Ce qu’errer veut dire : Etude psychopathologique et anthropologique de l’errance à partir des clinques de la grande précarité. Proposition du concept d’errance essentielle

par Olivier Jan

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Pascal Le Maléfan.

Soutenue en 2016

à Rouen , dans le cadre de École doctorale Homme, sociétés, risques, territoire (Caen) , en partenariat avec Normandie Université (autre partenaire) .

Le jury était composé de Olivier Douville, Didier Drieu.

Les rapporteurs étaient Bernard Duez, Georges Gaillard.


  • Résumé

    Nous cherchons à cerner/discriminer ici ce que peut être l’errance à partir des cliniques de la rue dans notre société, à l’heure actuelle. L’errance est souvent confondue avec le fait SDF, ce qui s’avère abusif sur le plan psychopathologique et en se fondant sur une définition restrictive de l’errance comme évolution existentielle sans but. L’étude de psychopathologie fondamentale menée ici se fonde sur des observations cliniques réalisées dans le cadre d’une Equipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) et du travail partenarial fondé sur le «transfert de transfert ». La recherche explore d’abord la manière dont les SDF, vagabonds d’aujourd’hui, sont considérés socialement. Ce point importe comme préalable à notre travail puisqu’il précise le rejet/l’ambivalence culturel/le vis-à-vis de qui semble être en errance, de qui mène sa vie dans l’espace public. Les préjugés sont à déjouer au plus, posons-nous, pour un abord au plus objectif et la possibilité de rencontres. Il nous faudrait apprendre à ne plus rejeter ces hommes et femmes incarnant l’anti-modèle social pour ce faire, ce qui tient de ce que nous appelons un « effort non naturel » puisqu’allant à l’encontre du contre-transfert social ordinaire, intériorisé par tous (et donc par nous-mêmes, cliniciens, aussi). La seconde partie, après avoir précisé ce que peut être la vie à la rue, compare les différents types de personnalités que nous pouvons rencontrer dans l’exercice des EMPP. Elle se poursuit par la confrontation d’entités psychopathologiques souvent confondues, à tort, avec l’errance. Enfin, nous utilisons les conceptions de certains auteurs psychanalystes ou référés à la pensée freudienne, pour tenter de cerner ce que serait la dynamique ou l’adynamique interne du sujet en errance authentique, totale: sujet en peine de subjectivation, empêché, en suspens, privé de pensée réflexive, condamné/se condamnant à la répétition, à l’évolution dans un temps circulaire, au rabat opératoire… Nous le positionnons comme un sujet vide, handicapé dans toute possibilité d’investissement narcissique et d’investissement d’objet, resté arrêté par la plongée précoce dans un vécu agonistique comme un survivant. Nous proposons le concept d’errance essentielle en le définissant comme une dynamique existentielle pathologique issue d’un contexte traumatique précoce ayant remplacé la possibilité normale d’accès au vivant par une condition apparaissant définitive de survie fondée sur l’impossibilité d’accroche vraie à l’autre. L’errance essentielle fait vivre paradoxalement, de façon mortifère, en condamnant son porteur à ne pas acquérir, à ne pas (se) développer, à ne pas construire, le maintenant dans des non-liens, des non-sens par lui seulement acceptables, à une vie sans projet, sans désir, dans laquelle la subjectivation n’advient que très partiellement. Organisée autour de ce vide fondamental, de cette survie, l’errance essentielle conduit très sûrement à la désocialisation extrême, à la marginalisation grave, raccourcit la durée de vie. Nos conclusions vont d’une part dans le sens d’un travail de prévention clinique et d’accompagnement précoce pour les enfants ayant effectivement vécu des traumatismes graves et développant une non accroche dès leurs jeunes années. D’autre part, concernant les errants essentiels adultes, l’intérêt d’une vigilance clinique et de lieux de vie institutionnels, sans ambition inaccessible pour eux, sont préconisés. Nous soutenons l’intérêt de favoriser leurs expressions créatives.

  • Titre traduit

    What wandering means. Psychopathological and Anthropological study of wandering from observations about big precariousness. Proposition of concept : the essential wandering.


  • Pas de résumé disponible.


  • Résumé

    We try encircle/to discriminate here what can be the wandering from psychological observations of the street in our special psychiatric team nowadays. The wandering is often confused with the homeless fact, what turns out excessive on the psychopathological plan and by basing itself on a restrictive definition of the wandering as an aimless existential evolution. The study of fundamental psychopathology led here establishes itself on clinical observations realized within the framework of a Mobile Team Psychiatry Precariousness And of the partnership work based on the "transfer of transfer". The research explores at first the way the homeless people, the tramps of today, are socially considered. This point matters as prerequisite for our work because it specifies the reject/the cultural ambivalence towards whom seem to be in a wandering situation, of whom lives his life in the public space. The prejudices have to be thwarted in most for the more objective access and the possibility of concrete meetings. It would be a necessity for us to learn not to reject anymore these men and women who are representing the social « anti-model ». This is what we call a "not natural effort" because going against ordinary social transfer, interiorized by all. The second part, having specified what can be life in the street, left comparative clause between the various types of personality whom we can meet in the exercise of the Mobile Team Psychiatry Precariousness. It continues by the confrontation of pathologic entities often confused wrongly with the genuine wandering. Finally, we use the designs of certain authors, psychoanalysts or referred to the Freudian thought, to try to identify what would be the dynamics or the adynamic interns of the subject in authentic, total wandering: grieving subject of subjectivation, prevented, unsettled, deprived of reflexive thought, condamned or who condamn himself to sentencing to the repetition, to the anevolution in a circular time, to the operating thought (a conception of french school of psychosomatic) … We position him as an empty subject, handicaped in any possibility of narcissistic investment and object investment, remained stopped by the premature dive in a real-life experience agonistique as a survivor. We propose the concept of essential wandering so by defining him: a pathological existential dynamics stemming from an early traumatic context having deplaced the normal possibility of access to the alive by a condition that seem to be definitive of survival based on the impossibility of catcher in the other one. The essential wandering makes live paradoxically, in a mortiferous way, by condemning its carrier not to acquire, not to develop, not to build, him now in non-links, nonsense by him only acceptable, in a life without project, without desire, in whom the subjectivation happens only very partially. Organized around this fundamental vacuity, around this survival, the essential wandering leads very certainly to the extreme desocialization, to the grave marginalization, shortens the life expectancy. Our conclusions go on one hand to the direction of a work of clinical prevention and early accompaniment for the children having actually lived the grave traumas and developing a non-catcher from their young years. On the other hand, concerning wandering grown-up main things, the interest of a clinical vigilance and institutional places of life without inaccessible ambition for them are recommended. We support the interest in favoring their creative expressions.

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  • Détails : 1 vol. ( 483 p.)
  • Annexes : Index p.442-483

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