Les incertitudes dans la gestion de conflits touaregues au Mali. Reflexion generale sur le theme.

par Cheick Mahy Coulibaly

Thèse de doctorat en Anthropologie

Sous la direction de André Bourgeot.


  • Résumé

    L’espace Sahélo-sahélien, allant de l’Atlantique au Nil, et du Maghreb au Soudan couvrant une superficie de 8 .000.000 km2, que se partagent l’ Egypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan, est devenu aujourd’hui l’un des théâtres de conflits les plus inquiétants sur le Continent par la multiplicité des facteurs d’insécurité. (Terrorisme, prise d’otages, trafic de drogues, Rébellions), dont celle des Touaregs au Niger et au Mali.Cinq de ces Etats abritent les Touaregs depuis les années d’indépendance. Il s’agit du Niger, du Mali, du Burkina Faso, de l’Algérie et de la Lybie.Le Mali étant une continuité de cet espace géographique est confronté depuis 1963 à une rébellion cyclique dont l’origine remonte aux Touaregs, qui habitent le nord du pays, plus précisément les régions de Gao, Tombouctou et Kidal.Les causes de ces rébellions sont multiples et diffèrent selon les acteurs : les facteurs géopolitiques de la Région, l’identitaire, la marginalisation ou le non développement du Nord, qui légitimerait leurs revendications sur un espace dénommé « Azawad ».Aussi, le Projet de l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), s’il n’a pas été un facteur direct dans la détérioration des rapports Nord/Sud, a été tout de même le point de départ des revendications irrédentistes dans le cadre des rébellions touarègues au Niger et au Mali.Malheureusement, l’Etat malien en monnayant la paix à travers notamment les accords qu’il a signés avec les rebelles, s’est présenté comme étant un Etat failli, incapable d’affirmer sa souveraineté sur le terrain. A cet égard, l’élément d’échec le plus important dans le cadre de la gestion des conflits, est qu’on a essayé à travers cette gestion de substituer des solutions qui n’étaient pas les vraies causes de la rébellion.Le désengagement de l’armée de la partie septentrionale du pays, a engendré un autre facteur d’insécurité transnationale et frontalière, notamment le trafic de drogue, d’armes à feu, la sanctuarisation de courants religieux dans tous les Etats Saharo-sahéliens, dont l’essor est alimenté par la prise d’otages moyennant le paiement de rançon.Le Printemps arabe qui était censé donner un souffle aux aspirations des peuples tendant à un changement vers la démocratie a, semble-t-il, été pour l’instant un fiasco. En réalité, son objectif s’est révélé être finalement une stratégie visant au contrôle de l’Occident des ressources naturelles plutôt que d’offrir aux populations, une liberté à laquelle elles aspirent tant.Ce sont donc les effets collatéraux de l’intervention de l’OTAN en Libye au nom de la protection des populations civiles qui ont aggravé la situation sécuritaire au Mali, notamment avec le retour des néo-indépendantistes en 2012 au Mali venus de la Lybie. Et pour la première fois dans l’histoire des rébellions de ce pays, on a assisté cette fois-ci à des alliances nouées entre les indépendantistes et les Djihadistes.Attendue dans la gestion du conflit malien, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) n’a pas été impartiale lorsqu’elle exigeait la formation d’un gouvernement d’union nationale comme solution de sortie de la crise institutionnelle.Quant à l’opération Serval, si elle est légalisée par la demande d’intervention émanant de Dioncounda Traoré et légitimée par l’adoption le 20 décembre 2012, de la résolution 2085 du Conseil de sécurité, il n’en demeure pas moins que des doutes planent encore quant aux motivations réelles de cette opération. Ainsi, le statut que la France avait octroyé au Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) à Kidal, était le fait générateur d’un contexte d’insécurité généralisée dans la région, car il a servi de moyen d’infiltration de groupes armés de tout genre que personne ne contrôlait.

  • Titre traduit

    Uncertainties in the management of Tuareg conflicts in Mali. General reflection on the theme


  • Résumé

    The Sahelo-Saharan space, stretching from the Atlantic to the Nile, and from the Maghreb to Sudan covering an area of 8 ,000,000 km2, shared by Egypt, Libya, Tunisia, Algeria, Morocco, Mauritania, Mali, Niger, Chad and Sudan, has now become one of the most serious battlegrounds on the Continent by the variety of risk/security factors. (Terrorism, hostage-taking, drug trafficking, Rebellions), including the one regarding Tuaregs in Niger and Mali.Five of these States harbour Tuaregs since independence. These are Niger, Mali, Burkina Faso, de l’Algeria and Libya.Mali being a continuity of this geographical area experienced a serious cyclic insurgency since 1963, which dates back to Tuaregs, residents of the North of the country, especially Gao, Timbuktu and Kidal regions.Rebellions are issues of multiple and different cause depending on the protagonists: Geopolitics of the Region, identity, exclusion or "no development" in North part that would legitimize their claim on an area so-called "Azawad".In this way, the OCRS Project, if was not deemed a direct factor for the North-South relationships, has become the basis of irredentist claims within the framework of Tuareg rebellions in Niger and Mali.Unfortunately, the Malian Government by cashing out peace throughout, notably agreements signed with rebels is presented as a failed State and cannot assert its sovereignty on the ground. In this respect, the most significant failure within conflicts management is that it has been tried through this management to find alternative solutions, which were not the real explanation of the rebellion.The desengagement of the army from the northern part of the country, has triggered another transnational and cross-border insecurity cause, including drugs and weapons trafficking, enshrinement of islamic movements in all Sahel-Saharan States, whose rise is fed by hostage-taking secured by ranson payment.Moreover, the arab spring which was supposed to inject an impetus to peoples' aspirations leading to a change towards democracy, appeared to be a fiasco. Realistically, its objective is increasingly proving to be a monopoly and control of Wertern on natural resources, rather than give populations a freedom they have been really looking forward.These are collateral effects of NATO’s intervention in Libya on behalf of civilians' protection, which further compounded the security situation in Mali, especially with the return of pro-independentists in 2012 in Mali, from Libya. And, for the first time in the history of rebellions in this country, we witnessed alliances established between separatists and Jihadists.Expected in Mali conflict management, ECOWAS could not reconcile the demand by the people of Mali to break with past practices, such as the prevalence of corruption and pervasive sense of impunity that prevailed since the establishment of Malian democracy, and protect the ousted regime when it required the formation of a national unity government as a solution for ending this institutional crisis.Regarding the French Serval Operation, if it intervened within a legal framework, because authorized following the adoption on 20 December 2012 of the Security Council Resolution 2085 and which has been followed by other resolutions, nevertheless there had serious doubts hanging over real intentions of this operation. Thus, the status that France had granted to MNLA in Kidal was the operative event of a general insecurity context in the region, because served as an infiltration form of armed groups under no one's control


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