Solitude et communauté humaine dans « L’Invention de la solitude » de Paul Auster, « Le Salon du Wurtemberg » de Pascal Quignard, et « La fin des temps » de Murakami Haruki

par Michael Bigay

Thèse de doctorat en Langues et littératures étrangères

Sous la direction de Vincent Ferré et de Isabelle Alfandary.

Soutenue le 23-05-2016

à Paris Est , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés (Créteil ; 2015-....) , en partenariat avec Lettres, Idées, Savoirs (Créteil) (laboratoire) .

Le président du jury était Sylvie Bauer.

Le jury était composé de Vincent Ferré, Gérard Siary.

Les rapporteurs étaient Isabelle Poulin.


  • Résumé

    Les trois oeuvres de notre corpus déclinent les données d'un vivre-ensemble tissé de solitude, d’une existence qui est coexistence. La solitude affecte des personnages qui constituent les témoins de l'humaine condition. L’oubli qui les hante est également solitude. Dès lors, la mémoire constitue l’antidote communautaire à une amnésie menaçante, et l’intertexte permet d’unir les solitudes par la matérialisation d'une communauté humaine aux prises avec l’altérité du réel. Cette communauté s'exprime de manière privilégiée dans ces trois récits qui donnent libre cours aux tensions et contradictions d'un réel toujours étranger à l'homme. Murakami, Auster et Quignard reflètent cette solitude communautaire dans des récits ouverts au dèmos qui accueillent cette altérité à laquelle le sacré et les mythes donnent voix. Chez les trois auteurs, c’est le problème de l'absolument autre et de sa traduction mythique qui permet de comprendre ce qui unit les hommes, mais aussi ce qui en eux – et dans le réel –, résiste à la socialité. Ce problème est donc éminemment communautaire. Présente dans les trois ouvrages, la musique, expression du génie humain, est également solitude. Elle traduit dans les oeuvres une présence/absence du souvenir, donne voix à l’indicible, renvoie à une moralité infinie, ou reste liée à l’animalité. Quant à la présence de l’auteur ou du narrateur dans les textes, le lecteur est confronté à trois manières différentes de donner voix à la communauté humaine, que ce soit par le deuil du lyrisme auctorial, en dotant au contraire sa voix d'une forte expressivité, ou à travers une voix narrative qui gagne en puissance au fil de l'ouvrage, illustrant ainsi l'engagement graduel du personnage dans le texte. La dimension historique, mémorielle et politique des communautés représentées, l’effort vers l’être-pour, qui constitue à la fois une théorisation du partage du sensible et une forme non militante de l’engagement personnel et collectif, sont également analysés dans ces trois oeuvres, qui mettent en évidence l’impossibilité d’une solitude non peuplée.

  • Titre traduit

    Solitude and Human Community in The Invention of solitude (Paul Auster), Le Salon du Wurtemberg (Pascal Quignard) and Hard-Boiled Wonderland and the End of The World (Murakami Haruki)


  • Résumé

    The three novels under scrutiny confront the very fact of existence as coexistence; they express solitude, considered as an unquestionable fact of life. Solitude affects characters who represent all mankind. The oblivion which haunts the protagonists is also an expression of solitude. Memory then becomes the common antidote to an impending amnesia, and intertextuality provides a way to bring solitudes together in a human community confronted to the strangeness of reality. Giving a voice to human community is the aim of these three contemporary novels, which express the tensions and contradictions of a reality filled with an undeniable otherness. Murakami, Auster and Quignard reflect on this common solitude in narratives that are open to that very strangeness, which is conveyed by mythology and the presence of sacred people or objects in the novels. For the three writers, it is the question of otherness and its mythical transcription that allows to understand what brings men together, and the things which, within people and reality, resist to socializing. Therefore, otherness must be considered as an eminently communal element in the novels. Music, an expression of human genius, is also a product of solitude. It expresses the presence/absence of things past, the unspeakable, refers to the infinity of morality, or else remains linked with animality. The reader is confronted to three different ways of expressing human community in the narratives, whether by accepting to give up one's lyricism, or on the contrary by using a very expressive style, or else by allowing the narrative voice to gather momentum throughout the text, to match the gradual social commitment of the protagonist. Therefore music, memory, the historical and political dimension of the depicted communities, the efforts of the characters towards involvement, a non-militant form of commitment, emphasize the fact that solitude, in these novels, is essentially communal.

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