Modulation de l'inflammation à des fins de régénération parodontale

par David-Nicolas Morand

Thèse de doctorat en Biotechnologies

Sous la direction de Henri Tenenbaum.


  • Résumé

    La cicatrisation parodontale est un processus complexe, composé de quatre phases hautement intégrées (hémostase, inflammation, prolifération, remodelage), qui nécessite une interaction complexe entre les différents types tissulaires (épithélium, conjonctif, os) ainsi que la synthèse de médiateurs, tels que les hormones et les facteurs de croissance. La difficulté à pouvoir obtenir une régénération des tissus parodontaux est en partie due à la réponse inflammatoire qui interfère avec le processus de cicatrisation, via la surexpression des cytokines pro-inflammatoires, ainsi qu’à la croissance rapide des cellules épithéliales le long de la surface de la racine qui porte atteinte à la vraie organisation des tissus, essentielle à la régénération parodontale. Notre objectif a été de mettre au point des membranes nanofibreuses implantables à base de polycaprolactone (PCL) fonctionnalisés par plusieurs molécules actives (Alpha-Melanocyte Stimulating Hormone (α-MSH)), ibuprofène, atorvastatine) et implantables, permettant à la fois un contrôle physique et biochimique de la cicatrisation parodontale. En d’autres termes, nous avons cherché à ralentir la colonisation de la surface radiculaire par les cellules épithéliales et à moduler l’inflammation de la phase post-chirurgicale afin de promouvoir la cicatrisation parodontale. Pour cela, nous avons mis au point un modèle d’inflammation in vitro mimant le tissu superficiel du parodonte en utilisant des cellules parodontales, à savoir des kératinocytes et fibroblastes gingivaux humains, stimulées par du lipopolysaccharide de Porphyromonas gingivalis (LPS-Pg). Les résultats obtenus ont montré une bonne biocompatibilité des systèmes (α-MSH, ibuprofène) ainsi qu’une diminution de la prolifération, migration des kératinocytes, fibroblastes gingivaux humains et une diminution significative de l’expression des marqueurs pro- ou anti-inflammatoires (TNF-α, TGF-β, IL-6, IL-8), des marqueurs d’adhérence, de prolifération (Intégrine, Laminine, Fibronectine) et de remodelage (COL-IV). En conclusion, les stratégies développées (α-MSH, ibuprofène) au sein de notre laboratoire ont permis de mettre en évidence l’intérêt de délivrer une molécule anti-inflammatoire à partir d’un biomatériau et représentent un fort potentiel d’application clinique pour la parodontologie mais aussi pour la médecine de demain.

  • Titre traduit

    Modulation of inflammation in service of periodontal regeneration


  • Résumé

    Periodontal wound healing is a process involving hemostasis, inflammatory phase, proliferation and maturation/matrix remodeling. These phases require cell-to-cell interaction of different cell types (epithelial cells, fibroblasts, osteoblasts, and cementoblasts) orchestrated by growth factors, cytokines and extracellular matrix components. After conventional periodontal therapy, wound healing corresponds more to tissue reparation than regeneration. This absence of true regeneration is considered to be mainly due to the competition between the different periodontal tissues (gingiva, cementum, alveolar bone) and the differential rate of proliferation, migration and differentiation of periodontal cells during wound healing. Therefore, the inflammatory response could interfere with the healing process depending on the secretion/activity level of matrix metalloproteinase (MMPs), cytokines, chemokines and also the imbalance with their antagonists/inhibitors, which leads to fibrosis and excessive scarring. Our aim was to develop implantable nano-fibrous membranes based on polycaprolactone (PCL) and functionalized by several active molecules (Alpha-melanocyte stimulating hormone (α-MSH)), ibuprofen, atorvastatin) allowing both physical control and biochemical periodontal healing features. Furthermore, we developed an in vitro inflammatory model mimicking the periodontal tissue surface, using periodontal cells ; keratinocytes and human gingival fibroblasts stimulated with lipopolysaccharide of Porphyromonas gingivalis (Pg-LPS). The results obtained showed good biocompatibility systems (α-MSH, ibuprofen) and a decrease in the proliferation and migration of keratinocytes, human gingival fibroblasts. Moreover, a significant decrease of pro- or anti-inflammatory markers expression (TNF-α, TGF-β, IL-6, IL-8), adhesion markers of proliferation (Integrin, laminin, fibronectin) and remodeling (COL-IV) could be achieved. In conclusion, the strategies developed in our laboratory (α-MSH, ibuprofen), have helped to highlight the interest of the release of an anti-inflammatory molecule from a biomaterial, and represented a strong potential for clinical application not only in periodontics but also in general medicine.

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