François-Etienne de Lorraine (1708-1765) : l'éducation et la formation d'un prince lorrain à la cour des Habsbourg au XVIIIè siècle

par Amélie Voisin

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Philippe Martin.

Soutenue le 24-03-2017

à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) , en partenariat avec Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (Lyon) (équipe de recherche) et de Université Lumière (Lyon) (établissement opérateur d'inscriptions) .

Le jury était composé de Bernard Hours, Stefano Simiz.

Les rapporteurs étaient Alain Jacques Lemaître, Patrice Veit.


  • Résumé

    Cette thèse trouve son origine dans l’étude d’une partie méconnue de la biographie d’un prince lorrain au XVIIIème siècle, dont le destin l’amène à la tête de l’une des puissances décisives de l’Europe, le Saint Empire romain germanique. François-Étienne de Lorraine, né en 1708 dans le duché de Lorraine, y passe les premières années de sa vie, principalement au château de Lunéville, avant, en 1723, d’être envoyé par son père à Vienne, en Autriche, pour poursuivre son éducation à la cour de l’empereur Charles VI. Plus qu’une poursuite de son éducation, il s’agit davantage d’une réorientation de cette éducation, animée par des desseins politiques qui dirigent les modalités et les contenus de la formation reçue par François-Étienne. Les travaux biographiques sur ce dernier se sont surtout focalisés sur le prince devenu adulte : son gouvernement de la Toscane, son rôle aux côtés de sa femme, Marie-Thérèse d’Autriche, ou encore, dans une moindre mesure, sa vie en tant qu’empereur du Saint Empire romain germanique, après son élection à la tête de celui-ci en 1745. Mais son enfance et le parcours qui l’ont amené jusqu’à ce point sont particulièrement méconnus.Ainsi, la première partie de la thèse est l’objet d’un retour sur les environnements dans lesquels François-Étienne évolue depuis sa naissance et pendant ses années de formation. L’éducation est en effet le résultat de plusieurs paramètres ; elle emprunte aux théories et aux idées des siècles passés, mais se renouvèle sans cesse par les réflexions philosophiques qui en changent les méthodes et les contenus, notamment au XVIIIème siècle, avec la nouvelle vision de l’éducation des philosophes des Lumières. Les environnements matériels participent aussi à définir l’éducation, tout comme les personnes cotôyées : celles-ci vont soit impulser ou limiter une forme de soif de savoirs, ou peuvent diriger les modalités de l’éducation.L’éducation est multiforme et ne se résume pas seulement à un enrichissement intellectuel. Avant même de s’intéresser à son esprit, c’est sur son corps que se focalisent toutes les attentions familiales. L’aspect physique du prince, sa maitrise de son comportement et de ses gestes sont des préalables à l’introduction dans la société des princes. L’esprit du prince n’est pas pour autant longtemps délaissé ; très tôt, il lui est inculqué des préceptes religieux d’abord, puis des savoirs et des connaissances dont il doit savoir faire usage afin de devenir un bon prince. Mais c’est aussi ses interactions avec le monde extérieur qui doivent être encadrées et guidées selon plusieurs niveaux d’intimité et de relations avec autrui.Afin de dépeindre ces trois niveaux de formation, dans deux mondes différents, les axes d’étude choisis ont principalement été les modalités, les moyens, les buts et les personnes qui encadrent cette éducation. Principalement à partir de deux fonds regroupant les sources issues des archives de Vienne et les sources présentes aux archives départementales de Meurthe-et Moselle, à Nancy, il a ainsi été possible de revenir sur l’enfance et les années de formation de François-Étienne. La bivalence volontaire de son parcours est peu fréquente pour un prince, et pose également la question du devenir de cette éducation à l’âge adulte ; à travers cette étude, il apparaît qu’aucune des deux formes d’éducation reçues ne prend réellement l’avantage sur l’autre, elles se confondent au contraire ou se distinguent selon les domaines.Enfin, c’est aussi la question de la transmission d’un modèle éducatif qui est à l’étude, ou plutôt de la volonté ou non de transmettre les mêmes axes, contenus et modalités à ses propres enfants, ainsi que des conséquences à plus long terme des premières années de l’empereur François-Étienne.

  • Titre traduit

    Francis Stephen of Lorraine (1708-1765) : the education and the formation of a prince of Lorraine at the court of the Habsburg during the 18th century


  • Résumé

    The aim of this thesis is to study the little-known part of a Lorrain prince’s life during the 18th century; destiny brought him to the head of one of the most powerful state in Europe, the Holy Roman Germanic Empire. Francis Stephen of Lorraine was born in 1708 in the duchy of Lorraine where he stayed for the first years of his life, mainly at Luneville castle; then, in 1723, his father sent him to Austria, in Vienna, at the court of the Emperor Charles VI, where his education was to proceed. But more than the next step to his education, a complete shift and reorganisation in methods and contents were operated, shift intended by his father who wanted a political ascension for his son. The biographies about Francis are more focused on his adult’s life, when he reigned in Toscana, when he became Holy Emperor after the 1745 election or his duties as Maria-Theresia’s husband. However, his childhood and education are particularly little-known.Thus, the first part of this thesis deals with his surroundings when he was a child. Education is the result of several factors, among which are the old theories and ideas, although these ideas are constantly renewed; this renewing is due to the philosophical reflection on education which changed the methods and contents, particularly in the 18th century, with the new philosophy of Enlightenment. The material conditions are very important too, as well as the persons involved in his tuition: these persons could act like a new impulse to the development of his eagerness to learn or a break to his progress, or could direct teaching methods.Education can be multiform and cannot be considered a mere intellectual enrichment. Before dealing with his mind, his family’s attention was drawn to his body. The prince’s physical aspect, the mastery of his behaviour and manners are paramount assets at court. Still, the education of his mind wasn’t left apart. Very early, he was taught religious precepts, then the learning he needed to become a good ruler. Moreover, his relationships with other people were controlled and supervised, according to different levels of intimacy and the relation to others.To depict these three levels of education in two different worlds, I have chosen to study the methods, the resources, the goals and the persons that took part in his education. I have exploited sources mostly from two different archives, one in Vienna and the other one at the departmental archives of Meurthe-et-Moselle, in Nancy. With these records, I have studied Francis-Stephen‘s childhood and education. The conscious bivalence of his life is quite unusual for a prince; this raises the issue of the evolution of this education when Francis Stephen became an adult: a priori, he assimilated both ways of training, with no predominance of one over the other.Finally, one can also wonder if Francis Stephen ‘s bicultural education became a model for his children or if he didn’t want to educate his sons and daughters with both influences, and as well what were its consequences on the first years of his reign as an emperor in the long run.

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