Les mutilations corporelles en Grèce ancienne : pratiques et perceptions

par Yannick Muller

Thèse de doctorat en Sciences de l'Antiquité

Sous la direction de Dominique Lenfant.

Le président du jury était Anne Jacquemin.

Le jury était composé de Anne Jacquemin, Claire Le Feuvre.

Les rapporteurs étaient Bernard Eck, Florence Gherchanoc.


  • Résumé

    Les mutilations corporelles constituent un ensemble de pratiques qui révèle non seulement la perception qu’une société a de son corps, mais aussi le rapport qu’elle entretient avec celui des autres. Si les sciences sociales modernes ont abandonné cette appellation pour des expressions plus neutres telles que « modifications corporelles », elle se justifie encore pleinement pour l’Antiquité dont nous avons hérité une vision stéréotypée du corps beau assortie d’un rejet de toute forme d’altération. Après une nécessaire définition des cadres du sujet, nous proposerons une étude lexicale du vocabulaire grec de la mutilation corporelle avant de nous pencher sur notre problématique : les sources antiques aussi bien que l’historiographie moderne associent les mutilations corporelles avec le monde « barbare », c’est-à-dire non grec. S’agit-il d’un cliché, remonte-t-il à l’Antiquité ? les Grecs n’ont-il pas témoigné fidèlement de pratiques observées ? Nous approcherons ces questions en distinguant trois axes : la mutilation en tant que châtiment barbare, punir le corps mort dans les cultures non grecques et la mutilation comme l’expression d’une autre vision du corps. Nous tâcherons de distinguer dans les sources grecques ce qui relève d’une part de stéréotypes et d’autre part d’informations ethnographiques. Un telle démarche permet au chercheur d’appréhender les pratiques de mutilations corporelles ayant cours dans l’Antiquité et la perception qu’en avaient les Anciens.

  • Titre traduit

    Body mutilations in Ancient Greece : practices and perceptions


  • Résumé

    Physical mutilations can be defined as a set of practices which is relevant to the way a society sees its body but also to the connection it has with the body of the Other. Social sciences have abandoned this term for a more neutral designation such as “body modification”, however for the purpose of our study the old name is still adequate for we have inherited from Antiquity a stereotyped way of considering the beauty of the body and of rejecting all kind of alteration. We will start by an essential definition of our subject before offering a complete lexical study of the Greek vocabulary dealing with mutilation. Then, our main problematic will concern the issues which appear characteristic of ancient and modern historiography: are physical mutilations – as a typical “barbarian”, i.e. non Greek, feature – a cliché that goes back to Antiquity? Did the Greeks give any kind of truthful evidence of practices that were effectively observing? We will approach these questions from three angles: mutilation as a barbaric punishment, chastising the dead in non Greek cultures, mutilation as the expression of a different way of seeing the body. We will aim at separating in the ancient Greek sources what can be regarded as stereotypes from true ethnographic information. This might help scholars to understand body modifications that were in use in Antiquity as well as the way the Ancient were viewing them.



Le texte intégral de cette thèse sera accessible sur intranet à partir du 30-09-2018

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