Ecritures secrètes, écritures magiques : imaginaire de la cryptographie dans la matière de Bretagne des XIIème et XIIIème siècles

par Laurence Doucet Picano

Thèse de doctorat en Lettres et arts spécialité recherches sur l'imaginaire

Sous la direction de Philippe Walter.

Le président du jury était Christine Ferlampin-Acher.

Le jury était composé de Claude Lecouteux.

Les rapporteurs étaient Corin Braga.


  • Résumé

    Le projet de recherche se propose d’explorer le rapport particulier entre « l’écrire » et la magie en se plaçant au plus près de la matérialité de l’écriture : avec quoi et sur quoi écrit-on ? Les romans antiques et les aventures du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, des XIIème et XIIIème siècles, œuvres qui constituent notre corpus*, font état de parchemins, de « lettres », de tissus ou vêtements, de peaux d’animaux ou humaine, de supports végétaux, de pierres tombales, d’armes sur lesquels on écrit, parfois avec deux ou trois couleurs, avec différents « instruments » : plumes d’oiseau (avec des encres), stylets pointus par exemple. De manière atypique, des substrats éphémères comme la farine, la cendre, la neige apparaissent ; le sang des hommes (ou des animaux), souvent, y laisse des traces, des signes. Les messages ainsi écrits ne sont pas toujours fondés sur l’alphabet (par exemple dans le Lai du Chèvrefeuille). Le support et la forme de ces écritures ont un sens particulier et confèrent une valeur magique aux messages laissés, par les personnages, hommes ou femmes, magiciens ou initiés. L’imaginaire de l’écrire est différent de celui de l’écriture: il repose sur le support, sa matérialité et sera la piste à privilégier dans notre enquête. Nous nous poserons donc la question de l’intentionnalité des signes dans ces messages, en fonction du choix du support, quel qu’il soit. Les œuvres de notre corpus ont été écrites dans une période qui connaît l’immense développement, en langue vernaculaire, de la littérature médiévale ; elle a un lien très fort avec l’oralité et le folklore. Notre enquête accordera une importance particulière aux traditions populaires, au folklore, aux croyances magiques ; les contes, les légendes, les textes hagiographiques ainsi que des textes à valeurs non littéraires seront considérés pour comprendre la part de l’imaginaire dans l’acte d’écrire, en prenant en compte, le cas échéant, des récits d’autres aires culturelles, extra-européennes et en réfléchissant sur la dimension anthropologique de l’acte d’écrire. De même, les noms (des personnes, des lieux) ainsi que les dates seront considérés avec attention. Le concept d’«écriture magique » sera défini et cerné : qu’envisageons-nous dans cette magie qui peut être liée aux supports, aux signes, à la langue utilisée pour rédiger le message, et à la personne qui écrit ? Il s’agira donc de donner un sens au mot « magie » en se fondant sur l’étymologie, sa relation au sacré, à la religion, à la sorcellerie. Nous nous appuierons dans cette recherche sur ce qui est connu des supports cités dans le corpus, en nous fondant sur le relevé des occurrences des termes décrivant l’acte d’écrire, et leur étymologie. Cette magie a une incidence sur l’imaginaire qui n’est pas un simple état de fait. Les œuvres de notre corpus gardent des traces de mythes anciens sur l’apparition de l’écriture (sans la confondre avec le dessin ou la peinture), de ses pouvoirs, de sa relation à la magie et au sacré. Ces mythes évoluent, coexistent avec la vision chrétienne mais ne meurent pas. Ils seront ainsi parties prenantes de notre recherche pour questionner les différents imaginaires de la cryptographie. * Corpus : - Les romans antiques o Le roman d’Eneas o Le roman de Thèbes o Le roman de Troie o Le roman d’Alexandre - La matière arthurienne o Chrétien de Troyes (Bibliothèque de la Pléiade) o Les poèmes tristaniens français, Le lai du Chèvrefeuille (et des références possibles à d’autres lais de Marie de France) o Continuations de Perceval o Le livre du Graal (Bibliothèque de la Pléiade) ; Le Livre du Graal I : Joseph d'Arimathie ; Merlin ; Les premiers faits du roi Arthur, ; Le Livre du Graal. II, Lancelot : de "La Marche de Gaule" à "La première partie de la quête de Lancelot", ; Le Livre du Graal. III Lancelot : la seconde partie de la quête de Lancelot. La Quête du saint Graal. La Mort du roi Arthur

  • Titre traduit

    Secret writing, magic writing : Imaginary of the cryptography in matter of Britain of the 12th and 13th century


  • Résumé

    The research project suggests exploring the particular relationship between " to write " and the magic by taking place as closely as possible to the materiality of the writing: with what and on what do we write? The antique novels and the adventures of king Arthur and Knights of the Round Table, XIIth and XIIIth centuries, works which constitute our corpus, state parchments, "letters", tissues or clothes, of skins of animals or human, plant supports, gravestones, weapons on which we write, sometimes with two or three colors, with various "instruments": feathers of bird (with ink), sharp stylets for example. In a atypical way, substrata short-lived as the flour, the ash, the snow appear; the blood of people (or animals), often, leaves with it signs. Messages written are not still established on the alphabet (for example in the Lay of the Honeysuckle). The support(medium) and the shape of these writings have a particular sense and confer a magic value on the left messages, by the characters, the menor the women, the magicians or the initiated people. The imagination of this kind of cryptography is different from that of the writing: it bases on the support, its materiality and will be the track to favor in our survey(investigation). We shall thus ask ourselves the question of the intentionality of the signs in these messages, according to the choice of the support(medium), whatever it is. The works of our corpus were written for a period which knows the immense development, in vernacular language, the medieval literature; it has a very strong link with the oral character and the folklore. Our survey(investigation) will grant(tune) a particular importance for the popular traditions, for the folklore, for the magic faiths; the tales, the legends, the hagiographic texts as well as the texts with not literary values will be considered to include the part of the imagination in the act to write, by taking into account, where necessary, narratives of the other cultural, extra-European areas and by thinking about the anthropological dimension of the act to write. Also, names (people, places) as well as dates will be considered with attention. The concept of " magic writing " will be defined and encircled: what do we envisage in this magic which can be bound(connected) to supports(media), to signs, to language(tongue) used to draft the message, and to the person who writes? Il will thus involve of giving a sense(direction) to the word "magic" by basing(establishing) itself on the etymology, its relation in the sacred, in the religion, in the witchcraft. We shall lean in this search(research) on what is known supports(media) quoted in the corpus, by basing(establishing) us on the statement of the cases(occurrences) of the terms describing the act to write, and their etymology. This magic has an incidence on the imagination which is not a simple established fact. The works of our corpus keep(guard) tracks of former(old) myths on the appearance of the writing (without her(it) confusing(merging) with the drawing or the paint(painting)), of its powers, his(her,its) relation for the magic and for the sacred. These myths evolve, coexist with the Christian vision but do not die. They will so be stakeholders of our search(research) to question the various imagination of cryptography


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