Pour une comparaison des droits indisciplinée

par Alexandra Florina Mercescu

Thèse de doctorat en Sciences juridiques

Sous la direction de Pierre Legrand.

Soutenue le 30-09-2016

à Paris 1 , dans le cadre de École doctorale de droit de la Sorbonne (Paris ; 2015-....) , en partenariat avec Unité mixte de recherche de droit comparé (Paris) (équipe de recherche) .

Le président du jury était Sandrine Tisseyre.

Le jury était composé de Pierre Legrand, Cosmin Sebastian Cercel, Franz Werro.

Les rapporteurs étaient Raluca Bercea, Simone Glanert.


  • Résumé

    En tant que discipline universitaire, le droit comparé fabrique sa connaissance selon les principes d’un paradigme cognitif et méthodologique qui tend à reléguer au-delà des frontières disciplinaires, et dès lors dans l’indiscipline, toute recherche ne relevant pas du cadre de travail épistémologique ayant été imposé par la tradition. La pensée juridique comparative orthodoxe privilégie, entre autres postulats, l’hypothèse selon laquelle l’analyse juridique se révèle à ce point spécifique que le juriste ne pourrait utilement s’autoriser le recours à d’autres disciplines. Néanmoins, cette approche exclusive a été remise en cause par les comparatistes hétérodoxes qui estiment que seule une étude interdisciplinaire sensible à l’ancrage culturel du droit peut conduire à une meilleure appréciation des enjeux de la comparaison à l’heure de la globalisation. Etant donné qu’il n’existe pas encore d’analyse détaillée portant sur l’interdisciplinarité dans le domaine de la comparaison des droits, cette thèse propose , tout d’abord, dévaluer la pertinence d’une démarche située au carrefour des savoirs. Ensuite, cette réflexion se donne pour objectif de déterminer si l’agir interdisciplinaire doit s’inscrire dans une matrice méthodologique. Enfin, le comparatiste ne saurait ignorer la question des écueils d’un traitement interdisciplinaire des droits qu’il compare, tant sur le plan psychologiste que conceptuel. Somme toute, il s’agit de prendre la mesure des avantages mais aussi des limites d’une comparaison des droits interdisciplinaires. Surtout, il y a lieu, en fin de compte, de défendre cette approche, c’est-à-dire de soutenir l’idée d’une comparaison des droits indisciplinée.

  • Titre traduit

    For an undisciplined comparison of laws


  • Résumé

    As an academic discipline, comparative law fabricates its own knowledge pursuant to the dictates of a methodological and cognitive paradigm, which tends to relegate beyond disciplinary boundaries any scholarly undertaking not accounting for the epistemological framing that has traditionally obtained. Hence, contemporary orthodox comparative legal thought seems to favour, along with other postulates, the assumption that legal analysis is so specific that it cannot usefully allow for knowledge contributions deemed by legal scholars themselves to belong to other academic disciplines. However, heterodox comparative lawyers have challenged this exclusive perspective considering that only an interdisciplinary analysis attentive to law’s cultural embeddedness is conducive to an enhanced apprehension of the stakes involved within comparative research in the age of globalization. Given that there is no comprehensive study concerning the place of interdisciplinarity in comparative legal studies, this dissertation seeks to evaluate relevance of such an approach with specific reference to the work of comparative lawyers. In particular, this argument asks whether interdisciplinary thinking needs to be framed according to a given methodological matrix. Moreover, because the comparatist cannot ignore the pitfalls of an interdisciplinarity treatment of the laws she compares, whether from a psychological or conceptual standpoint, this text considers the limits of an interdisciplinary comparison of laws in addition to what it regards as its advantages. Ultimately, though, this dissertation defends an interdisciplinary approach, that is, it promotes an undisciplined comparison of laws.

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