Le libertinage érudit et la formation de l'homme : François de La Mothe Le Vayer, précepteur royal et précurseur pédagogique

par Nathanaëlle Dupuy

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. Philosophie de l'éducation

Sous la direction de Didier Moreau.

Soutenue en 2016

à Nantes , dans le cadre de École doctorale Cognition, éducation, interactions (Nantes) , en partenariat avec Centre de recherches en éducation (Nantes) (laboratoire) .


  • Résumé

    François De La Mothe Le Vayer, libertin érudit et philosophe du XVIIe siècle fut précepteur de Louis XIV. A première vue, le rôle politique de notre libertin -protégé de Richelieu, précepteur du Roi-soleil- peut sembler en contradiction avec l’idée de précurseur pédagogique. Pourtant, la lecture attentive des oeuvres de Le Vayer fait apparaître, derrière la grande culture des Anciens, une pensée critique qui n’est pas dénuée de sens pour notre actualité. La précursivité des libertins se situe sous deux angles. Dans un premier temps, par la mise en place du « gouvernement économique » qui est le propre du gouvernement à l'antique, nous allons repérer dans quelle mesure François de La Mothe Le Vayer fait émerger une gouvernementalité sécularisée au niveau politique, en engageant la séparation du gouvernement pastoral et du pouvoir royal. Dans un second temps, par quels moyens notre libertin met-il en exergue une autre vision de la formation de soi détachée des formes institutionnelles et de la conversion éducative ? Depuis le christianisme, le but de l’éducation et des institutions de conversion est de préparer les âmes à rentrer dans l'attente d'un salut que l'ordre politique va ensuite administrer. Face à ce constat, la conception libertine de l’éducation pose une rupture : l’éducation comme émancipation. Par la mise en pratique de l’exercice de la formation de soi-même, en quoi La Mothe Le Vayer est-il encore notre contemporain? Comment peut-il nous éclairer sur les conditions du temps présent en ce qui concerne le rôle de l’éducation comme levier de la question politique?


  • Résumé

    François De La Mothe Le Vayer, a learned libertine in the XVII century was the of King Louis XIV’s private tutor. At first sight, the political part of our libertine – Richelieu’s protégé and the Sun-King’s private tutor – may seem contradictory with the idea of an educational precursor. Nevertheless, reading attentively Le Vayer’s works reveals, beyond his large culture of the Ancients, a critical thinking not deprived of any meaning within our present time. Libertines as precursors can be seen from two angles. First, by the setting up of the “economical governance” which is a distinctive feature of the way the Ancients ruled, we will point at the way François De La Mothe Le Vayer brings a secularized governing pattern to the foreground of politics by initiating the separation of pastoral governance from regal power. Secondly, by the means our libertine uses to highlight another vision of education of the self, separate from institutional forms and from educative conversion. Since the beginning of Christianity, the aim of education and converting institutes is to prepare souls to entering the expectation of a salvation which political order will then administer. Facing this, the libertine view of education establishes a break : an emancipating education. Putting into practice the theory of education of the self, how can La Mothe Le Vayer still be our contemporary? How can he enlighten us about the present state of things regarding the part of education as a lever for the political question?

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Informations

  • Détails : 1 vol. (353 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 340-349. Index

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