D’une Cappadoce à l’autre (Ve av. – Xe ap.) : problèmes historiques, géographiques et archéologiques

par Anaïs Lamesa

Thèse de doctorat en Histoire et civilisation de l'Antiquité

Sous la direction de Giusto Traina.

Soutenue le 19-03-2016

à Paris 4 , dans le cadre de École doctorale Mondes anciens et médiévaux (Paris) , en partenariat avec Orient et Méditerranée (Ivry-sur-Seine, Val de Marne) (laboratoire) .

Le président du jury était Michel Kaplan.

Le jury était composé de Marcello Spanu, Guy Labarre, Jean-Claude Bessac.


  • Résumé

    S’interrogeant sur l’existence d’une culture matérielle propre à la Cappadoce, X. de Planhol soulevait déjà, dans les années 1980, la contradiction entre les résultats des études cappadociennes et les sources. De fait, archéologiquement et historiquement, la Cappadoce rupestre s’inscrit dans la continuité des autres provinces anatoliennes. Dépendant d’empires plus puissants, elle ne semble pas développer des traditions architecturales et culturelles propres, si ce n’est de posséder des monuments creusés dans la roche. A contrario à l’époque médiévale, certains auteurs arabes et byzantins reconnaissent aux Cappadociens un mode de vie troglodytique qui les individualise, de facto, de leurs voisins anatoliens. Ces assertions sont d’ailleurs confirmées par le développement de la pratique rupestre à l’époque byzantine dans la zone. Afin de comprendre ce décalage, deux approches ont été menées parallèlement. La première, historique, a pour objet d’étudier les représentations littéraires de la Cappadoce et des Cappadociens entre le Ve av. J.-C. et le Xe ap. J-C. La seconde approche, archéologique, a pour but de comprendre les processus de réalisation des monuments rupestres entre le IIIe siècle av. J.-C. et le Xe siècle ap. J.-C. À elles deux, elles mettent en lumière la lente construction culturelle qui, tant dans les sources que dans la praxis, aboutit à la fin du Xe siècle à l’existence d’un fait rupestre.

  • Titre traduit

    From Cappadocia to another (5th BC to 10th AD) : Historical, geographical and archaeological problems


  • Résumé

    In the 1980s, questioning the existence of an own material cultures in Cappadocia, X. de Planhol already raised the contradictions between results of Cappadocian studies and sources. In fact, the current region of Cappadocia seems to be “provincial”. Dependent on more powerful Empires, this region doesn’t seem to develop its own architectural traditions and its own material cultures. It has just carved monuments. But in some medieval sources, Cappadocians are described like Troglodyte and de facto are distinguished from their Anatolian neighbors. To understand this shift, two methodological approaches were conducted. The first one is historical and has the purpose to study literary representations of Cappadocia and Cappadocians between the Vth century BC and the Xth century AD. The second approach is archaeological and should allow understanding process of making a carved monument between the IIIrd century BC and the Xth century AD. Both highlight the slow cultural construction that results in recognition of a “carving fact” in the Xth century AD.


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