Construire l’État par les politiques foncières : La négociation des transactions foncières en Tanzanie

par Sina Schlimmer

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Dominique Darbon.

Soutenue le 03-11-2017

à Bordeaux , dans le cadre de École doctorale Sociétés, politique, santé publique (Bordeaux) , en partenariat avec Les Afriques dans le monde (Pessac, Gironde) (équipe de recherche) , Institut d'études politiques de Bordeaux (Pessac, Gironde) et de Les Afriques dans le monde / LAM (laboratoire) .


  • Résumé

    Les transactions foncières avec des entreprises étrangères, plus communément qualifiées d’« accaparement des terres », sont considérées comme un enjeu de développement central dans de nombreux pays du continent africain. Ce problème rythme, depuis la fin des années 2000, les débats médiatiques et politiques et donne lieu à une production scientifique prolifique. Cette thèse se veut une contribution aux résultats pluridisciplinaires existants en construisant les transactions foncières, c’est-à-dire les processus d’échange de ressources, de sens et de pouvoir, comme un objet de recherche heuristique en science politique qui permet d’engager une discussion théorique stimulante sur les liens entre l’Etat, le pouvoir et le territoire. Alors que la littérature tend à négliger les expressions plurielles de l’Etat dans la marchandisation des terres, cette recherche démontre, à travers le cas tanzanien, que l’analyse des transactions foncières et de la formation de l’Etat sont indissociables. L’étude des politiques de promotion de l’investissement en Tanzanie, discutée à travers les résultats de trois cas de transaction foncière, prouve que les enjeux de la mise en marché des terres ne peuvent être lus qu’au regard de la construction historique de l’Etat. D’une part, les politiques de transactions foncières ne cessent d’être régulées, négociées et (re)orientées par les acteurs étatiques. D’autre part, ces politiques publiques participent à la (trans)formation continue de l’Etat tanzanien. L’enjeu de cette thèse est ainsi de renouveler les recherches sur le foncier, sur la construction de l’Etat et sur l’analyse de l’action publique.

  • Titre traduit

    Building the State through Land Policies : The Negotiation of Land Deals in Tanzania


  • Résumé

    Recent land deals with foreign companies, often referred to as “land grabs”, are considered to be a central development issue in many African countries. Since the late 2000s, the mediagenic question of “land grabbing” has stimulated political debates and has led to a prolific and pluridisciplinary literature. This thesis aims to contribute to the existing research by approaching land deals as a heuristic research object in political science. More precisely, we argue that land investment projects challenge the relationship between state, power and territory. Much of the literature on “land grabbing” tends to overlook the multiple expressions of the state in the different processes of land commodification. However, by using Tanzania as a case study, we demonstrate that land deals and state-building processes are mutually dependent. Our empirical analysis of the Tanzanian land investment policies and of three specific transactions with foreign companies, proves that the commodification of land rights is strictly linked to historical state formation. On the one hand, policies of land deals are constantly regulated, negotiated and (re)oriented by state actors. On the other hand, public policies shape the continuous formation of the Tanzanian state. Thus, the aim of this thesis is to renew the research on land, state-building and public policy analysis.



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