Gestion de crise : l'appropriation territoriale à l'épreuve des faits

par Gilles Ahuir

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Pierre Pech et de Paul Durand.

Le président du jury était Franck Lavigne.

Le jury était composé de Pierre Pech, Paul Durand, Pierre-Yves Cormier, Rémy Février.

Les rapporteurs étaient Frédéric Léone, Franck Guarnieri.


  • Résumé

    «Monsieur, ma commune ne rentre pas dans le champ de votre étude, certes nous avons un cours d’eau qui traverse la commune et qui l’inonde de temps à autre et nous avons eu un accident avec un camion-citerne, mais hormis cela nous ne sommes exposés à aucun risque.». Cette petite phrase tirée du courrier d’un maire montre à quel point la gestion de crise au niveau national peut être intégrée de manière parcellaire. Elle souligne également la fragilité actuelle des communes face à cette problématique complexe, alors que la loi sur la modernisation de la sécurité civile de 2004 place l’élu communal comme un acteur majeur de la gestion de crise. C’est cette question centrale qui constitue la problématique de ma thèse, effectuée sous la direction conjointe de M. Pierre Pech et M. Paul Durand de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En effet, fort de ce constat, mon travail de thèse s’est appuyé sur une analyse d’un corpus de données à partir des bases nationales traitant des risques majeurs potentiels et effectifs, base Gaspar et Aria, qui ont permis de sélectionner le panel des communes de cette enquête. 10 000 communes ont été sollicitées sur le territoire métropolitain au travers d’un questionnaire d’audit prenant en compte : - l’évaluation des risques ; - les mesures de gestion de crise mises en place ; - le sentiment de préparation du Maire. Le choix des communes ciblées répond à une logique de représentativité géographique, structurelle et environnementale au regard de l’exposition protéiforme aux risques de nos territoires. Au bilan, 703 communes sont effectivement intégrées dans l’étude et une interprétation quantitative et qualitative a permis d’établir si ces dernières sont en capacité de gérer une crise majeure survenant sur leur territoire, s’il existe des facteurs susceptibles d’influer sur cette capacité de gestion de crise, et enfin d’établir si le niveau communal est réellement le niveau le plus pertinent de gestion de crise. Les résultats obtenus mettent en lumière que les communes métropolitaines sont, dans leur ensemble, juste partiellement préparées à affronter une crise et que l’implication des élus locaux est encore à parfaire. D’autre part, il semble exister un lien entre la taille de la commune et son aptitude à gérer une crise. Ce constat est à mettre en parallèle avec le modèle communal japonais ayant affronté les catastrophes de 2011. Lors de cette crise d’ampleur inégalée, la capacité des communes à faire face à la crise a été la pierre angulaire du processus de gestion immédiate. Or le modèle japonais repose sur des structures communales d’importance, structurées et bien équipées. Sans remettre en question la maille communale française, héritière d’une longue tradition républicaine, mais en s’inscrivant dans la dynamique de la loi sur la nouvelle organisation territoriale de la république, peut-on envisager de positionner la problématique de gestion de crise territoriale à un échelon supra communal afin de gagner en cohérence et en efficience face aux menaces protéiformes pesant sur nos communes ? Cette question est la proposition à laquelle aboutit la thèse qui diagnostique certains déficits dans les capacités de prendre en charge les risques majeurs de nos communes françaises.

  • Titre traduit

    Crisis management : the territorial appropriation in the test of the facts


  • Résumé

    "Sir, my municipality does not go into the field of your study, certainly we have a stream which crosses the municipality and which floods it from time to time and we had an accident with a tanker, but apart from that we are exposed to no risk. "This small sentence pulled by the mail of a mayor shows to what extent the crisis management at the national level can be integrated in a fragmented way. She also underlines the current fragility of the municipalities in front of this complex problem, while the law on the modernization of the civil safety of 2004 places the elected representative municipal as a leading player of the crisis management. It is this central question which constitutes the problem of my thesis, made under the joint direction of Mr Pierre Pech and Mr Paul Durand from the university Paris 1 Pantheon - Sorbonne. Indeed, hardly of this report, my work of thesis leaned on an analysis of a corpus of data from the national bases handling potential and actual major risks, bases Gaspar and Aria, which allowed to select the panel of the municipalities of this survey.10 000 municipalities were requested on the metropolitan territory through an audit questionnaire taking into account :- The risk assessment;- The measures of crisis management organized;- The feeling of preparation of the Mayor. The choice of the targeted municipalities answers a logic of geographical, structural and environmental representativeness with regard to the protean exposure at the risks of our territories.703 municipalities are actually integrated into the study and a quantitative and qualitative interpretation allowed to establish if the latter were in capacity to manage a major crisis arising on their territory, if there were factors susceptible to influence this capacity of crisis management, and to establish if the municipal level is really the most relevant level of crisis management. The obtained results highlight that the metropolitan municipalities are just partially prepared to face a crisis and that the implication of the local elected representatives is to be perfected. On the other hand, there seems be a link between the size of the municipality and the capacity to manage a crisis. This report is to be put in parallel with the Japanese municipal model having faced the disasters of2011. During this crisis of unequalled scale, the capacity of the municipalities to face the crisis was the cornerstone of the process of immediate management. Yet, the Japanese model bases on municipal important structures, structured and well equipped. Without questioning the municipal structure, the heiress of a long republican tradition, but by joining the dynamics of the law on the new territorial organization of the republic, can we intend to position the problem of territorial crisis management in an above municipal level to win in coherence and inefficiency in front of protean threats pressing on our municipalities? This question is the proposal in which ends the thesis which diagnoses certain deficits in capacity to take care of the major risks of our French municipalities.


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