Les femmes chefs de ménage à Bujumbura : marginalité, violences et résilience

par Anne-Claire Courtois

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Christian Thibon.


  • Résumé

    La structure classique d’un ménage burundais demeure fondée sur la présence d’un chef de ménage masculin : un mari, un frère plus âgé, un fils. Quand cette structure s’effondre, se disloque, suite à la mort, le divorce ou l’abandon du chef de ménage, les femmes accèdent à un statut que cette société patriarcale et patrilinéaire leur refuse. Envisagés comme des formes déviantes et marginales malgré leur importance dans le pays et sa capitale, estimée entre 20% et 25% selon les enquêtes, les ménages dirigés par les femmes sont à la fois la conséquence des cycles de violence qui ont marqué le pays depuis la décolonisation, mais témoignent également d’une modification structurelle profonde de la société. Les femmes chefs de ménage sont fréquemment la cible de représentations particulièrement défavorables. Dans un contexte social et historique de « paix militarisée », ces ménages sont perçus comme affaiblis par l’absence d’un homme, et donc perçus comme vulnérables et facilement attaquables, moralement et physiquement. Considérés comme une menace à l’équilibre individuel, familial et collectif, ils sont souvent associés à une précarité et à une vulnérabilité qui les rendent plus sensibles à ces manifestations de rejet de la société, qui s’expriment à la fois à travers des violences physiques et symboliques. Au delà du cas des femmes chefs de ménage, la crise sociopolitique et démographique accentue une crispation dans l'espace privée et public, révélant une certaine crise de la masculinité. Cependant, des voies de sortie sont expérimentées par les femmes, et des formes de résilience s’observent à la fois dans les stratégies de survie économique, dans le paysage matrimonial et familial comme dans le domaine de l’éducation.

  • Titre traduit

    Female-headed households in Bujumbura : marginality, violence and resilience


  • Résumé

    The usual structure of a burundian household is based on a male authority : a husband, an older brother, even a son. When this classical structure collapses, following the death, divorce or desertion of the male head of household, women enter a new status, which the patriarcal and patrilinear society doesn’t accept.Considered as deviant and marginal despise their importance in the country and its capital (20% to 25%, depending on the sources), female headed households are both a consequence of cycles of violence since the Decolonization, but also demonstrate a deep change in social structures. Women heads of households are frequently the target of unfavorable representations. In a hitorical and social context of « militarized peace », these households are considered vulnerable, morally and physically. Seen as a threat to individual, familial and social balance, their are associated to a vulnerability and a permissivity which authorize both symbolical and physical violences. Beyond female headed households, sociopolitical and demographical crisis emphasizes a social tension in private and public spaces, revealing a certain crisis of masculinity. However, forms of resilience can be observed by women heads oh households, in different areas : in livelihood strategies, matrimonial and familial field, and also in their children’s education.


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