Prise de complément en vitamine D ou C et risque de cancer du sein dans la cohorte E3N

par Claire Cadeau

Thèse de doctorat en Santé publique - épidémiologie

Sous la direction de Marie-Christine Boutron-Ruault.


  • Résumé

    Les compléments alimentaires sont de plus en plus consommés en France depuis le début des années 2000. Cependant, l’effet de la prise de compléments alimentaires sur la santé, notamment à long terme, n’est pas clairement établi. Les compléments en vitamine D et en vitamine C font partie des compléments les plus consommés en France, et à des doses généralement beaucoup plus élevées que celles apportées par l’alimentation. Plusieurs études expérimentales suggèrent que la vitamine D et la vitamine C pourraient avoir une influence sur le risque de cancer du sein, le cancer actuellement le plus fréquent chez la femme dans le monde. Cependant, les études épidémiologiques disponibles ne permettent pas de conclure sur cette relation. L’objectif de cette thèse était d’étudier la relation entre prise de complément en vitamine D ou vitamine C et risque de cancer du sein dans la cohorte E3N à partir de données répétées sur la prise de complément alimentaire, et d’étudier si cette relation pourrait être influencée par l’ancienneté de la prise de complément alimentaire et par de potentielles interactions avec certains facteurs spécifiques liés au mode de vie. La prise de compléments alimentaires a été estimée à partir de plus de 55 000 femmes ménopausées de la cohorte E3N suivies entre 1995 et 2008. Nous avons observé que le prise de complément en vitamine D pourrait réduire l’augmentation de risque de cancer du sein associée à la prise de traitement hormonal de la ménopause, mais pourrait être délétère chez les femmes n’ayant jamais utilisé de traitement hormonal de la ménopause et n’étant pas en surpoids, et donc étant peu exposées aux hormones. Concernant la prise de complément en vitamine C, nous avons observé une augmentation de risque chez les femmes ayant déjà des apports alimentaires en vitamine C élevés. Nos résultats ont un impact potentiel en termes de santé publique, mais devront d’abord être confirmés par des études ayant des données répétées et quantitatives sur la prise de compléments alimentaires. Cependant, ces résultats appellent à la prudence quant à l’utilisation de compléments alimentaires tels que la vitamine C en l’absence de déficience nutritionnelle avérée.

  • Titre traduit

    Vitamin D or vitamin C supplement use and breast cancer risk in the E3N cohort


  • Résumé

    The use of dietary supplements has been steadily increasing since the early 2000s. However, little is known on the effect, especially the long-term effect, of dietary supplement use on health. Single vitamin D and vitamin C supplements are widely consumed in France, at doses that generally largely exceed dietary intakes. Experimental studies have suggested potential effects of vitamin D and vitamin C on breast cancer risk, the currently most common cancer in women worldwide. However, data from epidemiologic studies are still inconclusive. The objective of this project was to investigate the relationship between vitamin D or vitamin C supplement use and breast cancer risk in the E3N cohort using regularly updated data on dietary supplement use, and to investigate a potential effect modification by recency of dietary supplement use and by other specific lifestyle factors. The use of dietary supplements has been estimated using data collected from 55 000 postmenopausal women of the E3N cohort followed between 1995 and 2008. We observed that vitamin D supplement use could reduce the increased risk of breast cancer associated with menopausal hormone therapy use, but could be associated with an increased breast cancer risk in women with low hormonal exposure, i.e. women who never used menopausal hormone therapy and are not overweight. Concerning vitamin C supplement use, we observed an increased risk of breast cancer in women who already had high dietary vitamin C intakes. Our results have a potential public health impact, but must be first confirmed by further studies with repeated and quantitative data on dietary supplement use. However, caution can already be advocated towards using dietary supplements such as vitamin C in the absence of clear deficiency in these nutrients.


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