Hémodialyse quotidienne en France : caractéristiques, trajectoires, accès à la greffe et survie des patients

par Adélaïde Pladys

Thèse de doctorat en Biologie et sciences de la santé

Sous la direction de Cécile Vigneau et de Sahar Bayat Makoei.

Soutenue le 05-12-2016

à Rennes 1 , dans le cadre de École doctorale Vie-Agro-Santé (Rennes) , en partenariat avec Université Bretagne Loire (ComuE) et de Institut de Génétique et Développement de Rennes (UMR 6290) (laboratoire) .


  • Résumé

    L’augmentation de la fréquence hebdomadaire des séances d’Hémodialyse (HD) serait la technique qui se rapprocherait le plus du rôle physiologique des reins. L’Hémodialyse quotidienne (HDQ) a été développée afin d’améliorer la qualité de vie des patients ainsi que l’épuration sanguine. Néanmoins, son association avec la survie reste controversée et son lien avec l’accès à la greffe rénale n’avait jusqu’alors jamais été étudié. Par ailleurs, les connaissances en termes de pratiques en France étaient jusqu’à aujourd’hui très faibles. Dans ce contexte, cette thèse vise à caractériser les patients français en HDQ et leurs trajectoires en plus d’analyser l’association entre l’HDQ et la transplantation rénale et la survie des patients. Une étude épidémiologique a été menée à partir du Réseau en Epidémiologie et Information en Néphrologie (REIN) où ont été inclus tous les patients âgés ≥18 ans et qui ont démarré une séance d’HDQ entre 2003 et 2012 en France. L’extraction d’un certain nombre de données biocliniques de REIN a permis de montrer que les patients français en HDQ étaient caractérisés pour présenter des profils très hétérogènes. En effet, en fonction de l’âge médian (64 ans) deux sous-groupes de patients ont pu être comparés : les âgés (moyenne d’âge : 76,6 ± 6,9 ans) en mauvaises conditions médicales et qui décédaient rapidement ; les jeunes (moyenne d’âge : 47,2 ± 12 ans) qui étaient en HDQ avant d’accéder à la greffe. Par ailleurs, en fonction des trajectoires initiales, deux sous-groupes ont également pu être comparés : patients démarrant directement par HDQ (dHDQ, n=257) ; patients démarrant par un autre traitement (cHDQ, n=496). Ensuite, cette thèse a permis de montrer qu’en France, après l’inscription sur la liste, les patients en HDQ avaient une moindre probabilité d’accéder à la greffe que les patients en HD 3x/semaine (SHR=0,74 ; IC 95%: 0,58-0,95). Par ailleurs, après ajustement sur l’âge, le sexe et les comorbidités, l’HDQ était associée avec un sur-risque de décès (HR=1,58 ; IC 95%: 1,4-1,8) en comparaison avec l’HD 3x/semaine. Ce travail de thèse a permis d’élucider nos connaissances en termes de pratiques associées avec l’HDQ bien que les raisons pour lesquelles les patients démarrent une HDQ ne sont pas connues. Nous émettons l’hypothèse que les indications pour l’HDQ en France sont probablement différentes de celles appliquées dans d’autres pays, ceci pourrait expliquer nos résultats en termes de mortalité.

  • Titre traduit

    Daily hemodialysis in France : characteristics, trajectories, access to renal transplantion and patients' survival


  • Résumé

    An increase frequency of weekly sessions of Hemodialysis (HD) should be more physiological than a conventional HD 3x/week. Daily Hemodialysis (DHD) was developed in order to enhance patients’ quality of life in addition to blood purification. Nevertheless, its effect on survival remains controversial and the association between DHD and the access to renal transplantation has never been evaluated. Moreover, knowledges about DHD practices in France were until today very poor. In this context, the aims of this thesis was firstly, to describe profiles of French patients on DHD and their initial trajectories; secondly to analyze the association between DHD and renal transplantation, then survival in comparison with conventional HD 3x/week. An epidemiologic study has been conducted based on Renal Epidemiology and Information in Nephrology (REIN) registry. Were included all patients aged ≥18 years who initiated a DHD between 2003 and 2012 in France. Bio-clinical data analyses showed that French patients were characterized to present various profiles. Indeed, according to the median age (64 years), two sub-groups were distinguished and compared: old (mean age: 76.6 ± 6.9 years) in bad medical conditions who died rapidly; young (mean age: 47.2 ± 12 years) waiting for renal transplantation. Moreover, according to the initial trajectories, two sub-groups were also constructed: patients starting directly with DHD (dDHD, n=257); patients starting with another dialysis before switching for DHD (cDHD, n=496). Then, this thesis allowed showing that in France and after being waitlisting, patients on DHD had lower probability of being renal transplanted (SHR=0.74; 95%CI: 0.58-0.95). Then, after the adjustment on sex, age and comorbidities, DHD was associated with a higher risk of death compared to conventional HD 3sessions/week. Reasons why a patient started a DHD are unknown, but this work allows us to enhance our knowledges in terms of medical practices associated with DHD. We hypothesized that DHD indications in France might be different from other countries which could explain our results in terms of mortality.


Il est disponible au sein de la bibliothèque de l'établissement de soutenance.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Rennes I. Service commun de la documentation. Bibliothèque de ressources électroniques en ligne.
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.