Voyage à travers l'antipsychiatrie et la santé mentale : des discours organisateurs du sujet à l'épreuve de la folie et de la crise

par Camille Veit

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Xavier-Serge Lesourd.

Soutenue le 05-07-2016

à Nice , dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice ; ...-2016) , en partenariat avec Laboratoire d'Anthropologie et de Psychologie Cognitives et Sociales-EA 7278 (Nice) (laboratoire) et de Laboratoire d'Anthropologie et de Psychologie Cognitive et Sociale (laboratoire) .

Le président du jury était Jean-Michel Vives.

Le jury était composé de Xavier-Serge Lesourd, Jean-Michel Vives, Antoine Masson, Jean-Jacques Rassial, Danielle Bergeron.

Les rapporteurs étaient Antoine Masson, Jean-Jacques Rassial.


  • Résumé

    À plusieurs égards, l’antipsychiatrie et les dispositifs contemporains de santé mentale traitent la folie de manières distinctes, organisant son soin à travers les faits et la langue dans des discours voyageant entre libération, transformation et désaliénation pour l’un ; réadaptation et développement personnel pour l’autre. Tous deux convoitent l’objet santé mentale et en fournissent des modèles respectivement crisophile et crisophobe. Leurs effets sur le sujet et l’institution diffèrent irrémédiablement. Le discours antipsychiatrique irrigué de contre-culture produit de la crise en la guidant. La figure de l’autre reste énigmatique, d’aucuns cherchant à le rejoindre en ce lieu sacré du Phantastica dans l’expérience des drogues. Le fou en place de transcendant est éclairé par une vérité acquise au terme du voyage coûteux de la métanoïa, déconstruction-reconstruction aux confins de l’espace et du temps. Au même moment – soit dans ce passage entre modernité et postmodernité – se posent les jalons d’un paradigme nouveau, celui d’une santé mentale auto-produite mue par le droit de l’usager au bien-être et le refus du joug d’un maître. L’objet santé mentale circule dans une communauté de signes promotrice du modèle d’un self made man rétabli. Les effets sur le sujet et l’organisation du soin ne manquent pas de se faire entendre à travers l’universalisation du champ d’une folie déstigmatisée relayée par la figure du semblable. Il est pourtant un espace qui ne cesse d’achopper. À l’occasion contenue et saisie, la crise fait trou dans les discours organisateurs et en éclaire les points aveugles. Si la crise, par son ascendance au réel, a indéniablement une fonction pour le sujet dès lors qu’elle quitte les rets d’un modèle, elle est aussi le lieu d’un enseignement pour l’institution et en éclaire la fonction possible : celle de l’élaboration d’un accueil occasionnant et mobilisant le désir et l’inédit.

  • Titre traduit

    A journey through antipsychiatry and mental health : organising subject discourses in front of madness and crisis


  • Résumé

    From several perspectives, antipsychiatry and mental health services deal with madness differently. They conduct its care through discourses travelling between liberation, transformation ans disalienation for the first one; rehabilitation and personal development for the other. Both of them covet mental health as something sacred and share their model concerning it. But antipsychiatry is decidedly crisophile whereas mental health is crisophobe a priori. These two models produce different effects on the subject as well as the institution. The antipsychiatric discourse, irrigated by counter-culture, produces crisis by guiding it. The figure of the Other remains enigmatic, many would reach it into this sacred place of Phantastica, through drug experiences. In the transcendent field, madman is enlighted by the truth he found as a result of the costly journey of metanoïa, at the boundaries of space and time. At the same time, this period between modernity and postmodernity paves the way of a very new paradigm which we will refer to as self-produced mental health. This emerging ideal is driven by the user’s right to wellbeing and the refusal to be under a master yoke. Mental health looks like a codified object circulating in a signs community which promotes a recovered self-made man model. The effects on the subject and on care organisation can be heard across an universalisation of the field of a destigmatized madness. The figure of the same relieves the figure of the madman. But there is one area that can’t be seized. Contained and grabbed occasionally, the crisis makes a hole in organising discourses and thereby enlightens it blind spots. Through its close link with register of the real, the crisis has undeniably a function for the subject therefore it leaves the path traced by any model. This event also teaches the institution something about its possible function : to develop a welcome which mobilises desire and unhackneyed experience.


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