Identités féminines et mutations sociales dans les ɶuvres de Zoyâ Pirzâd et Annie Ernaux

par Elaheh Salehi Rizi

Thèse de doctorat en Littérature générale et comparée

Sous la direction de Odile Gannier.

Le jury était composé de Patrick Quillier, Nadia Setti.

Les rapporteurs étaient Mounira Chatti, Mojgan Mahdavi Zadeh.


  • Résumé

    Nombreuses sont les écrivaines en Iran et en France qui portent un regard critique sur leur société et profitent de leur statut d’auteure pour exiger l’égalité des droits pour toutes les femmes. Zoyâ Pirzâd et Annie Ernaux ont pour but de présenter les réalités sociales d’une époque, chacune à sa manière et avec un style adapté à des sociétés aussi différentes que la France et l’Iran. En jouant le rôle de témoins du passé et du présent, ces deux écrivaines abordent la réalité quotidienne de la femme dans sa vie intime, de la naissance à l’âge adulte, ainsi que son statut familial et sa vie sociale, et les menaces qui guettent la femme dans la société. À travers leurs œuvres respectives, les deux auteures présentent une émancipation féminine qui ne s’est pas réalisée au même moment ni de la même façon dans ces deux pays ; dans ces deux sociétés, la publication de livres par les femmes a été une entreprise difficile et conflictuelle, surtout par le passé : malgré certains acquis, les femmes iraniennes sont néanmoins encore loin de jouir des mêmes droits que les hommes – la maternité ayant longtemps été vue comme le seul rôle de la femme. Les écrivaines parlent en général des sujets acceptables dans la société où l’œuvre est produite, mais pour des questions controversées comme la sexualité féminine, elles sont obligées de transgresser les normes sociales qui pèsent sur la littérature, au risque des critiques les plus violentes. Certaines théoriciennes, comme Hélène Cixous et Béatrice Didier, affirment la spécificité de l’écriture féminine. Cette distinction de genre peut en effet montrer l’influence d’une tradition machiste ou une culture sexiste sur la littérature. Pourtant, quoique les œuvres d’Annie Ernaux et de Zoyâ Pirzâd ne semblent pas relever exclusivement de l’écriture féminine, cette distinction genrée peut valoriser les écrits des femmes qui ont toujours été marginalisées et minorées.

  • Titre traduit

    Female identities and social changes in Zoya Pirzad and Annie Ernaux’s works


  • Résumé

    Many are the female writers, both in Iran and France, who look at society with a critical eye, and capitalize on their status as female authors to demand equality of rights for all women. Zoyâ Pirzâd and Annie Ernaux aim at presenting the social realities of an era, both in a way and in a style that are adapted to societies as different as Iranian and French ones. As witnesses of the past and the present, these two female writers tackle the issues of daily life reality for women, their intimacy, from birth to adult age, as well as their family status and social lives, along with all the threats that surround them in society. Through their respective works, the two authors present a process of feminine emancipation that has not taken place at the same time or in the same way in the two countries; both in France and in Iran, the publication of books by female writers has been a difficult and contentious enterprise, especially in the past. Despite some victories, women in Iran are far from enjoying the same rights as men, since maternity has been, for a long time, considered as the one and only role women can play in society. The two authors deal with subjects that are deemed acceptable in the society in which they write. However, from the moment they choose to handle more controversial issues, like female sexuality, they have to transgress the social norms established in literature, risking harsh criticism doing so. Such female writing theoreticians as Hélène Cixous and Béatrice Didier affirm the idea of the specificity of female writing. This difference in gender can in fact show the influence of a male chauvinist tradition or sexist culture on literature. Yet, for as much as Annie Ernaux’ and Zoyâ Pirzâd’s works do not apparently partake of the school of female writing, this difference in genres may help promoting the writings of those women who have always been marginalized and “minored”.

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