Se mobiliser contre la violence et le VIH : dynamiques subjectives de l'engagement associatif des femmes à la Guadeloupe et à Saint-Martin

par Barbara Thiandoum

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Justin Daniel et de Sylvain Ferez.


  • Résumé

    La fréquentation d’une association de lutte contre le VIH/SIDA et/ou contre les violences (et lesdiscriminations) n’est pas seulement une pratique, elle est aussi un rapport social, c’est-à-direqu’elle se déploie dans un espace caractérisé par des rapports de pouvoir et de domination. EnGuadeloupe, une étude exploratoire sur les processus de structuration du milieu associatif de luttecontre le VIH/SIDA a fait émerger une organisation autour de trois positions associatives defemmes – celles d’ « usagère », de « petite main » et d’ « entrepreneuse ». Au-delà de cettedifférence de position, les récits autobiographiques des femmes concernées sont largementstructurés autour de l’expérience de situations de violence (ou de discrimination). Nous faisonsl’hypothèse que ces positions associatives s’étayent, entre autres, sur les spécificités des rapports àl’expérience de la violence et des discriminations des femmes concernées. Aussi, la thèse proposéecherche à mettre en relation la position occupée par ces femmes dans des associations de luttecontre le VIH/SIDA et/ou les violences et les modes de subjectivation adoptés par celles-ci dans uncontexte postcolonial marqué par la problématique socio-raciale. Ce qui est à l’étude, c’est doncfinalement la manière dont ces femmes s’expriment et ra-content des situations vécues de violence(ou de discrimination) selon leur position associative et les ressources et modèles interprétatifs,discursifs et affectifs dont elles disposent. Le problème est résolument posé dans le cadre destravaux sur les rapports de domination se fondant sur une approche intersectionnelle. Sacompréhension s’appuie, dans le prolongement d’un terrain ethnographique, d’une part sur desdonnées recueillies lors d’entretiens individuels de type récit de vie et de pratique (n=15) et d’autrepart sur dix-sept focus-groups qui ont mobilisé trente femmes fréquentant des associations de luttecontre le VIH/SIDA et/ou les violences à la Guadeloupe et à Saint-Martin. Il apparaît que lespositions associatives observées sont déterminées par une combinaison spécifique de ressources etde dispositions à l’engagement de soi, et correspondent à des modes de subjectivation spécifiquesdans cet espace.

  • Titre traduit

    Mobilizing against violence and HIV : the subjective dynamics of women’s associative involvement in Guadeloupe and Saint-Martin.


  • Résumé

    Being involved in an associative movement against HIV/AIDS and/or violence (and discrimination)is not only a practice, it is a social relationship, because it takes place in a context which ischaracterized by power and domination relationships. In Guadeloupe, an exploratory study on thestructuring processes of associations against HIV/AIDS led to the discovery of an organizationbased on three associative positions of women – the « consumer », the « worker » and the« entrepreneur ». Beyond their different positions, the autobiographical narratives of these womenare mainly structured around experienced violence (or discrimination). Our hypothesis is that theseassociative positions are based, among other things, on the specificities of these women’sexperience of violence and discrimination. Thus, the proposed thesis seeks to relate the positionoccupied by these women in associations fighting HIV/AIDS and/or the violence to the modes ofsubjectification they have adopted in a postcolonial context marked by socioracial issues. The studyfocuses on how these women express themselves and narrate their experiences of violence (ordiscrimination) according to their associative position and the interpretative, discursive andemotional resources and models that were available to them. The issues are raised in the context of research on dominance based on an intersectional approach. Their resolution is set in theethnographic field, based on data collected during personal interviews such as life and practice (n =15) narratives and on seventeen Focus groups of thirty women involved in associative movementsagainst HIV/AIDS and/or violence in Guadeloupe and Saint Martin. It seems that the observedassociative positions are determined by a specific combination of resources and a tendency to getinvolved, which correspond to specific modes of subjectification in this spatial context.


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