Techniques d'analyse de contenu appliquées à l'imagerie spatiale

par Matthieu Le Goff

Thèse de doctorat en Intelligence Artificielle

Sous la direction de Jean-Yves Tourneret et de Herwig Wendt.

Le président du jury était Philippe Bolon.

Le jury était composé de Florence Tupin, Grégoire Mercier, Jordi Inglada, Mathias Ortner, Marc Spigai.

Les rapporteurs étaient Florence Tupin, Grégoire Mercier.


  • Résumé

    Depuis les années 1970, la télédétection a permis d’améliorer l’analyse de la surface de la Terre grâce aux images satellites produites sous format numérique. En comparaison avec les images aéroportées, les images satellites apportent plus d’information car elles ont une couverture spatiale plus importante et une période de revisite courte. L’essor de la télédétection a été accompagné de l’émergence des technologies de traitement qui ont permis aux utilisateurs de la communauté d’analyser les images satellites avec l’aide de chaînes de traitement de plus en plus automatiques. Depuis les années 1970, les différentes missions d’observation de la Terre ont permis d’accumuler une quantité d’information importante dans le temps. Ceci est dû notamment à l’amélioration du temps de revisite des satellites pour une même région, au raffinement de la résolution spatiale et à l’augmentation de la fauchée (couverture spatiale d’une acquisition). La télédétection, autrefois cantonnée à l’étude d’une seule image, s’est progressivement tournée et se tourne de plus en plus vers l’analyse de longues séries d’images multispectrales acquises à différentes dates. Le flux annuel d’images satellite est supposé atteindre plusieurs Péta octets prochainement. La disponibilité d’une si grande quantité de données représente un atout pour développer de chaines de traitement avancées. Les techniques d’apprentissage automatique beaucoup utilisées en télédétection se sont beaucoup améliorées. Les performances de robustesse des approches classiques d’apprentissage automatique étaient souvent limitées par la quantité de données disponibles. Des nouvelles techniques ont été développées pour utiliser efficacement ce nouveau flux important de données. Cependant, la quantité de données et la complexité des algorithmes mis en place nécessitent une grande puissance de calcul pour ces nouvelles chaînes de traitement. En parallèle, la puissance de calcul accessible pour le traitement d’images s’est aussi accrue. Les GPUs («Graphic Processing Unit ») sont de plus en plus utilisés et l’utilisation de cloud public ou privé est de plus en plus répandue. Désormais, pour le traitement d’images, toute la puissance nécessaire pour les chaînes de traitements automatiques est disponible à coût raisonnable. La conception des nouvelles chaînes de traitement doit prendre en compte ce nouveau facteur. En télédétection, l’augmentation du volume de données à exploiter est devenue une problématique due à la contrainte de la puissance de calcul nécessaire pour l’analyse. Les algorithmes de télédétection traditionnels ont été conçus pour des données pouvant être stockées en mémoire interne tout au long des traitements. Cette condition est de moins en moins respectée avec la quantité d’images et leur résolution. Les algorithmes de télédétection traditionnels nécessitent d’être revus et adaptés pour le traitement de données à grande échelle. Ce besoin n’est pas propre à la télédétection et se retrouve dans d’autres secteurs comme le web, la médecine, la reconnaissance vocale,… qui ont déjà résolu une partie de ces problèmes. Une partie des techniques et technologies développées par les autres domaines doivent encore être adaptées pour être appliquée aux images satellites. Cette thèse se focalise sur les algorithmes de télédétection pour le traitement de volumes de données massifs. En particulier, un premier algorithme existant d’apprentissage automatique est étudié et adapté pour une implantation distribuée. L’objectif de l’implantation est le passage à l’échelle c’est-à-dire que l’algorithme puisse traiter une grande quantité de données moyennant une puissance de calcul adapté. Enfin, la deuxième méthodologie proposée est basée sur des algorithmes récents d’apprentissage automatique les réseaux de neurones convolutionnels et propose une méthodologie pour les appliquer à nos cas d’utilisation sur des images satellites.

  • Titre traduit

    Machine learning applied to remote sensing images


  • Résumé

    Since the 1970s, remote sensing has been a great tool to study the Earth in particular thanks to satellite images produced in digital format. Compared to airborne images, satellite images provide more information with a greater spatial coverage and a short revisit period. The rise of remote sensing was followed by the development of processing technologies enabling users to analyze satellite images with the help of automatic processing chains. Since the 1970s, the various Earth observation missions have gathered an important amount of information over time. This is caused in particular by the frequent revisiting time for the same region, the improvement of spatial resolution and the increase of the swath (spatial coverage of an acquisition). Remote sensing, which was once confined to the study of a single image, has gradually turned into the analysis of long time series of multispectral images acquired at different dates. The annual flow of satellite images is expected to reach several Petabytes in the near future. The availability of such a large amount of data is an asset to develop advanced processing chains. The machine learning techniques used in remote sensing have greatly improved. The robustness of traditional machine learning approaches was often limited by the amount of available data. New techniques have been developed to effectively use this new and important data flow. However, the amount of data and the complexity of the algorithms embedded in the new processing pipelines require a high computing power. In parallel, the computing power available for image processing has also increased. Graphic Processing Units (GPUs) are increasingly being used and the use of public or private clouds is becoming more widespread. Now, all the power required for image processing is available at a reasonable cost. The design of the new processing lines must take this new factor into account. In remote sensing, the volume of data currently available for exploitation has become a problem due to the constraint of the computing power required for the analysis. Traditional remote sensing algorithms have often been designed for data that can be stored in internal memory throughout processing. This condition is violated with the quantity of images and their resolution taken into account. Traditional remote sensing algorithms need to be reviewed and adapted for large-scale data processing. This need is not specific to remote sensing and is found in other sectors such as the web, medicine, speech recognition ... which have already solved some of these problems. Some of the techniques and technologies developed by the other domains still need to be adapted to be applied to satellite images. This thesis focuses on remote sensing algorithms for processing massive data volumes. In particular, a first algorithm of machine learning is studied and adapted for a distributed implementation. The aim of the implementation is the scalability, i.e. the algorithm can process a large quantity of data with a suitable computing power. Finally, the second proposed methodology is based on recent algorithms of learning convolutional neural networks and proposes a methodology to apply them to our cases of use on satellite images.


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