Le temps de l'admiration : genèse et usages de la première et dernière des passions à l'âge classique

par Thibault Barrier

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Chantal Jaquet.

Soutenue le 12-11-2016

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale Philosophie (Paris) , en partenariat avec Centre d'histoire des systèmes de pensée moderne (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Pierre-François Moreau.

Le jury était composé de Chantal Jaquet, Lorenzo Vinciguerra.

Les rapporteurs étaient Carole Talon-Hugon, Laurent Thirouin.


  • Résumé

    Dans "Les passions de l’âme", Descartes fait de l’admiration « la première de toutes les passions ». L’admiration n’est plus, comme dans la tradition antique du Thaumazein, la passion distinctive du philosophe, elle devient le premier moment de la vie affective de l’homme dans son rapport aux choses extérieures. Passion de la première rencontre, l’admiration ne serait finalement que la passion de l’enfance – condamnée à se dissoudre dans la connaissance à laquelle elle donne lieu. Une telle disparition est-elle pour autant inéluctable ? Qu’est-ce qui doit être supposé de la nature de l’admiration pour qu’il soit acceptable de la faire durer dans le temps ? L’admiration est-elle une passion dynamique qui incite à penser ou au contraire un affect statique qui empêche l’exercice de la raison ? L’analyse cherche à mettre au jour la manière dont l’admiration est devenue un problème central de l’anthropologie classique. La promotion cartésienne de l’admiration, loin d’être un geste singulier, se trouve ainsi réinscrite dans son contexte théorique. À partir de textes philosophiques, médicaux, moraux et esthétiques du XVIIe siècle, il s’agit de se demander si,loin d’être seulement subie, comme le corrélat affectif d’une ignorance inaugurale,l’admiration peut également faire l’objet d’une maîtrise technique susceptible de la produire et de la reproduire indéfiniment à des fins stratégiques ou récréatives. Dès lors qu’elle est soustraite à la stricte exigence épistémique, l’admiration peut en effet se présenter comme la finalité spécifique de l’existence mondaine aussi bien que des productions artistiques du grand siècle, que l’on peut alors considérer comme le siècle de l’admiration.

  • Titre traduit

    The Time of Wonder : genesis and uses of the first and the last Passion in the Seventeenth century


  • Résumé

    In The Passions of the Soul, Descartes presents wonder as «the first of all passions». Wonderis no longer, as it used to be in the antic tradition of thaumazein, the philosopher’s distinctive passion, but the first moment in a man’s emotional life, regarding his relationship to external items. As the passion of the first encounter, wonder appears reducible to the childhood’s passion - condemned to dissolve itself in the knowledge it enables. Is such a disappearence unavoidable ? How must one think the nature of wonder to make admissible its duration intime ? Is wonder a dynamic passion spuring one to start thinking or on the contrary, a static effect preventing the exercice of reason ?The analysis tries to uncover the way wonder became a central problem in classic anthropology. Cartesian’s promotion of wonder, far from being a singular act, is fully put inits theoretical context. Based on philosophical, medical, moral and aesthetics texts from the17th century, we ought to ask if, far from being only suffered - as the emotional correlate ofan inaugural ignorance -, wonder can be technically masterd and likely to be produced andreproduced endlessly, for strategic or recreational purposes. When substracted from the strict epistemic requirement, wonder can actually present itself as the specific end of the social existence or of the artistic productions of the Great Century - which can be now regarded asthe century of wonder.

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