Victoria Ocampo y Witold Gombrowicz : écritures de la vie aristocratique dans un pays sans aristocratie.

par Victoria Liendo

Thèse de doctorat en Langues et litteratures etrangeres

Sous la direction de Julio Premat.

Soutenue le 09-12-2016

à Paris 8 , dans le cadre de École doctorale Pratiques et théories du sens (Saint-Denis, Seine-Saint-Denis) , en partenariat avec Laboratoire d'études romanes (équipe de recherche) .

Le président du jury était Teresa Orecchia Havas.

Le jury était composé de Julio Premat, Julio Prieto.

Les rapporteurs étaient Caroline Lepage.


  • Résumé

    La critique a cru percevoir une incompatibilité entre Victoria Ocampo et Witold Gombrowicz, entreune « conservatrice » et un « avant-gardiste » aux oeuvres littéraires trop différentes pour être misescôte à côte. Pourtant, ils partagent un point commun important : chez ces deux écrivains, l’origine declasse se détache de la biographie pour planter ses racines dans les travaux littéraires. Pour Ocampo etGombrowicz, l’aristocratie est le point de jonction entre la vie et l’oeuvre. Tous deux écrivent des viesaristocratiques, et ce dans deux sens du terme : d’un côté, ils font le récit de leur héritage privilégié –patricien pour l’Argentine et hobereau pour le Polonais – et essayent d’intégrer leur milieu familial etsocial dans leurs oeuvres ; de l’autre, ils rompent avec toute aristocratie sociale existante etconstruisent une vision fantasmatique de ce que serait une vie élitaire idéale, éminemment liée à lalittérature. Si Ocampo revendique ouvertement sa généalogie, Gombrowicz le fait de manière oblique,à force de contradictions et de transgressions. Alors que la première essaye de construire une figured’elle-même pérenne comme une statue afin d’entrer dans l’histoire, le second ne veut pas que lasienne se fige et souhaite au contraire, tel un aristocrate décadent, multiplier les grimaces.L’observation de ce Janus un peu particulier permet de mieux comprendre chacun des deux auteursmais aussi de renouveler les réflexions sur les écritures du Je, le cosmopolitisme périphérique et latraduction en Argentine.

  • Titre traduit

    Victoria Ocampo and Witold Gombrowicz : writing aristocratic lives in a country without aristocracy


  • Résumé

    The idea of an incompatibility between Victoria Ocampo and Witold Gombrowicz has been a recurring theme in literary criticism, which has consistently perceived a clash between a “conservative lady” and an “avant-garde man” with two oeuvres too different to be put side by side. However, both authors share an important common ground: the social class which they hail from detaches itself from their biography and roots itself in their literary works. For both Ocampo and Gombrowicz, aristocracy is the junction between life and work. Both write about their aristocratic lives, and do so in a double sense: their texts not only create the narrative of their own privileged heritage but also build up a phantasmatic vision of an ideal elitist life. On the one hand, they attempt to integrate their family and social milieu into their works – whether a patrician in the case of the Argentine or a country-nobleman in the case of the Pole. On the other hand, they both break from the existing social aristocracy by constructing ideals that are eminently linked to literature. While Ocampo openly vindicates her genealogy, Gombrowicz dons an oblique manner for his aristocratic claim, made of contradictions and transgressions. As Ocampo essays the construction of a perennial visage for herself, curated like a statue aimed to penetrate history, Gombrowicz wants nothing but to deform his own face: like a decadent aristocrat, he prefers the multiplication of grimaces and the degradation of forms. The peculiar Janus figure that arises from the juxtaposition of these two authors not only allows us to gain a better understanding of both of their oeuvres, but also generates new insights on many important broader themes: writings of the self, peripheral cosmopolitanism, and translation in Argentina.

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