An economic analysis of addictive behaviors and drug policy in France

par Marysia Ogrodnik

Thèse de doctorat en Economie

Sous la direction de Pierre Kopp.

Soutenue le 22-09-2016

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale d'Économie (Paris) , en partenariat avec Centre d'économie de la Sorbonne (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Carine Staropoli.

Le jury était composé de Pierre Kopp, Christophe Palle.

Les rapporteurs étaient Florence Jusot, Emmanuel Petit.

  • Titre traduit

    Analyse économique des comportements d'addiction et des politiques publiques relatives aux drogues en France


  • Résumé

    L'objectif de cette thèse composée de six articles théoriques et empiriques, est d'identifier les moyens les plus efficaces d'encourager les usagers de drogues – légales et illégales – à adopter des habitudes plus saines en réduisant leur consommation. La première étape consiste à évaluer l’ampleur du problème en mesurant le coût social des drogues (tabac, alcool et drogues illicites) en France en 2010. Malgré les campagnes de prévention massives, la proportion inquiétante des consommateurs de substances nocives, mais surtout, la part élevée de personnes déclarant regretter d'avoir commencé leur consommation, conduisent à reconsidérer le paradigme traditionnel de l’addiction rationnelle, à la base de la plupart des travaux de recherche sur les addictions en économie. Au contraire, admettre une polyphasie cognitive chez les individus avec d’une part, un planner prenant ses décisions aussi rationnellement que ses capacités cognitives ne le lui permettent, et un doer ne cherchant qu’à atteindre une satisfaction immédiate, permet de construire un cadre théorique original tenant compte des émotions de court terme et de long terme des agents, ainsi que le rôle des normes sociales sur leurs décisions de consommation addictives. Le modèle construit à partir de ce cadre, ainsi que son analyse sur un panel de fumeurs français, permet de proposer des politiques novatrices visant à renforcer la motivation des individus à arrêter leur consommation addictive en réduisant leurs problèmes d’autocontrôle, en agissant sur leur perception des dangers liés à l’usage de drogues, et en ciblant un changement normatif de leur consommation. La plupart de ces recommandations ne sont pas applicables aux drogues illégales en raison de leur statut juridique. De ce fait, le seul levier permettant de définir une stratégie visant à réduire les coûts induits, est l’étude des alternatives juridiques à la pénalisation de la consommation, en particulier en ce qui concerne le cannabis, qui est la drogue illicite la plus largement utilisée en France, mais également dans la plupart des pays développés.


  • Résumé

    The objective of this thesis, composed of six academic papers, is to identify how to encourage people to adopt healthier habits by reducing their ⎯ legal and illegal ⎯ drug consumption. The first step is to evaluate the importance of the problem by measuring the social costs of drugs (tobacco, alcohol, and illegal drugs) in France in 2010. Despite massive prevention campaigns, the worrying proportion of harmful substance users and the high proportion of individuals who declare they regret having started consumption leads to reconsideration of the traditional paradigm of rational addiction and its extensions at the basis of most research works on addiction in economics. In contrast, admitting that individuals exhibit a dual process of reasoning, with a planner acting as rationally as the individual’s cognitive capabilities permit on the one hand and a doer who only seeks short-term rewards on the other, allows the construction of an original theoretical framework that takes into account consumers’ short-term and long-term emotions, and the role of social norms in addictive consumption. The model built from this framework and its testing through an analysis of smokers permit the proposal of innovative policies aiming to enhance individuals’ motivation to quit addictive consumption by (i) reducing their self-control problems, (ii) acting on their perception of the danger of the drug, and (iii) by targeting a normative change. Most of these recommendations are not applicable to illegal drugs due to their legal status. Thus, the strategy to reduce harm in this instance is to study the legal alternatives to the criminalization of use, especially for cannabis, which is the most widely used illegal drug in France, as it also is in most developed countries.

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