Les auditoria dans le monde romain : Archéologie des salles ou édifices de la paideia, des recitationes et declamationes, du Ier siècle avant notre ère au VIIe siècle de notre ère

par Michèle Villetard

Thèse de doctorat en Archéologie romaine

Sous la direction de William Van Andringa.

Le président du jury était Catherine Saliou.

Le jury était composé de William Van Andringa, Grégoire Poccardi, Catherine Saliou, Jorge García Sánchez.

Les rapporteurs étaient Jorge García Sánchez.


  • Résumé

    L’étude archéologique des auditoria dans le monde romain en tant que salles de cours, de lectures publiques, de démonstrations rhétoriques pouvait sembler impossible. En effet les sources littéraires indiquent que ces activités se pratiquaient, semble-t-il, dans des lieux indifférenciés, portique, salle du conseil local, temple, thermes, théâtre, cubiculum etc. Les sources épigraphiques sont très pauvres et ne peuvent être corrélées à des vestiges archéologiques précis. En outre, à supposer que de tels lieux aient existé, comment pourraient-ils être identifiables ? Y a-t-il une structure spécifique à une salle de cours comme il y a en a pour des latrines, un théâtre, une basilique civile ? La découverte au XXe siècle de plus d’une vingtaine de salles au centre de l’Alexandrie antique ainsi que celle, plus récente, des « Auditoria d’Hadrien » à Rome incite à rouvrir le dossier archéologique ; en outre certaines salles ou édifices avaient été par le passé caractérisés comme ayant une fonction d’enseignement ou de divertissement intellectuel. Mais aucune synthèse n’avait été proposée jusqu’à maintenant. Le catalogue ici constitué étudie 127 salles édifices ou espaces, dont 84 relèvent de sources archéologiques. Il en ressort un tableau d’une grande diversité tant du point de vue de la dimension des salles ou édifices et donc de leur capacité, que du point de vue de la structure (plans en hémicycle ou quadrangulaire, salles dans un complexe ou édifices indépendants, salles ou édifices à gradins droit, courbes, sans gradin…) ; les données sur l’élévation sont pauvres en général tout comme celles sur la décoration, sauf exception. Cette grande diversité, ainsi que les difficultés mentionnées initialement, conduisent à interroger explicitement les critères d’identification des salles ou édifices comme lieu de la paideia ou des monstrations rhétoriques. Celle-ci ne repose pas sur l’identification d’une structure, comme on peut le fait pour un théâtre, une basilique, des latrines etc… En fait, il n’y a aucune critère permettant l’identification : la décoration n’est pas spécifique et même si l’itération est un trait souvent présent il n’est ni nécessaire ni suffisant. Aussi, l’identification repose, non sur des critères, mais sur une méthode, qui combine plusieurs approches : certes la prise en compte de la structure, de l’itération mais aussi la considération de la syntaxe architecturale, l’insertion dans la topographie urbaine ainsi que l’étude du contexte culturel, sans oublier la polyfonctionnalité de l’architecture romaine. Les identifications auxquelles on parvient ainsi n’ont pas un caractère de certitude absolue ; elles relèvent de tous les degrés de la croyance et sont donc soumises à discussion et révision.

  • Titre traduit

    Auditoria in the Roman world


  • Résumé

    The archaeological study of the auditoria in the Roman world, as class-room, spaces for recitationes or declamations could seem impossible. From literary sources, these activities was performed in no specific spaces, as portico, bouleuterion, templum, theater, cubiculum and so on…Epigraphical sources are scarce and can’t be linked to well-defined archaeological finds. Furthermore, even such spaces have been real, it seems impossible to identify them: a class-room has not a proper structure. In the XXth century, 20 class-rooms were unearthed in the center of antic Alexandria and more recently, “the Hadrian auditoria” were discovered in the center of Rome; in the past, some spaces or building have been characterized as auditoria but a synthesis has never been tried till now. In the catalogue, 127 rooms or buildings, 84 from archaeological sources, are studied. These rooms or buildings are very various; they have different plans; the elevation is often unknown; the decoration is not specific; the capacity is variable. From this diversity and the difficulties listed up, the problem of the identification of the paideia spaces rises. In fact there is no criterion for the identification: neither the structure, nor the decoration or the ‘iteration’ are specific features. The identification is possible through a method and not from criterion. The method combines different points of view: the study of the structure and iteration of course, but also the architectural syntax, the urban topography, the cultural context and the ‘polyfunctionality’ of the Roman architecture. So the degrees of the belief concerning the suggested identifications are various; so they can be discussed and reappreciated.


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