Faire preuve par le chiffre ? Le cas des expérimentations aléatoires en économie

par Arthur Jatteau

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Frédéric Lebaron et de Agnès Labrousse.


  • Résumé

    Par l’intermédiaire d’Esther Duflo et de son laboratoire le J-PAL, les expérimentations aléatoires ont connu un essor remarquable depuis les années 2000 en économie et sont présentées par leurs promoteurs comme une méthode particulièrement robuste dans l’évaluation d’impact. Combinant méthodologies quantitatives et qualitatives, cette thèse examine la construction sociale de la preuve expérimentale et apporte une contribution à une épistémologie sociale et historique des expérimentations aléatoires, ainsi qu’à la socio-économie de la quantification. Dans une première partie, nous développons une socio-histoire de cette méthode. Les origines des expérimentations aléatoires sont pluridisciplinaires et antérieures à leur utilisation massive en médecine depuis les années 1940, puis en économie depuis la fin des années 1960. Nous en tirons des enseignements méthodologiques éclairant la pratique actuelle des expérimentations aléatoires. Dans un second temps, nous nous intéressons aux acteurs de cette méthode, en nous penchant sur les chercheurs du J-PAL. En procédant à une analyse prosopographique, complétée par une analyse de réseau, nous montrons que les capitaux académiques élevés de ces chercheurs et l’existence de leaders permettent de contrôler et promouvoir la diffusion de la méthode. Dans une dernière partie, nous interrogeons la production de la preuve par les expérimentations aléatoires. En nous attachant à saisir les pratiques expérimentales, nous montrons que les validités interne et externe sont souvent problématiques. Enfin, nous analysons les liens contrariés entre expérimentations aléatoires et politique(s).

  • Titre traduit

    Evidence by numbers? The case of randomized controlled trials


  • Résumé

    With Esther Duflo and her lab (the J-PAL), randomized controlled trials (RCTs) became trendy from the the 2000’s onward in economics and are presented by their advocates as the most robust method for impact evaluation. Relying on mixed methods, this thesis investigates the social construction of experimental evidence and contributes to a social and historical epistemology of RCTs and to the socio-economy of quantification.The first part develops a socio-history of this method. The origins of RCTs are multidisciplinary and precede their extensive use in medicine from the 1940s and in economics from the 1960s onward. This allows us to gain a deeper undestanding of the current use of RCTs.In the second part, we examine the stakeholders of this method, chiefly J-PAL researchers. Our prosopographical analysis, supplemented by a network analysis, demonstrates that their high level of academic capital and the presence of leaders allow for the control and the diffusion of RCTs.In the last part, we scrutinize the production of experimental evidence. By examining RCTs in operation, we show that both their internal and external validity are in many cases compromized. Finally, we explore the convoluted links between RCTs, policy and politics.


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