Voltaire à la lumière de Lucien

par Marie-Odile Fontaine

Thèse de doctorat en Langues et littérature françaises

Sous la direction de François Bessire.

Le jury était composé de Isabelle Gassino, Laurence Macé, Stéphane Pujol.

Les rapporteurs étaient Marc Hersant, Gerhardt Stenger.


  • Résumé

    Quel lien unit Voltaire à Lucien de Samosate, Syrien de langue grecque du IIe siècle, souvent surnommé « le Voltaire de l’Antiquité » ? L’influence de l’Ancien sur le Moderne semblait évidente à des lecteurs du XVIIIe siècle, puis cette idée a été relativisée, voire totalement rejetée. Pourtant Voltaire possédait une traduction des œuvres de Lucien, et prétendit l’avoir imité dans un texte de 1751. En 1765, il le met en scène dans sa Conversation de Lucien, Érasme et Rabelais dans les Champs-Élysées. Ailleurs, il le mentionne comme autorité. D’où vient ce renversement d’opinion ? En quoi le jugement du XVIIIe siècle était-il sensé ? Pour le comprendre, il faut se rappeler que Lucien était lu sous l’Ancien Régime comme auteur mis à l’Index, certainement incrédule, peut-être épicurien, ayant osé rire de sujets aussi « vénérables » que les pratiques et fables d’historiens, de philosophes, de prêtres imposteurs et de leurs adulateurs : autant de raisons pour Voltaire de s’intéresser à lui. Cet intérêt a été fécond : comme nombre d’auteurs depuis la Renaissance, Voltaire a imité et adapté la manière de récits ou saynètes fantaisistes et philosophiques du Syrien, dont on retrouve le spoudogeloion dans maints dialogues ou contes « typiquement » voltairiens. Mais si les œuvres de l’Ancien ayant le plus inspiré Voltaire se ressemblent par la forme, elles rappellent aussi les paroles ironiques de Socrate, « silènes d’Alcibiade » qui, sous leur air bouffon, interrogeaient les discours d’autorité pour dénicher les fausses vérités ; les « silènes » de Voltaire et de Lucien, à tendance probabiliste, assagissent de même ceux qu’ils délivrent de préjugés et de certitudes mal fondées.


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  • Titre traduit

    Voltaire, through the lense of Lucian


  • Résumé

    What is the link between Voltaire and Lucian of Samosata, a Greek-speaking Syrian, often called "the Voltaire of antiquity"? The influence of the Ancient on the Modern seemed obvious to readers from the 18th century before this idea was tempered, even outright rejected. Yet Voltaire owned a translation of Lucian’s works, and claimed to have imitated him in a text from 1751. In 1765, Voltaire stages him in Conversation between Lucian, Erasmus and Rabelais, in the Elysian Fields. Elsewhere, he mentions him as a figure of authority. To what is owed this reversal of opinion? In what way is the 18th century assessment sound? To understand this, it is important to remember that Lucian was read under the Ancien Régime as a blacklisted author, certainly unbelieving, maybe epicurean, having dared to mock such "venerable" subjects as the practices and fables of historians, philosophers, phony priests and their worshippers: all reasons for Voltaire to be interested in him. This interest has been fertile: as numerous authors since the Renaissance had done, Voltaire imitated and adapted the style of whimsical and philosophical stories or playlets from the Syrian, whose spoudogeloion can be found in many "typical" Voltairian dialogues or tales. However, while the Ancient’s works that inspired Voltaire are most similar in form, they are also reminiscent of the ironic speeches of Socrates, the "silenes of Alcibiades" that, behind their farcical appearance, questioned the rhetoric of authority in order to expose its sophistry. Lucian and Voltaire’s "silenes", rather probabilistic, also make wiser those they free from prejudices and ill-founded certainties.

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Informations

  • Détails : vol. ( 1054 p.)
  • Annexes : Bibliogr. 1001réf. (p. 989-1054), Index (p.972-987)

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