Bien-être psychologique au travail et performance des équipes : une équipe heureuse est-elle performante ?

par Florent Bonnel

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Jacques Py.

Le président du jury était Ginette Herman.

Le jury était composé de Jacques Py, Daniel Gilibert, Kathleen Bentein, Estelle Michinov, Jean-Claude Merlane.

Les rapporteurs étaient Ginette Herman, Daniel Gilibert.


  • Résumé

    En psychologie, le concept de bien-être, composante positive de la santé (Keyes, 2003), possède un long historique de recherche, le positionnant au croisement de plusieurs enjeux : distinction entre les conceptions hédoniste (Diener, 1999) et eudémonique (Ryff, 2014), existence d’une spécificité du bien-être psychologique au travail (Dagenais-Desmarais, 2012), évaluation par questionnaire des dimensions individuelle et collective (Heutte, 2010), étude du lien avec la performance d’équipe (Rousseau, Aubé, & Savoie, 2006), intégration dans les approches multi-niveaux de prévention de la santé au travail (Martin, 2015). Nous postulons qu’un questionnaire interrogeant simultanément l’individu sur son propre bien-être et celui de son équipe apporte à la fois une appréciation juste de ces deux niveaux, tout en intégrant une mesure pronostique de l’efficacité du groupe au travail. Cette proposition de méthode prend la forme d’un questionnaire à double entrée, s’appuyant sur la méthode du « changement de réfèrent » (Chan 1998).L’objectif étant d’éclairer le passage de la mesure du bien-être psychologique au travail du niveau individuel au niveau du groupe, notre démarche de recherche (sous convention CIFRE) participe aux pratiques d’accompagnement et de prévention des problématiques de santé au travail par une focalisation originale sur les équipes de travail.Cinq études, réunissant 1101 réponses de professionnels en activité dans des entreprises et des institutions françaises, ont permis de montrer qu’un processus de comparaison sociale contribue aux réponses du sujet, tout en conservant la bonne qualité psychométrique des échelles de mesure utilisées. Le rapport individu / groupe induit par la méthode, mettant en tension les besoins d’affiliation et de différenciation (Codol, 1973, 1975a, 1975b, 1984 ; Brewer, 1991, 2007, 2012), participe à opérer une mise à distance entre soi et son équipe dans les réponses au questionnaire à double entrée. Ce type de réponse nous offre une nouvelle voie d’analyse en pronostiquant le fonctionnement d’une équipe.Par ailleurs, cette thèse ouvre des perspectives de recherche dans le domaine des mesures multi-niveaux de la santé au travail et appelle un investissement complémentaire sur les processus cognitifs propres à la méthode.

  • Titre traduit

    Psychological well-being at work and team performance : a happy team is efficient ?


  • Résumé

    In psychology, the concept of « well-being », a positive component of health (Keyes, 2003), has a long history of scientific investigation, positioning this concept at the crossroads of various issues: distinction between hedonist (Diener, 1999) and eudemonic (Ryff, 2014) conceptions, the presence of a specific psychological wellbeing at work (Dagenais-Desmarais, 2012), questionnaire assessment of individual and collective dimensions (Heutte, 2010), connection with team performance (Rousseau, Aubé & Savoie, 2006), multilevel approaches to health prevention at work (Martin 2015). We postulate that a questionnaire measuring simultaneously both one’s own personal well-being and that of one’s team, provides at the same time a reliable appreciation of these two dimensions and a reliable measurement of team effectiveness/performance. This can be achieved through a “double entry” questionnaire based on the « referent shift » method (Chan 1998). By clarifying the translation of psychological wellbeing at work from the individual to the group level, our research (embedded in CIFRE conventions) participates in preventing and accompanying health issues, through its original focus on working teams.Five studies involving 1101 active workers in corporate and French institution have shown that a process of social comparison does contribute to individual answers, with no impact on the psychometric quality of the of the measurement scales. This relationship individual/group, which juxtaposes affiliative vs differentiative needs (Codol, 1973, 1975a, 1975b, 1984; Brewer, 1991, 2007, 2012), helps operate a distancing between regards to one’s self and one’s team in the answers to the double entry questionnaire. These findings open the way to new analysis, based on forecasting team functioning. Moreover, this dissertation offers a new research perspectives into the multi-level measurement of health at work, and calls for complementary investigations on cognitive processes specific to the selected « matrix » method.

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