Formes, fonctions et enjeux de l’amitié, en Orient musulman, aux IVe/Xe et Ve/XIe siècles

par Hélène Raymond

Thèse de doctorat en Études arabes

Sous la direction de Abdallah Cheikh-Moussa.

Le président du jury était Brigitte Foulon.

Le jury était composé de Antonella Ghersetti, Dimitri El Murr, Marwan Rashed.


  • Résumé

    A l’instar de la philia dans l’Antiquité grecque, l’amitié en Orient musulman aux IVe/Xe et Ve/XIe siècles ne se réduit pas à la relation affective de personne à personne que nous voyons en elle aujourd’hui. Elle déborde le strict domaine de l’intimité pour dire la vie en communauté et renvoyer à une exigence de fraternité humaine généralisée. Elle participe ainsi à la constitution de groupes sociaux comme celui des raffinés à l’intérieur de l’espace aulique chez al-Waššā’, elle préside, d’après al-Sulamī, au compagnonnage spirituel des disciples rassemblés autour du maître soufi, elle concourt encore à la formation, à la cohésion et au maintien, en une totalité unifiée, du groupe des Iḫwān al-Ṣafā’, dont les membres sont déjà réunis par leur adhésion à une doctrine philosophique originale. La capacité unificatrice qu’elle recèle et les valeurs morales qu’elle promeut l’érigent, selon al-Tawḥīdī et Miskawayh, en un idéal sur lequel se régler pour ourdir la toile sociale et remédier à l’insociabilité et aux divisions qui marquent l’Empire oriental musulman à l’époque ici considérée. Dans une optique religieuse, chez al-Ġazālī, sa pratique particulière comme amitié en Dieu, orientée vers le transcendant, tend à vider le cœur de l’homme de la présence du moi pour laisser place au Très-Haut, elle contribue alors à l’élaboration d’une éthique véritablement musulmane et permet de redonner vie religieuse effective à la communauté musulmane (umma). L’amitié entre l’homme de lettres et l’homme de pouvoir, prônée par al-Tawḥīdī, peut en outre jouer un rôle politique, en ce qu’elle modifie les rapports traditionnels entre le conseiller et le prince.

  • Titre traduit

    Friendship in the Muslim Orient during the 4th/10th and 5th/11th centuries : forms, functions and major issues


  • Résumé

    Similar to the philia in Greek antiquity, friendship in the Muslim Orient, during the 4th/10th and the 5th/11th centuries, cannot be reduced to the emotional relationship between people which we see nowadays. It extends beyond the strict domain of intimacy to signify life in the community, and leads to a demand for generalized human brotherhood. It thus contributes, for al-Waššā’, to the setting up of social groups such as that of the refined ones inside the princely court; it presides, according to al-Sulamī, over the spiritual fellowship of the disciples gathered around the Sufi master; it also contributes to the forming, cohesion and maintenance, in a wholly unified organization, of the Iḫwān al-Ṣafā’ group, whose members are already united through their allegiance to an original philosophical doctrine. The unifying capacity it holds and the moral values it promotes establish it, according to al-Tawḥīdī and Miskawayh, as an ideal to look up to so as to weave the social framework and address the unsociability and divisions that characterize the era of the Eastern Muslim Empire we are studying here. Within a religious perspective, in al-Ġazālī, its particular practice as love in God, oriented towards the transcendent, tends to empty man’s heart of the ego to make place for the Most High. It then contributes to the elaboration of a truly Muslim ethic and enables to revitalize the religious life of the Muslim community (umma). The friendship between the man of letters and the man of power, advocated by al-Tawḥīdī, can, moreover, play a political role, in so far as it modifies the traditional relationship between the counsellor and the prince.


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