Sortir l'armée des ombres.Soldats de l'Empire, combattants de la Libération, armée de la Nation : La Première armée française, du débarquement en Provence à la capitulation allemande (1944-1945)

par Claire Miot

Thèse de doctorat en Histoire, histoire de l'art et archéologie

Sous la direction de Olivier Wieviorka.


  • Résumé

    Écrivant une histoire totale de la Première armée française entre le débarquement en Provence, le 15 août 1944, et la capitulation allemande le 8 mai 1945, cette recherche a pour ambition de penser ensemble ses dimensions guerrières, diplomatiques et politiques, mais aussi coloniales, sociales et culturelles. Reconstituée en Afrique du Nord à partir des Français libres et des conscrits colonisés et européens de l’armée d’armistice en Afrique, renforcée en métropole par des combattants de la résistance intérieure, puis par des appelés, cette armée présente une forte hétérogénéité. Lui est pourtant confié un triple rôle, diplomatique, politique et militaire. Instrument de reconquête de la grandeur nationale quatre ans après la défaite, il lui incombe non seulement de faire la preuve, sur le champ de bataille, de la capacité du pays à se libérer lui-même, mais aussi de le hisser au rang des puissances victorieuses. Elle doit aussi, en intégrant des milliers de combattants venus de la Résistance, agir comme le symbole de l’unité retrouvée de la nation. Enfin, héritière de l’armée de la défaite et de l’armée de Vichy discréditées, elle doit faire face aux aspirations de rénovation que réclame la société française de la Libération. En mai 1945, ces défis ne sont que partiellement relevés. Certes, sur le champ de bataille, l’armée française est sans conteste victorieuse, ce qui permet à la France d’arracher à ses alliés une zone d’occupation en Allemagne, bien que ses succès militaires soient ternis par les crimes commis par ses soldats en territoire ennemi. Dans l’épreuve commune du feu, les fractures politico-militaires sont certes atténuées, mais l’union forgée ne résiste pas à la sortie de guerre et l’armée de l’après-guerre est faiblement renouvelée. De plus, en l’absence de mobilisation générale en métropole, colonisés et Européens ont payé de loin le plus lourd tribut, alors que la réponse du Gouvernement provisoire aux revendications nationalistes dans l’empire est un échec manifeste. Ainsi, en 1945, le lien entre la nation et son armée, mais aussi entre la métropole et l’empire, loin de s’être renoué, s’est encore distendu.

  • Titre traduit

    The Army beyong the shadows. Imperial soldiers, fighters of the Liberation, Army of the Nation. : The First French Army from the Provence landing to the German Surrender (1944-1945)


  • Résumé

    By writing a complete history of the First French Army from the Provence landing on August 15, 1944, to the German surrender on May 8, 1945, this dissertation aims to connect the military, diplomatic and political dimensions of this campaign with its colonial, social and cultural aspects. Born in North Africa from the fusion between the Free French and the so called ‘’Armée d’Afrique”, reinforced in metropolitan France with volunteers coming from the Resistance and with conscripts, it was an extremely heterogeneous army. Nevertheless it had to fulfill a challenging set of diplomatic, political and military objectives: to restore the national grandeur four years after the defeat and to get France a seat at the table with other victorious nations, to implement a national unity program and to deal with the aspirations for change coming from French society.In May 1945, these challenges had only been partially overcome. Even if its successes were tarnished by incidents of rape and looting, the French army was victorious on the battlefront and France obtained control of an occupation zone in Germany. Political and military tensions among soldiers decreased while they were fighting a common enemy. But peace brought these tensions back. The Post-War army was only marginally renewed. And as general mobilization was never decreed in metropolitan France, natives and Europeans born in the empire paid the harshest price to deliver the mother country as contestation of the colonial order increased. In 1945, the gap between the nation and its army, and between metropolitan France and its empire was wider than ever.


Le texte intégral de cette thèse n'est pas accessible en ligne.
Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : École normale supérieure. Bibliothèque.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.