Possibilities of Royal Power in the Late Carolingian Age : Charles III "The Simple"

par Horst Lösslein

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Philippe Depreux et de Irmgard Fees.

Le président du jury était Régine Le Jan.

Le jury était composé de Philippe Depreux, Irmgard Fees, Knut Görich, Anne Massoni, Jacques Péricard.

Les rapporteurs étaient Geneviève Bührer-Thierry, Simon MacLean.

  • Titre traduit

    Champ d'action et marges de manoeuvre du pouvoir royal au temps des derniers Carolingiens : L'exemple de Charles III "Le Simple" (893/898 à 923)


  • Résumé

    La thèse est dédiée à analyser les possibilités du pouvoir royal à l’époque des derniers Carolingiens en étudiant le règne de Charles III le Simple (893/898-923) et en le comparant avec ceux de ses prédécesseurs depuis la mort de son grand-père Charles II le Chauve en 877, c’est ce que permet aussi l’identification des développements à moyen terme des structures politiques du monde Franc. Le pouvoir royal se devait de naître des interactions entre le roi et les nobles autour de lui. Selon les interprétations de la recherche récente, ces derniers sont considérés comme des partenaires du premier, qui participent dans le processus de sa prise de décision et qui fonctionnent comme des exécuteurs des décisions prises en consensus, transmettant ainsi le pouvoir royal dans les différentes parties du royaume. La question des marges de manœuvre du pouvoir royal est donc une question des relations entre le roi et les nobles qui l’entourent. En conséquence, l’étude de ces relations constitue l’axe central de cette étude. Les réseaux des nobles en contact avec les rois sont identifiés et l’influence des nobles individuels ainsi que des groupes est déterminée en analysant les diplômes royaux et en les mettant dans le contexte des sources narratives. Pendant les règnes de Louis II le Bègue (877-897) et ses fils Louis III (879-882) et Carloman II (882-884), jusqu'à celui de Charles III le Gros (884-888), l’existence d’un et plus tard de deux groupes qui dominaient la politique royale est révélée. Cette image change sous le dernier, qui promouvait certains nobles qui entretenaient des liens avec ces anciens groupes. Le manque de cohérence de cette nouvelle élite devient évident après la mort de Charles le Gros, quand des groupes rivaux soutinrent différents candidats pour le trône vacant. Cette fragmentation de l’élite du royaume continua pendant le règne d’Eudes (888-898) jusqu’aux premières années de Charles le Simple. Ce n’est qu’après la mort de certaines figures clés que l’intégration des nobles qui s’opposaient au nouvel ordre dans le cercle autour du nouveau roi devint possible. Pendant les prochaines décennies du règne de Charles, ce cercle fut modifié encore plusieurs fois, par l’addition d’un grand nombre de nobles après l’acquisition de la Lotharingie ainsi que par l’ascendance d’un nouveau groupe favorisé par Charles vers les dernières années 910s. Cette analyse constitue la base pour une évaluation des activités des rois concernant leurs pairs et les Vikings. Une collaboration étroite entre les rois est mise en lumière pour avoir d’une part stabilisé les relations entre ces rois et leurs nobles, et d’autre part, pour avoir limité aussi au même moment les marges de manœuvres des rois concernant leurs propres intérêts dans les royaumes voisins. Concernant les mesures prises contre les Vikings, des stratégies purement militaires pour sécuriser le royaume s’avèrent avoir été inefficaces. Ce n'était seulement que par des accords diplomatiques avec les Vikings, négociés et mis en œuvre avec le soutien des grands, que des succès sur le long terme pouvaient être obtenus. Quand pour la majeure partie de son règne Charles le Simple profitait du soutien des nobles, sa fin arriva quand même par leur rébellion en 922. Cette contradiction est résolue par l’introduction du concept sociologique de la confiance. Son importance dans les relations entre les rois et les nobles est déterminée par l’analyse de différentes situations de conflits. Il semble que la détérioration des liens entre Charles et les grands autour de lui était causée par la perception de certaines actions royales comme des violations des normes par les nobles ainsi que sa mauvaise grâce à employer une langue appropriée pour répondre à cette crise de confiance.


  • Résumé

    The thesis aims to determine the possibilities of royal power in the late Carolingian age, analysing the reign of Charles III the Simple (893/898-923). His predecessors’ reigns up to the death of his grandfather Charles II the Bald (843-877) serve as basis for comparison, thus also allowing to identify mid-term developments in the political structures shaping the Frankish world toward the turn from the 9th to the 10th century. Royal power is understood to have derived from the interaction of the ruler with the nobles around him. Following the reading of modern scholarship, the latter are considered as partners of the former, participating in the royal decision-making process and at the same time acting as executors of these decisions, thus transmitting the royal power into the various parts of the realm. Hence, the question for the royal room for manoeuvre is a question of the relations between the ruler and the nobles around him. Accordingly, the analysis of these relations forms the core part of the study. Based on the royal diplomas, interpreted in the context of the narrative evidence, the noble networks in contact with the rulers are revealed and their influence examined. Thus, over the course of the reigns of Louis II the Stammerer (877-879) and his sons Louis III (879-882) and Carloman II (879-884) up until the rule of Charles III the Fat (884-888), the existence of first one, then two groups of nobles significantly influencing royal politics become visible. This image changes only under the latter, when individual nobles originating in the immediate vicinity of the older groups were promoted. The missing inner coherence of this new elite is revealed after the death of Charles the Fat, when rivalling parties formed, which supported different candidates for the vacant throne. This fragmentation of the leading nobility continued throughout Odo’s reign (888-898) until the first years of Charles the Simple’s rule. Only then, after the death of political key figures, the full integration of those nobles opposing the new king into the circle around him became possible. Over the course of the next decades this circle underwent a number of further modifications, most of all by the integration of numerous nobles after the addition of Lotharingia to Charles’ rule as well as the ascent of a new group of nobles promoted by the king in the late 910s. These analyses constitute the basis for an evaluation of the rulers’ activities in regard to their peers as well as the Vikings. A close cooperation between the rulers is revealed to have had a stabilizing effect on the relations between the rulers and the nobles. At the same time, however, these alliances also limited their room for manoeuvre when it came to pursuing their interests against their partners. Concerning the politics pursued against the Vikings, purely military measures to secure the realm remained rather ineffective. Longer lasting success could only be obtained by diplomatic agreements with the Northmen, negotiated and implemented with the support of the leading nobles of the realm. While for the most part of his reign Charles enjoyed the support of the leading nobles, his rule, nevertheless, remains under the shadow of their rebellion against him in 922. Outlining the importance of trust by analysing different conflict situations, this contrast is resolved by arguing that the deterioration of the relations between Charles and the nobles was caused by repeated actions of the king, which were perceived as violations of the existing norms and a failure to adjust his symbolic language to respond to this crisis.

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