Mariages, démariages et remariages : rituel, genre et parenté au Tadjikistan contemporain

par Juliette Cleuziou

Thèse de doctorat en Ethnologie

Sous la direction de Laëtitia Atlani-Duault et de Catherine Poujol.


  • Résumé

    Cette thèse explore les rôles rituels et sociaux des femmes au Tadjikistan et s’appuie sur seize mois d’enquête de terrain en zones urbaines et rurales. Deux fils conducteurs structurent l’analyse. Le premier porte sur la construction des féminités dans la société tadjike, tout particulièrement au regard du statut (acquis, perdu, reconquis) de femme mariée, extrêmement déterminant dans l’organisation des relations sociales. Le second interroge les rôles des femmes dans la reproduction familiale et sociale, tout particulièrement dans l’économie rituelle et matrimoniale. L’ensemble s’attache à montrer, au prisme des parcours matrimoniaux aujourd’hui extrêmement hachés des femmes, les négociations et adaptations de la société tadjike contemporaine aux bouleversements qu’elle a connus ces vingt dernières années : disparition de l’URSS, entrée dans l’économie de marché, la Guerre civile (1992-1997) et les migrations massives des hommes vers la Russie. Les enjeux ambivalents révélés par les mariages – étudiés comme performance, comme statut et comme relation – sont étudiés à deux niveaux : au niveau des femmes, pour qui le mariage constitue une ressource fondamentale autant qu’un carcan patriarcal ; et à celui des familles, pour qui le mariage est à la fois une obligation sociale et le lieu d’une contestation possible des hiérarchies en place. Située au croisement des études de genre, de parenté, d’économie rituelle et des recherches sur l’aire post-soviétique, cette thèse propose de saisir comment les transformations socioéconomiques récentes ont affecté les représentations et les relations de genre d’une part, et celles au sein de la famille, d’autre part.

  • Titre traduit

    Marriages, de-marriages and re-marriages : ritual, gender and kinship in contemporary Tajikistan


  • Résumé

    This dissertation explores social and ritual roles of women in Tajikistan, based on a sixteen-month fieldwork conducted in both urban and rural areas. Two main threads structure the analysis. The first one addresses the construction of femininities in Tajik society, especially regarding their status (acquired, lost and conquered again) of “married woman” – which is extremely decisive for them to organize their social life. The second questions women’s roles in family and social reproduction, especially regarding ritual and matrimonial economy. Overall, this dissertation aims at showing that analyzing uneven and irregular women’s matrimonial itineraries reveals how negotiations and adaptations of Tajik society to ongoing transformations have been proceeding – following the upheavals this society has been going through: the breakdown of the USSR, the integration to market economy, the Civil war (1992-1997) and the wide migratory fluxes of men going to Russia. The ambiguous stakes contained in marriage – understood as a performance, a status and a relation – are analyzed at two levels: at the level of women, for whom marriage remains a crucial resource as much as a patriarchal constrain; and at the level of families, for whom marriage is both a social necessity and the opportunity to challenge former hierarchies. Located at the crossroad of gender studies, kinship, ritual economy and post-Soviet studies, this dissertation aims at understanding how recent socioeconomic transformations affect gender representations and relations, on the one hand, and those of family, on the other.

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