Le renseignement dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ou le mythe de Sisyphe des Casques bleus

par Vincent De Kytspotter

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Emmanuel Decaux.

Le jury était composé de Hugues Delort-Laval, Jean-Marc de La Sablière.

Les rapporteurs étaient Patrick Daillier, Olivier Forcade.


  • Résumé

    Alors que le renseignement et l’ONU apparaissent encore comme un oxymore du fait d’une vieille méfiance remontant à la guerre froide et de tentatives clandestines d’instrumentalisation des Nations Unies par ses Etats membres, le renseignement d’intérêt militaire est désormais peu à peu devenu un facteur essentiel d’efficacité opérationnelle des déploiements des Casques bleus. L’analyse de plusieurs cas d’OMP depuis une vingtaine d’années démontre qu’elles sont considérées comme impliquant des missions de renseignement dont l’activité principale est la recherche de l’information par l’observation, en totale conformité avec les principes du maintien de la paix. La multiplication des OMP dans des contextes fortement dégradés et soumis à des menaces asymétriques, rend les OMP dépendantes du renseignement d’intérêt militaire qui est désormais un formidable multiplicateur d’effets et de forces. Ce phénomène induit aussi une augmentation exponentielle des informations recueillies ainsi que la nécessité de mieux les exploiter et les stocker, tant au niveau opératif que stratégique. L’émergence du concept de protection des civils, placé au cœur de chaque mandat d’OMP, rend la détention d’une capacité autonome de renseignement incontournable afin de permettre aux autorités de l’ONU de disposer de l’ensemble des informations pour décider d’agir en toute connaissance de cause. Certes la nature même du renseignement n’est pas compatible avec l’état de multilatéralité car il repose sur une relation de confiance approfondie entre les différents producteurs et consommateurs du renseignement. Acquérir une capacité autonome de recueil et d’analyse nécessite donc de développer un corpus doctrinal adapté aux Nations Unies et de formaliser les actions de renseignement afin de rassurer ses Etats membres.

  • Titre traduit

    Intelligence Within the United Nations Peacekeeping Operations or the Blue Helmets’ Myth of Sisiphus


  • Résumé

    While Intelligence and the UN still appear as an oxymoron because of an old mistrust that goes back to the Cold war era and secret attempts of instrumentalization of the United Nations by its member States, Military Intelligence has been gradually considered as an essential factor of operational efficiency of peacekeepers deployments. The analysis of former PKOs shows that they are valued as intelligence missions, of which the main activity is the collection through information by observation, in total conformity with peacekeeping principles. The multiplication of the PKOs in strongly deteriorated contexts, and additionally subjected to asymmetric threats, makes PKOs strongly dependent on Military Intelligence, which is henceforth widely considered as a great multiplier of effects and strengths. This phenomenon also leads to an exponential increase of gathered information as well as the necessity of better exploiting them and of storing them, just as well at the operational level, as at the strategic one. The emergence of the concept of protection of the civilians, placed at the core of each and every PKO mandate, makes inescapable the holding of an autonomous Intelligence capacity, in order to allow the senior UN authorities to decide and to act with full awareness. Indeed the nature of Intelligence is hardly compatible with the state of multilateralism, for it relies on a deep relationship of trust between the various producers and consumers of Intelligence. Acquiring an autonomous capacity of collection and analysis thus requires to develop a doctrinal corpus adapted to the United Nations and to formalize the actions of Intelligence in order to reassure its member States

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