La fabrique savante de l'Europe : une archéologie du discours de l'Europe communautaire (1870-1973)

par Hugo Canihac

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Yves Déloye.

Le président du jury était Olivier Costa.

Le jury était composé de Olivier Costa, Florence Delmotte, Antoine Vauchez, Serge Audier, Pascale Laborier.

Les rapporteurs étaient Florence Delmotte, Antoine Vauchez.


  • Résumé

    Cette thèse prend pour objet la construction d’un discours politique et social nouveau - celuide l’Europe communautaire. Ce processus est appréhendé comme le résultat du travail demultiples collectifs d’acteurs politiques et savants. Ces collectifs ont contribué à l’invention duvocabulaire communautaire, d’une part, et à la normalisation de certains savoirs etinterprétations des Communautés, d’autre part. Il s’agit alors de mettre en lumière lesconditions historiques de ce travail collectif dans deux Etats fondateurs de la constructioneuropéenne – la France et l’Allemagne. L’enjeu est d’explorer tout à la fois les conditions depossibilité de l’innovation politique et les conditions de légitimation d’un objet politiquenouveau.En mobilisant des sources historiques variées, ce travail retrace les carrières dans les débatscommunautaires de deux des définitions largement utilisées pour définir l’Europecommunautaire jusqu’à aujourd’hui - la « supranationalité » et « l’économie sociale demarché ». L’étude croisée de leurs usages permet d’examiner les controverses politicoacadémiquesdans lesquelles l’Europe communautaire a été définie comme type institutionneldistinct (de l’Etat-nation) et comme mode de gouvernement spécifique (du marché). A reboursde l’hypothèse d’une « révolution communautaire », la thèse invite à réinscrire l’inventioncommunautaire dans le temps plus long de la construction des Etats nationaux et de leurssavoirs. A l’opposé d’une lecture génétique de la construction communautaire commedéploiement d’un sens défini depuis les années 1950, elle donne à voir la diversité desinterprétations et des savoirs qui ont été produits et se sont affrontés dans les premières, etidentifie les conditions de leurs succès différenciés.

  • Titre traduit

    The scientific making of Europe : an Archeology of the European Communities discourse (1870-1973)


  • Résumé

    This dissertation aims to understand the construction of a new type of political and socialdiscourse: that of the European Economic Community (EEC). This process is taken, on theone hand, to be the invention on the part of political actors and scholars of a vocabulary andconceptual apparatus which made the EEC thinkable. On the other hand, the process isunderstood as the constitution of specialized disciplines which, by more or less successfullyasserting their legitimacy to produce discourse on the EEC as an object, have contributed torendering certain interpretations obligatory. The dissertation highlights the historical conditionsin which actors have contributed to the emergence, circulation and stabilization of suchknowledge in two founding member states of the EEC - France and Germany – up to the firstenlargement of the EEC in 1973. Beyond the specific case of European integration, thechallenge is to explore the conditions both for political innovation and for the legitimization ofa new political object.Making use of several types of historical source, the thesis retraces the careers of two of thedefinitions widely used to define the EEC up to the present - "supranationality" and the "socialmarket economy". Examination of the uses of these terms makes it possible to identify andinvestigate politico-academic controversies in which the EEC has been defined as a distinctinstitutional type (of the nation-state) and as specific mode of government (of the market).In contrast to the hypothesis of a "revolution" in the EEC, the thesis calls for the reinsertion ofthe invention of the EEC into the longer history of construction of national states andgovernment sciences. Contrary to a genetic interpretation of European integration as a definiteproject from the 1950s, it reveals the diversity of interpretations and knowledges which wereproduced and which competed with one another in the early years of the EEC, and identifiesthe conditions for their unequal success. Finally, the dissertation leads us to qualify thehypothesis of the formation of "common sense" about the EEC, emphasizing the national anddisciplinary differences which persist in their interpretations.


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