont ces jeunes mettent en place et mobilisent leurs pratiques culturelles avec les contraintes imposées par les territoires ruraux sud-brésiliens choisis (manque d'infrastructures culturelles, difficultés pour la mobilité, pressions sociales, conflits de génération, problématique du genre), permet de comprendre comment elles influencent et sont influencées par les recompositions en cours sur ces mêmes territoires. Le Sud du Brésil possède une agriculture familiale forte, ainsi l'image et les fonctions attribuées aux espaces ruraux y ont rapidement évolué au cours des dernières décennies. Dans le même temps, si les pays développés misent sur la culture pour redéfinir leurs capitales et anciens bassins industriels, le rôle de la culture dans les espaces ruraux et agricoles, a fortiori ceux des pays émergents, est négligé. Pourtant, ces derniers se trouvent actuellement devant des choix de société incluant une recomposition des territoires ruraux, que les jeunes rencontrés envisagent comme des espaces de possible.Ce travail de géographie utilise principalement des méthodes de géographie sociale rurale (entretiens, cartographie des données) liées à celles de la sociologie qualitative (récits de vie, observation participante). D'un point de vue du terrain, la démarche comparative permet d'aborder la question de l'influence de certaines caractéristiques du territoire sur notre problématique, avec trois terrains différents, bien que tous situés dans la région Sud du Brésil (Rio Grande do Sul et Santa Catarina). La diversité ainsi que l'unité de problématique qui traverse ces trois territoires permet d'élaborer une typologie reliant les échelles d'appartenances des jeunes et la façon dont ils mobilisent les pratiques culturelles pour les alimenter. Ils ont tous dans leurs parcours de vie été confrontés au départ en ville, mais sont là et s'investissent dans la vie sociale de leurs communautés car elle est la raison de leur choix. Les pratiques culturelles qu'ils développent (théâtre, musique, danse, bals activités traditionnelles, telles que rodéos ou olympiades rurales), leur permettent de s'identifier à une ruralité toujours recomposée, recréée parfois, réinventée souvent. Les actions des mouvements sociaux, des politiques publiques, du secteur privé ou des associations dans ce domaine ont pour objectif de mobiliser les jeunes à des fins diverses. Les jeunes, quant à eux,souhaitent simplement mettre en place des alternatives pour s'approprier leurs lieux ...

  • Titre traduit

    The colono funkeiro and the gaúcha baladeira : cultural practices of family farming’s young people and the recomposition of rural territories in southern Brasil


  • Résumé

    This essay intends to point out the conjunction between three thematic areas that the research studies and the actors on the ground would both exclude : young people, rural area, hobbies and cultural practices. Our issue is to understand how both cultural practices of rural youth and the recomposition of rural territories in southern Brasil affect each other. The first are to be understood as the cultural component of young people practices in their spare time and the second covers all the elements leading to a resignification and a deep requalification of rural territories. Three assumptions are tested : 1/ cultural practices are used in the rural youth’s experiences as an answer to a multifactorial crisis of rural areas ; 2/ each spatial configuration and territorial profile influence the representations, the means and courses of action of the young people ; 3/ rural areas of southern Brasil are facing a process of recomposition in which socio-economic, cultural, political and symbolic parts of rural areas are changed by the customs of the young people, in particular by their cultural practices. Their migration to the cities being a constant concern of local players and observers, this work will focus on the young people from 18 to 28 years old who rather stayed or who went to live somewhere else in a rural area. The way in which these young people are setting up their cultural practices with the constraints imposed by rural areas of southern Brasil of their choice – lack of cultural infrastructure, difficulties in mobility, social pressure, generation conflicts, gender issues - provide a means for understanding how these constraints influence and are influenced by the recompositions in progress in these territories. Southern Brasil has a strong family farming and the image and fonctions attributed to rural areas have been evolving rapidly the last few decades. At the same time, if the developed countries are setting their sights on culture to redefine their capital cities and old industrial areas, the role of culture in rural and farming areas – especially those of emerging countries- is neglected. Yet, the latter are faced with societal choices which include a recomposition of rural areas targeted by the young people interviewed. This geographic work mainly uses social-rural geography methods - semi-structured interviews ; mapping data – linked to sociology methods – life stories, participant observation. From the field point of view, the comparative process brings us the essential question of the influence of some characteristics of the area on our issue. The focus was on three different fields – although all located in the southern region of Brasil being Rio Grande Do Sul and Santa Catarina. The diversity but also the common issue that are facing these three territories enable to create a typology bringing together the affiliation scales of young people and how they use cultural practices to nurture them. At different moments in their lives, they were all confronted with the option of moving to a city but they stayed here and play a part in the social life of their communities so important in their choice to stay. The cultural practices they develop -acting, playing music, dancing, balls, traditional activities such as rodeos or rural Olympiad – lead them to identify themselves to a rurality constantly recomposed, sometimes recreated, often reinvented. The actions of social mouvements, public policies, private sector, or associations in this field have the common goal of engaging the youth for multiple purposes. And as for young people, they simply wish to introduce alternatives to take over their living areas.


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