L'infortune des sciences sociales : sociologie d'une illégitimation scientifique récurrente

par Yann Renisio

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Eric Brian et de Yves Gingras.

Le président du jury était Muriel Darmon.

Le jury était composé de François Héran, Laurent Jeanpierre, Pierre-Michel Menger.


  • Résumé

    À la croisée des sociologies des sciences, de l’éducation et du travail, cette thèse présente, à partir d’une analyse de l’ensemble des disciplines de l’enseignement supérieur, une série de processus qui contribuent à la perpétuelle remise en cause de la légitimité scientifique des sciences sociales dans la recherche française contemporaine. Cette analyse en trois temps, historique, statistique puis par enquête par questionnaire et entretiens met en évidence un phénomène de désavantages cumulatifs de ces domaines. Institutionnalisées dans les facultés de lettres et de droit dans une période d’ascension forte de la légitimité de celle des sciences, les sciences sociales occupent une position inconfortable d’altérité et d’infériorité scientifiques, que l’enseignement secondaire contemporain contribue à entretenir. Situées à l’intersection des pratiques des sciences humaines, biologiques et mathématiques, ces disciplines se voient fréquemment accusées de ne pas répondre au modèle des sciences physiques. Scindées en deux facultés, les profils scolaires et sociaux de leurs étudiants et de carrières de leurs chercheurs sont plus hétérogènes que dans les sciences non sociales, ce qui affaiblit leur cohérence. Intériorisant leur position dominée, ces disciplines naturalisent la faiblesse des moyens qui leurs sont accordés en les justifiant par des besoins temporels spécifiques et une imprévisibilité indépassable.

  • Titre traduit

    The misfortune of social science : a sociology of scientific illegitimacy


  • Résumé

    Combining the sociology of science, of education and of professions, this thesis analyses the field of academic disciplines to present a series of social process contributing to the constant questionings regarding the scientificity of the social sciences in contemporary France. This three steps analysis (historical, statistical, and through surveys and interviews) unveils a phenomenon of cumulative disadvantages for these disciplines. Institutionalized in the Facultés of law and literature in a period of important rise to power of the scientific one, social sciences have been considered as “other” and “inferior” in terms of scientificity from the beginning, a situation that is strongly maintained today through the implicit hierarchies of fields taught in high school. At the crossroad of humanities, biological and mathematical sciences, the scientific practices of the social sciences are frequently evaluated and denigrated through the criteria of the physical sciences. Divided into two facultés, students and faculties in those fields have more heterogeneous social and educational backgrounds then those in other sciences, contributing to a social image of dissensus. Interiorizing their subordinated position, social scientists tend to justify the small share of resources that they receive through the valorization of specific temporal needs and unpredictability of their research.


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