Des ligateurs de cause : étude contrastive entre le français parlé à Paris et l’arabe parlé à Tripoli (Libye). Proprietés syntaxiques et fonctionnements pragmatico-discursifs

par Najah Benmoftah

Thèse de doctorat en Sciences du langage

Sous la direction de Florence Lefeuvre.

Soutenue le 15-04-2016

à Sorbonne Paris Cité , dans le cadre de École doctorale Langage et langues (Paris) , en partenariat avec Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris) (établissement de préparation) et de CLESTHIA (Paris) (laboratoire) .


  • Résumé

    Cette thèse en linguistique contrastive décrit et met en opposition les propriétés syntaxiques ainsi que les fonctionnements pragmatico-discursifs de parce que en français parlé dans le septième arrondissement de Paris et de certains de ses équivalents en arabe parlé à Tripoli (Libye) : liʔǝnna, ʕlēxāṭǝṛ, māhu et biḥkum.Pour ce qui concerne l’arabe parlé à Tripoli, ces ligateurs peuvent appartenir à deux classes grammaticales différentes : ils peuvent être des ligateurs conjonctionnels et/ou des ligateurs prépositionnels. Cela dépend de leur degré de grammaticalisation. Alors que liʔanna et māhu sont des ligateurs conjonctionnels qui introduisent des propositions subordonnées organisées autour de prédicats verbaux ou non-verbaux, ʕlēxāṭǝṛ et biḥkum peuvent s’employer comme ligateurs prépositionnels et introduire des compléments circonstanciels, ou grammaticalisés comme ligateurs conjonctionnels et introduire des propositions causales.De plus, ces ligateurs peuvent occuper une position canonique lorsque le ligateur suit une proposition principale et introduit une causale, ou une position non-canonique pour laquelle il existe deux cas de figure : soit l’énoncé commence par la causale qui est introduite par un ligateur de cause et la causale est suivie par la proposition principale, soit l’énoncé commence par la proposition principale qui est suivie par la causale qui n’est pas introduite par un ligateur de cause ; ce dernier se trouve en fin de causale et clôture l’énoncé. D’un point de vue pragmatique, la modification de l’ordre des constituants, lorsque les ligateurs et les causales ne sont pas en position canonique, permet de focaliser la causale.Contrairement à l’arabe de Tripoli, l’examen du Corpus du Français Parlé Parisien des années 2000 (CFPP2000) montre que parce que est un ligateur conjonctionnel et introduit des propositions causales qui s’organisent autour de prédicats verbaux, très rarement averbaux.De plus, parce que peut occuper une position canonique lorsque le ligateur suit une proposition principale et introduit une causale et non canonique lorsque parce que suit le présentatif c’est et introduit une causale. Mais il ne peut pas être postposé. Il n’accepte pas non plus de suffixe.En outre, parce que peut être repris mais sous la forme réduite « que », lorsqu’il introduit plusieurs propositions causales. On remarque alors une série de « que ».Parce que ne peut pas non plus relier deux énoncés coordonnés par la préposition et. D’un point de vue pragmatique lorsque l'énoncé commence par c'est parce que, cette structure permet de focaliser la causale.

  • Titre traduit

    Ligators of cause : contrastive study between the spoken Arabic of Tripoli and the spoken French of Paris. Syntactic properties and pragmatic-discursive function


  • Résumé

    This contrastive linguistic thesis describes and contrasts the syntactic properties and the pragmatic-discursive function of parce que in spoken French in the seventh district of Paris and some of its Arab equivalents in spoken Arabic of Tripoli (Libya): liʔǝnna, ʕlēxāṭǝṛ, māhu and biḥkum.Regarding the spoken Arabic of Tripoli, these ligators may belong to two different grammatical classes: they may be conjunctional ligators and / or prepositional ligators. It depends on their degree of grammaticalization. While liʔanna and māhu are conjunctional ligators that introduce causal clauses organized around verbal or non-verbal predicates, ʕlēxāṭǝṛ and biḥkum can be used as prepositional ligators and introduce circumstantial complements or be grammaticalized as conjunctional ligators and introduce causal clause.In addition, these ligators can occupy a canonical position when the ligator follows a main clause and introduces a causal clause or a non-canonical position for which there are two cases : either the utterance begins with the causal which is introduced by the ligator of cause and is followed by the main clause, or the utterance begins with the main clause which is followed by the causal not introduced by a ligator of cause; the latter is found at the end of the causal and closing the utterance. From a pragmatic point of view, changing the order of the constituents when ligators and causal clauses are not in canonical position allows the focalization of the causal clause.Unlike the spoken Arabic of Tripoli, the examination of the “Corpus Français Parlé Parsien des années 2000 (CFPP2000)” shows that parce que is conjunctional ligator. It introduces a causal clause organized around verbal predicate, rarely non-verbal.Parce que can occupy a canonical position when the ligator follows a main clause and introduces a causal clause and a non-canonical position when parce que follows c’est and introduces a causal clause. However, it cannot be postponed and it does not accept either suffix.When parce que introduces several causal clauses, it may be found but in reduced form que, giving a series of que.In addition, parce que cannot connect two utterances coordinated by the preposition et. From a pragmatic point of view, when the utterance begins with c’est parce que this structure allows to focalisation of the causal clause.


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