Réguler et conduire : de la critique de la prison à la pénalité néolibérale

par Victor Fontaine

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Frédéric Gros.

Le président du jury était Judith Revel.

Le jury était composé de Frédéric Gros, Fabienne Brion, Bernard E. Harcourt, Olivier Razac.

Les rapporteurs étaient Judith Revel, Fabienne Brion.


  • Résumé

    Cette recherche traite des mutations contemporaines de la peine à partir de l'hypothèse foucaldienne de l'avènement de la gouvernementalité néolibérale. Le néolibéralisme semble reposer sur le déclin des techniques disciplinaires de pouvoir, telles que décrites en particulier par Foucault (Surveiller et punir). Il fait rupture avec l'autorité monopolistique, avec le pouvoir direct sur les corps, avec la fixation institutionnelle des individus. Or le pouvoir disciplinaire entretenait chez Foucault un lien privilégié avec l'institution carcérale : la prison, c'est l'archétype disciplinaire. Si bien que la mise en question de ce modèle disciplinaire général du pouvoir par l'avènement de la gouvernementalité néolibérale implique une réinterrogation du système pénal, qui s'est présentée par l'entremise d'un problème-prison. Si la prison pose problème aujourd'hui, si le système pénal se réforme autour de la critique de la prison, c'est parce que la prison est devenue un archaïsme visible, une forme désuète de l'art de gouverner les comportements humains, et ce malgré la permanence et l'accélération de l'enfermement. La prison constitue ainsi un problème stratégique de cette transition des formes de gouvernement : le néolibéralisme s'éclaire dans son exercice contre les murs, et hors des murs du carcéral ; il éclaire en retour le mouvement contemporain de contestation critique et de transformation effective des fonctions pénales générales : la régulation pénale et les peines ouvertes dites de réinsertion. De sorte qu'un dispositif de pouvoir contemporain distinct puisse être appréhendé.

  • Titre traduit

    Regulate and conduct : from the critique of prison to neoliberal punishment


  • Résumé

    This research deals with the contemporary mutations of punishment, from the perspective of the Foucauldian hypothesis of an emerging neoliberal governmentality. Neoliberalism seems to be resting upon the decline of disciplinary power techniques, such as described in particular by Michel Foucault in Discipline and Punish. Neoliberalism breaks with monopolistic authority, direct power on bodies, and the institutional detention of individuals. Yet, disciplinary power had, according to Foucault, a privileged link with the prison institution: the prison is the archetype of discipline. It is so to the extent that the calling into question of the disciplinary model of power by the emergence of neoliberal governmentality implies a deeper questioning of the penal system, through the constitution of the prison as a problem. If the prison institution has become problematic, if the penal system is reforming itself through the critique of prison, it is because it has become an obvious archaism, an obsolete art of governing human behaviors, in spite of the permanency and even the increase of the number of incarcerations. The prison thus constitutes a strategic object for the study of the transition between forms of government: neoliberalism can be analyzed through its specific activity both against prison walls and beyond them. It enlightens contemporary phenomena, from internal penal critiques to factual transformations of the general functions of punishment: penal regulation and post-custodial, open and outdoor punishments aiming at rehabilitation (reinsertion). Through the study of these penal mutations, a contemporary, specific apparatus of power can be comprehended.


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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2017 par Sciences Po [diffusion/distribution] à Paris

Réguler et conduire : de la critique de la prison à la pénalité néolibérale


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Informations

  • Sous le titre : Réguler et conduire : de la critique de la prison à la pénalité néolibérale
  • Détails : 1 vol. (409 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 393-409
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